‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 152 sur 362 · Religieux de Saint-Denis, t. VI, p · texte numérisé non relu

Religieux de Saint-Denis, t. VI, p

8. « Item, post pacem firmatam, renovavit et conlirmavit régi Angliïe certas conventionés et capitula qu» inter se habebant, et super hoc idem Dalphinus dicitur sibi ostendisse litteras, manu propria scriptas. » Rapport sur les ouvertures faites au Pape de la part du Dauphin, publié par M. Quicherat, dans les preuves de son édition de Thomas Basin, t. IV, p. 279. La pièce avait été éditée pour la première fois par M. CliampoUion, dans ses Lettres de rois» reines, etc., t. n, p. 355. Mais le texte de M. Quicherat est plus correct.

9. Jouvenel des Ursins dit le 28 (p. 368), et Monstrelet le 31 (t. 111, p. 832;. Pontoise fut pris dans la nuit du 30 au 31. Voir Journal a'un bourgeois de Paris, )>. 126.

n*avait opposé aucune résistance. On accusait tout haut le duc de trahison *. Le mécontentement et la crainte redoublèrent , quand on le vit quitter Saint-Denis , — où restait une garnison qui pilla la ville et se livra aux derniers excès , — et se diriger sur Lagny, sans même entrer dans Paris , qu'il laissait exposé à une attaque imminente du roi d'Angleterre. « Il sembloit proprement, disait-on, que tous s'enfouissent devant les Anglois, et qu'ils (le Roi et le duc de Bourgogne) eussent grande haine à ceux de Paris et du royaume ^ » Mais si le duc abandonnait les Parisiens, les laissant à la merci des Anglais , il demeurait près du roi d'Angleterre en la personne de ses ambassadeurs qui , le 6 août , sept jours après la prise de Pontoise , se trouvaient dans cette ville auprès de Henri V '. Une seconde ambassade lui fut même bientôt envoyée *, et les négociations se poursuivirent ainsi, en violation flagrante des serments prêtés par le duo.

Jean sans Peur restait pourtant en relation avec le Dauphin, Vers le 26 juillet, il déput^^-vers lui Pierre de Giac et Nicolas Rolin , a pour lui parler d'aucimes choses touchant le bien du

1. < Et disent quelques-uns que les Anglois y entrèrent par le moyen d*aucuns de ceux de dedans. » Jouvenel, p. 368. — « Tost après fist le duc de Bourgoigne men^ le Roy, la Royne et Madame Katherine à Troyes, et par le seigneur de Vhle Adam fist livrer et mettre es mains du roy d'Angleterre la ville et le chastel de Pontoise. » Geste des Nobles, par Cousinot, p. 176-77. — «rltem fuit causa captionis Pontisane, » lit-oii dans te rapport cité ci-dessus. M. Quicherat, Le, p. 279. — n faut noter que, malgré la surprise, hsle-Adam eut le temps de prendre « sa finance et ses bagues, » et que plusieurs habitants purent emporter s de leurs meilleurs biens, et par especial or, argent, vaisselle et joyaux; 9 c'est un auteur bourguignon qui le constate (Monstrelet, t. m, p. 332-33).

2. Journal d'un bourgeois de Paris, p. 126. — Ù est curieux de comparer avec le langage du fougueux bourguignon celui que tenait le Dauphin' dans sa lettre en date du 27 septembre 1419, adressée aux hid)itants de Carcassonne : « Tantost après, et incontenent après ces choses , nostre dit cousin , en allant contre sesdictes promesses , foy et serment , se tray à Pontoise , et de rechief envoya vers Tadversah^ d'Angletterre , en continuant et entretenant les traictiés qui estoient entre eux , ou préjudice de mondit seigneur et de sa seigneurie , et les alliances faictes par lesdits d'Angleterre et de Bourgongne , dès lors qu'ils furent ensemble à Calais, et s'en ensuy tost après que la ville de Pontoise, qui est auprès de Paris et sur passage, fut sans nulle force, et, amsi que Dieu scet, es mains dudit d'Angleterre , qui encore la tient et occupe , et depuis n'a fait ou fait faire ledit de Bourgongne guerre auxdits ennemis , comme promis l'avoit. » Recueil de Besse , p. 319.

3. Rymer, t. IV, part, m, p. 129; Kervyn de Lettenhove, Histoire de Flandre, t. HT, p. 154. i. Récit du Dauphin et lettres du 27 septembre. — Par lettres de Henri V , en date du

6 août, un sauf-conduit, valable jusqu'au U, est accordé à deux envoyés, avec quarante personnes de leur suite , que son cousin de France veut lui députer à Pontoise, ob bonum pacis et unionis inter Franciœ et AngUœ régna nostra , comme il appert des lettres dudit cousm (prout ex marum série Utterarum, nobisjam tardé transmissarum , aocepimus evidenter). Rymer, t. IV, part, m, p. 129.

15»i HISTOIRE DE CHARLES VH. 1419

royaume * ; » le 28 , il fit partir à leur suite deijix de ses chevaucheurs, « afin de luy rapporter hastivement ce qu'ils auront fait '. » En même temps il recevait à Saint-Denis , où il était arrivé le 23 , deux envoyés du prince , Robert Mallière et Jean Gampion, venant de Paris, où ils avaient porté les lettres de ratification de leur maître '.

