‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 145 sur 362 · W., ibid., p · texte numérisé non relu

W., ibid., p

Jean sans Peur, cédant enfin à l'éloquence persuasive de

Louis d'Escorailles, -consentit à une nouvelle entrevue, qui fut fixée au lendemain 11 juillet*. Elle eut lieu, comme la première, sur le Ponceau, et faillit aboutir à ime rupture. Dans l'entretien entre les deux princes, une altercation se produisit. Le Daupjiin sortit fort courroucé , déclarant qu'il allait reprendre le chemin du Berry^. « Il faudra bien, disait-on autour de lui, que nous aussi nous conférions avec ces Bourguignons, et le jugement de Dieu décidera quelle est la bonne cause ^. » Mais l'intervention de la dame de Giac vint changer la face des choses. Gardons-nous cependant de voir, avec la plupart des historiens, dans cette « vénérable et prudente dame*, » ime maîtresse du duc, gagnée à la cause du Dauphin. Mère de l'un des familiers de Jean sans Peur, attachée comme dame d'honneur à la reine Isabeau, la dame de Giac représentait auprès du duc l'influence de la Reine et avait un grand crédit sur lui , aussi bien que sm» le Dauphin, qu'elle avait connu fout enfant '. Elle avait été mêlée d^s le début aux négociations, et, de concert avec son fils et quelques autres serviteurs du duc, elle avait vivement insisté près de lui pour qu'il se décidât à traiter. Elle alla trouver les deux princes dans leurs tentes , et à force de supplications et de larmes, les détermina à reprendre la conférence •. Une heure à peine s'était écoulée , quand on entendit retentir des acclamations : Noël ! Noël ! criaient les seigneurs des deux escortes, en levant les mains au ciel. Bientôt, se mêlant les ims aux autres et oubliant tout ressentiment, ils s'embrassèrent comme 'des frères. Après avoir signé le traité ,

Page 1