‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 135 sur 362 · Voir Jouvenel , p · texte numérisé non relu

Voir Jouvenel , p

5. Jouvenel, p. 362. — J'ai rétabli ce passage d'après les versions manuscrites, et spécialement le ms. fr. 5031 .

1419 LE DAUPHIN jusqu'au MEURTRE DE MONTEREAU. 127

vêler pour trois semaines la trêve conclue, le 7 avril précédent, entre Charles VI et le roi d'Angleterre, et les gens du Dauphin étaient exclus de cette trêve. Tout occupé des préparatifs de l'entrevue qu'il allait avoir avec Henri V*, il était parti pour Pontoise , en compagnie du Roi et de la Reine : le 29 mai s'ouvraient à Meulan des conférences qui devaient se prolonger pendant un mois , et où la rfeine Isabeau n'avait pas eu honte d'amener sa fille Catherine , laquelle devait servir d'enjeu à la partie engagée. Charles, toutefois, ne se découragea pas. Il attendit le moment favorable, et apprenant les difficultés que le duc et la Reine rencontraient, non de la part du roi d'Angleterre, mais au sein de leur propre Conseil, qui ne voulait pas se faire Anglais, il députa à Pontoise Tanguy du Chastel ^ Barbazan et plusieurs autres , pour faire savoir qu'il était toujours disposé à traiter '.

A l'arrivée de ces ambassadeurs , le duc hésita. Il osa mettre en délibération la question de savoir s'il valait mieux traiter avec les Anglais qu'avec le Dauphin, et fit prévaloir le premier parti. Cependant l'influence française finit par l'emporter, et Jean sans, Peur dut rompre — du moins en apparence — avec le* roi d'Angleterre. Cédant aux instances de ses principaux conseillers , il quitta Pontoise le 7 juillet, pour se rendre à Corbeil et aller joindre le Dauphin.

Mais avant de mettre les deul princes en présence et de faire l'exposé des négociations dont le dénouement devait être si fatal , nous devons nous arrêter devant cette personnalité qui tient en quelque sorte la première place dans l'histoire du temps, et étudier de plus près la figure du duc Jean sans Peur.

i. Sans oublier ses intérêts pécuniaires, car il se fît payer en mai et juin, par Charles VI, des sonnnes énormes, et se fit donner une pension annuelle de 36,000 livres. Voir D. Plancher, ^, III, p. 510-5il.

2. Tanguy du Chastel avait, à la cour du duc, un ancien compagnon td*armes , Guy Turpin, ce qui facilitait son intervention (C/tron. anon., dans Monstrelet, t. VI, p. 258).

3. Voir sur ces négociations ce que dit le chapelain de Henri V, Ëlmham {Vita Henrici V, p. 224 et suiv.).

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