Le Dauphin se préparait à remplir ses engagements et à pousser vigoureusement les hostilités. Il réunit ses gens de guerre *, et envoya un détachement sous les murs de Paris , où des troupes de Henri V avaient paru le 9 août '. Aussitôt le duc , qui semblait redouter davantage les succès du Dauphin que le progrè? de l'invasion anglaise, fit reprendre aux Parisiens le signe de sa faction, la croix de Saint-André, et défendit qu'on donnât accès ni passage aux forces du prince •. De son côté , la Reine écrivit au Dauphin , et les Parisiens lui députèrent une ambassade pour le presser de revenir au milieu d'eux et de s'employer à la défense commune '. Quant au duc, il envoyait message sur message au jeune Charles, comme s'il

1. Collection de Bourgogne, vol. 56, f. 95; cf. vol. 25, f. 21 v«; vol. 65, f. 121 ?•, et D. Plancher, Histoire de Bourgogne j t. III, p. 518.

2. Collection de Bourgogne, vol. 56, T. 95. M. de Barante, suivant le récit de Prosper Bauyn , publié par La Barre , sous le voile de Tanonyme , s'est trompé en plaçant (t. JV , p. 429) cette ambassade au ^Bjuin, par conséquent avant le traité de PouiUy.

3. Monstrelet, t. ni, p. 331 ; Collection de Bourgogne, vol. 56, f. 95, et 65, f. 121 v« et 122. Ils reçurent du duc 100 écus d'or le 29 juillet, et par mandement daté de Lagny, le 2 août , 150 fr.

4. On a de nombreuses lettres de retenue données par le Dauphin les 13 et 15 août à Jargeau. Le 26, il concentrait des forces considérables à Melun, sous les ordres de Barbazan et de Tanguy du Chastel.

5. Monstrelet, t. ni, p. 330; Journal ^un bourgeois de Paris, p. 128.

6. (t Après la prise de Pooloise, et que nous eusmes fait passer de la sorte les garnisons que avions (ait vuider, lesquelles, sous la conduite de nos mareschal et premier cliambellan, ordonnasmes tirer vers ledit lieu de Pontoise et emiron , pour insister ausdits ennemis, à très grant requeste des prevosts des mardians et bourgeois de Paris , il fit ausdits chiefs et gens d'armes refuser les passages, forteresses et retraits, et fist nouvelles alliances avecques aucuns séditieux de Paris et autres contre ladicte paix et en nostre préjudice , en les faisant promettre de non laisser entrer nous ne les nostres en ladicte ville de Paris et autres d'environ, lesquels dès lors refrechirent et renouvelèrent l'enseigne du saultoir qu'ils ont porté contre Monseigneur et nous à cause de ladicte division, b Lettres du 27 septembre. Recueil de Besse, p. 319-20. Cf. Instructions au comte d'Aumale, et récit du Dauphin.

7. Religieux de SaintrDenis, t. VI. p. 369. Le 5, Jean de Neuville, dit le Moine, était parti «r pour certain voyage secret; » sans doute pour aller trouver le roi d'Angleterre. Collection de Bourgogne, vol. 56, f. 85.

LE MEUïfTRE DE MONTEREAU,

eût voulu le persuader de son zèle'et de sa fidélité. Du \^^ au 7 août, il fit, partir Jean de la Baume, puis Antoine de la Marche et un autre de ses serviteurs *. D'autre part, nous le voyons, le 9 août, adresser des mandements à tous ses capitaines tenant garnison en Champagne et en Bourgogne , pour qu'ils aient à se rendre en armes à Provins dans le plus bref délai*. A ce moment Henri V venait de rompre les dernières négociations , entamées au mépris du traité de Pouilly . Le duc voulait-il enfin remplir ses engagements, et, de concert avec le Dauphin, commencer énergiquement la lutte? Le 11, il arriva à Troyes en compagnie du Roi et de la Reine. G^est là que, le 14 ', il reçut une ambassade du Dauphin , qui avait quitté Bourges vers le 12 pour se rapprocher du lieu de la conférence : Tanguy du Chastel, Louis d'Escorailles et Jacques du Peschin ffrère de la dame de Giac) venaient régler avec le duc les points relatifs à la prochaine entrevue des deux princes ; ils étaient porteurs d'une lettre du Dauphin. Le même jour, des envoyés du duc de Bretagne arrivèrent à Troyes *.

Jean sans Peur, cependant, ne cessait de faire venir de nouvelles troupes. Par lettres patentes du 17 août , datées de Troyes ', il ordonne de faire fortifier et garnir de vivres et de troupes ses châteaux et forteresses de Bourgogne, de Franche- Comté et.de Charolais, pour s'opposer aux tentatives du roi d'Angleterre et à ses « damnables entreprinses *. » Le même

1. D. Planchef, t. IV, p. 518. -^ Le Dauphin parle de ces messages dans $es lettres du 27 septembre : « Nous a tousjours requis et fait requérir d'aller devers mondit seigneur en nostre estât ou à aucun petit nombre de gens, et s>st essayé de induire plusieurs, tant de nostre hostel comme plusieurs ses gens et autres... à luy aidier à avoir nostre personne... et... nous a plusieurs fois, par lettres qu'il a fait foire ou nom de mondit seigneur, ainsi empeschié comme chascun scet, fait requérir et sommer d'aller vers mondit seigneur, en nous menassant, en cas de refus ou delay, de nous exhereder et débouter de la succession de mondit seigneur et de nous faire déclarer indigne comme désobéissant. » Recueil de Besse, p. 321.

2. Collection de Bourgogne, vol. 25, f. 2 v<», 15 v*. 54, 57; vol. 56, f. 95. Prosper Bauyn dit lé 7 , par erreur. Mémoire anonyme, publié par La Barre (t. I, p. 218), et pris par lui aux Archives de Dijon. Nous avons constaté l'identité avec le texte de Bauyn , sur UQ^e copie de son Mémoire qui se trouve à la Bibliothèque de l'Institut.

3. Et non le 10, comme le dit M. Vallet de Viriville.— Voir Collection de Bourgogne, vol. 25, f. 52.

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