‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 148 sur 362 · Mêmes sources · texte numérisé non relu

Mêmes sources

t. L original est aux Archives de Dijdn , layette LXXVin, ir> 1 (acluelleraeot B 118%) : le texte se trouve dans les Mémoires de La Barre (t. I, p. 255-58), dans Monstrelel (t. JII, p. 324-!29), mais d'une manière souvent fautive, et dans la Chronique anonyme (l. VI, p. 27:2-76).

nostre part de paradis, en parole de prinoe et autrement, le plus avant que faire se peut : »

Enoaobuent du duc : a Nous, JeLan, duc de Bourgongue, que, B toutes les choses passées mises en oubly, tant comme nous via vrons en ce monde, nous, après la personne de mondit seigneur « le Roy, honn Durerons, servirons et de tout noslre cuer et penséi « plus et devant que nuls autres chérirons et aymerons la personi « de mondit seigneur le Daulphin, et, comme à son estât appartten

■ lui obéirons et ne ferons ne souiTrirons estre fait k nostre pouvo « nul chose qui soit en son préjudice , et de tout nostre pouvoir li t aiderons à garder et maintenir son estât el prérogatives en touti • manières, et luy serons tousjours vray et loyal parent, son bie

■ et honneur procurerons, mal et dommaigeescheverons, partout* «'voies à nous possibles, et d'icellui l'advertirons ; et s'iladveno « que aucuns, de quelque estât qu'ilz feussent, lui voulsissent fai! 1 ou porter guerre ou autre dommaige, nous, en ce cas, le secoi « rerons, aiderons et seWirons de toute nostre puissance, enve:

■ et contre tous, el en ce nous emploierons comme en nosti « propre fait. »

Enqagbubnt du Daupbin : « Et pareillement, nous, Cbarli « Daulphin, devant nommé, que, tant qu'il plaira à Dieu noi a donner vie ou corps, et à quelque estât, seigneurie ou puissant « que puisBons parvenir le temps à venir, nous, loules les chosi » passées mises en oubly, aymerons et de bonne et loyalle affe< « tion chérirons nostre très chier et très amé cousin le duc de Bon « goiogne dessus nommé, et, en tous ses faiz et besoingnes le tra B terons comme nostre prouchain et loyal parenl, son bien, hoi « neur, avancement, vouldrons et pourchasserons, son mal et doD a maige escheverons, en ses estaz et prérogatives le garderons < > « maintiendrons en tous ses affaires, s'aucun, de quelque eslat qu' a soit, le vouloit en aucune manière grever, le soustendrons, po « terons, et si tost que nous en requerra le aiderons et detfendroi 1 à toute puissance, envers tous ceux qui puevent vivre et mourii a et mesmement, se aucuns de nostre sang et lignaige, ou autn M quelxconques, vouloient, pour raison des choses advenues '. a temps passé eu ce royaulme, ou aultrement, demander ou qui f relier aucune chose à nostre dit cousin de Boui^ingne ou à 3< a pays ou subgiez, nous, de nostre puissance lui aiderons, et : a deffendrons el soustendrons contre les dessusdiz ou autres quel: a conques qui grever ou dommagier le vouldroient. »

Les deux princes promettaient ensuite d'entendre et vacquer désonnais, « par bonne vérité et alliance, » chacun selon son état, « à tous les grans faiz de ce dit royaulme, sans vouloir riens entreprendre ne avoir aucune envie Tun sur l'autre ; » de se prévenir mutuellement , de bonne foi, si quelque rapport leur était fait à la charge de Tun ou de l'autre , et de n'y ajouter aucune foi; de s'employer principalement, a d'une même voulenté et sans fixion aucune, comme bons et loyaulx parens si prouchains de mondit seigneur le Roy et de la coiu*onne de France, » à la « repulsion » des Anglais, à la restauration du pays, au relèvement des sujets du Roi. Ils promettaient, en outre , de ne prendre avec les Anglais « aucuns traictiez ou alliances, » sinon « par le bon plaisir et consentement l'un de l'autre, et pour l'évident bien de ce royaulme ; » et si des traités antérieurs avaient été conclus, avec les Anglais ou autres, au préjudice de l'un des princes, ils déclaraient y renoncer et vouloir qu'ils soient nuls et de nul effet.

Enfin les dernières stipulations portaient que si le traité venait à être rompu volontairement par l'une des parties, les gens, vassaux, sujets pt serviteurs de celui qui aurait commis cette infraction , ne seraient pas tenus de le servir, mais serviraient l'autre partie , étant, dans ce cas, tenus quittes de tous serments de fidélité et de toutes promesses et obligations de service ; que , pour plus grande sûreté et confirmation , et pour bannir tout soupçon à l'égard des officiers de chacune des parties, les principaux officiers et serviteurs des deux princes jureraient le traité. On constatait que le serment avait été prêté, sur les saints Évangiles, entre les mains de l'évêque de Léon, par les serviteurs du Dauphin et du duc \ Devaient également prêter serment tous les princes du sang, les gens d'église, nobles et gens des bonnes villes. En terminant, les princes déclaraient

1. 11 n'est point indifférent à notre sujet de connaître les signataires du traité de Pouilly.

