Chroniqne antonine, ms. fr. 1371, f. 236 r
2. c Mesmes,il sembloit, par ses manières de faire, comme aucuns disoient, qu'il se voulus! &ire Roy (Jouvenel, p. 362). » Et ce n'est pas là une conjecture gratuite. Henri V, qui connaissait à fond le duc, fait allusion à cette éventualité au lendemain du meurtre de Mmntereau : « H avoit, dit-U aux ambassadeurs de Philippe, très bonne voulenté de pleinement procéder avec mondit seigneur de Bourgogne; mais tant estoit qu'il vouloit bien que Ton sceust que, se mondit seigneur de Bourgogne contendoit â la couronne, il lui feroit guerre Jusques à la mort. > Procès-verlûd original, cité par M. Kervyn, éd. de Chastellain, t. I, p. 73, note.
3. Religieux, t. VI, p. 328. — Pou'dly-le-Fort (Seine-et-Marne), près de la Seine, cinq kilom. de Melun, est aujourd'hui un hameau de la commune de Vert-Saint-Denis.
suite au dehors *. Le duc, Taconte-t-on , s'inclina plusieurs fois, K moult humblement , » en s'approchant du Dauphin , et se mit à genoux. Ôharles , après l'avoir embrassé , voulut le faire se relever. «Monseigneur, dit le duc, je suis bien. Je sais bien comment je dois parler à vous. » Il se releva pourtant , et la conversation commença. — Elle se prolongea jusqu'à onze heures du soir, au grand déplaisir, dit un contemporain ,• de ceux qui attendaient à la porte. Le Dauphin sortit enfin, triste et soucieux : ses propositions d'accommodement n'avaient point été agréées par le duc *.
Cependant Charles ne voulut pas rompre les négociations , et le lendemain il envoya une ambassade à Corbeil : elle était composée de l'évêque de Léon, légat du Saint-Siège, de Tévêque de Clermont, de Tanguy du Chastel, du sire deBarbazan, et de plusieurs autres '. Les envoyés du Dauphin ne rapportèrent aucune bonne réponse , car le duc « refusoit offres raisonnables et alloit tousjours à cavillacions *. » — « Tant valoit , disaient les ambassadeurs, parler à img asne sourt comme à luy". »
Il fallut de nouvelles instances et un second message pour triompher de ses hésitations : le Dauphin , qui « moult desiroit le bien du royaiune*, » lui envoya un de ses conseillers Louis, seigneur d'Escorailles , renommé pour son éloquence '. Le ciel se mit aussi de la partie. Le Religieux de Saint-Denis raconte gravement que, pendant qu'on travaillait ainsi à la paix avec ua empressement qui paraissait sincère, survint un événement auquel les gens sages attachèrent assez d'importance pour qu'il croie devoir le mentionner : im épouvantable ouragan se déchaîna sur la contrée^ et sur plusieurs points du royaume , occasionnant de grands ravages *.
1. Religieux y l. c, Monstrelei, t. m, p. -322; Abrégé français du Religieux, dans Jean Cbartier, t. III, p. 218-19.