Michelet , p
qu'il lui avoit foictes à Calais , par le conseil d'aucuns de ses gens, proposa de laisser l'alyance dudit Roy d'Engleterre, et de soy allier et reconcilier à monseigneur le Dauffîn contre lès Anglois*. »
Ainsi le duc Jçan avait passé sa vie à tromper tout le monde, jurant des traités [qu'il n'était point décidé à tenir, donnant au peuple de mensongères assurances qui lui valaient. une popularité de mauvais aloi. C'est ainsi que , per fas et nef as, il avait élevé sa puissance , et qu'il était parvenu à se rendre maître des destinées de la France. En le voyant agir de la sorte, aucuns se demandaient — un contemporain nous l'a dit, — si son ambition n'était pas plus haute et ne visait point le trône môme *.
Le samedi 8 juillet 1419, on pouvait voir près de Pouilly , à une lieue de Melun, aux extrémités d'une longue chaussée, appelée le Ponceau-Saint-Denis, se dresser deux tentes, au milieu desquelles on avait construit, sur le ponceaumême, un petit pavillon garni de branchages dissimulés par des tapisseries de laine et de soie '. C'est là qu'allaient se rencontrer le Dauphin et le duc de Bourgogne. Des forces considérables avaient été rassemblées, de part etd*autre, pour leur servir d'escorte , et le duc avait fait venir Jean de Luxembourg avec ses Picards. Les deux princes, quittant, l'un Melun, l'autre Corbeil,. arrivèrent vers six heures du soir. Se détachant du gros de leurs troupes, ils descendirent de cheval, et, accompagnés chacun de dix personnes, ils entrèrent dans les tentes qui avaient été préparées. De là ils s'avancèrent vers le pavillon, où ils pénétrèrent seuls, laissant les personnes de leur