Du côté du Dauphin figurent :

Jacques de Bourbon, seigneur de Thury; Robert le Maçon, chancelier; le vicomte de Narbonne; le sire de Barbazan; le sire d'Arpajon; le sire du Bosdiage (Guillaume de Roussillon); le sire de Beauvau; le sire deMontenay; le sire de Gamaches, mess'u^e Tanguy du Chastel; messire Jean Louvet, président de Provence; Guillaume d'Avaugour; Huguet

se soumettre , pour Tobservation du traité , « à la cohertion et contraintes » de leur mère la sainte Église, de notre Saint Père le Pape et de ses « commis et députez, » acceptant d'être contraints au besoin « par voie d'excommunieraent, ou anathémathiaation, aggravacion, réaggravaccion, interdit et autrement par la censure de TÉglise , le plus avant que faire se pourra. » Le traité fut en effet juré , séance tenante , par les princes et par les seigneurs de leur suite '. Le duc donna au Dauphin un riche fermail d'or, garni de très gros diamants. Charles , auquel son trésor 'ne permettait pas d'être si libéral, lui envoya le lendemain un « coursier bai brun à longue queue*. » Enfin, les principaux serviteurs du Dauphin , Robert le Maçon , le président Louvet, Tanguy du Chastel, Louis d'EscoraiHe^, le sire de Beauvau , Hugues de Noé , Guillaïune d'Avaugour et Jacques du Peschin reçurent chacun de la main du duc une cédule pour toucher cinq cents moutons d'or'. Les seigneurs dauphinois trouvèrent sans doute que l'or bourguignon était toujours bon à prendre ; mais Barbazan , plus soucieux de sa dignité , refusa , ne voulant recevoir d'argent que des maîtres qu'il servait *.

de Noyers (Noé), tous conseillers et chambellans; Jean du Mesnil, Pierre Frotier, Guitarf de Besordon (Bosredon), et Colari de La Vigne (La Bigne) , écuyers d^ëcurië

Du cdtë du duc :

Le comte de Saint-Pol; messire Jean de Luxembourg; messire Archambault de Foix, seigneur de Navailles; le seigneur d*Antoing; messire Thibaut, seigneur de Neufchastel; messire Jean de Neufchastel, seigneur de Montagu; messire Jean de la Trémoille; Guillaume de Vienne; messire Pierre de Bauffremont, grand prieur de France; messire Gauthier de Huppes; messire Chaiies de Lens; messire Jean, seigneur de Cotebrune, maréchal de Bourgogne; messire Jean, seigneur de Thoulonjon, messire Régnier Pot; messire Pierre, sire de Giac; messire Antoine de Thoulonjon; messire Guillaume de Ghampdi vers;. Philibert Musnier, dit Jossequin, et maître Nicolas Rolin.

1. Les lettres contenant les serments des conseillers du Dauphin sont publiées dans La Barre (p. 259); elles sont datées du mardi 11 juillet, et au lieu de la convencion et assemblée de noz diz tf^s redoubtez seigneurs, sur le Ponteau qui est à une lieuo de Melun. » Oès lettres sont en original aux Archives de Dijon (lay. LXXVIII , n° 2). C'est par erreur que M. Gachard leur donne (p. 48) la date du U; M. Vallet a été trompé par lui (t. I, p. t56).

2. Troisième Compte de Jean Fraignot, dans la O)llection de Bourgogne, vol. 65, f. 121 , et Déposition de Séguinat dans La Barre, p. 272; cf. p. 2U.

3. Môme compte, /. c, et vol. 57, f. 306; cf. La Barre, 1. 1 , p. 2Uet 217 , et la Déposition de Séguinat, p. 272. — c Et y ot, disent les comptes, la plus grant partie des gens de mondit seigneur le Danlphin aux despens de mondit seigneur le duc. » Collection de Bourgogne, vol. 21, f. 52.

i. Barbazan refusa les 500 moutons, car il € ne princt oncques argent, fors des maistres qu'il servoit. i> Plaidoirie de Labat, dans son Procès, Ms. fr. 5061, f. 116 v<».

Le jeudi 13 juillet, le Dauphin se rendit à Gorbeil, et y passa (Jeux jours, en compagnie du duc de 'Bourgogne*. On raconte qu ils entendirent ensemble la messe et qu'ils reçurent la commimion avec ime hostie partagée en deux*. Charles quitta Gorbeil le 15, après avoir longuement conféré avec le duc^ En se' séparant, les princes convinrent d'avoir une nouvelle etprochaine entrevue , qui paraît avoir été dès lors fixée au 26 août, à Montereau *. Jean sans Peur semblait animé des meilleures intentions : il jura au Dauphin, « par la foy de son corps, » qu'avant un mois il ferait guerre ouverte aux Anglais •.

Gonformément aux arrangements pris , le duc fit aussitôt publier des lettres patentes du Roi , données à Pontoise , en date du 19 juillet, et ses propres lettres de ratification du traité du Il juillet «.

Les lettres de Gharles VI contiennent le détail des dispositions arrêtées à Pouilly et à Gorbeil, dispositions qui^ dans

1. Comptes de la chambre aux deniers, visés par D. Plancher, t. IIl, p. 515; cf. Collection de Bourgogne , vol. 21 , f. 52.

2. « Et pour mieulx et plus rermement ces promes^ses asseunn* et' entretenir, le dit Dauphin Charle de Valois et monseigneur le duc Jehan communiquèrent tellement enssamble que [ils se trouvèrent] en Téglise du Plaissiet aux Toumelles au pals de Brie, euh deox enssamble, où ung champelain lor administra, après la messe ouye, le benoit Saint Sacrement de Tautel, en une hostie sacrée seulle partie à eux deux, dont le peuple fu moult resjpy. » Le livre des trahisons de France envers la maison de Bourgogne , publié par M. Kervyn de Lettenhove, dans la collection in-i^ de TAcadémie royale de Bruxelles, 1873, p. U3.

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