Religieux, /. c; Monstrelet, t. III, p
les deux princes se tendirent la main, et jurèrent, en se donnant le baiser de paix, de rester étroitement unis; ils se firent, au départ, de grandes démonstrations d'amitié : malgré tous les efforts du Dauphin, le duc lui tint Tétrier pour monter à cheval. Ils chevauchèrent quelques instants de compagnie ; puis Charles regftgna Melun et Jean retourna à Gorbeil *.
Quelles étaient les bases du traité conclu entre les princes, et qui , après Téchec des conférences de La Tombe , après la paix bâclée de Saint-Maur, semblait mettre enfin un terme à de longues et funestes divisons ?
Dans des lettres* données en leur nom commun, « au lieu de nostre convencion et assemblée sur le ponceau qui est à une lieue de Melun, ou droit chemin de Paris, assez près de Poilly le Fort, le mardi onzième jour de juillet, Tan de grâce mil quatre cent et dix-neuf, » le Dauphin et le duc, — voulant s'occuper de concert des affaires du royaume et résister aux Anglais qui, à la faveur des divisions, avaient occupé une grande partie du territoire , et « considerans les tant grans et innumerables maulx et inconveniens qui, pour le fait desdictes divisions, se appaisées n'estoient, se pourroient encore plus ensuir, à la très grande foule, ou, par adventure, perdicion totale de ceste dicte seigneurie, » — déclaraient avoir, d'un conunun accord, « pour honneur et révérence de Dieu principalement, et aussi pour le bien de paix auquel ung chascun catholique [est et] doit estre enclin,' et pour relever le povre peuple des grans et si dures oppressions que, à ceste cause, a eu à souffrir, » promis et juré, entre les mains d'Alain, évêque de Léon, envoyé du Saint-Siège apostolique pour le fait de l'union et de la paix du royaume, les choses suivantes, et ce a sur la vraie croix et sainctes évangiles, pour ce touchiez de noz mains, par la foy et serement de nostre corps , pour ce ^restez l'un à l'autre sur