Ibid., vol. 55, f
6. m Afin de résister à rencontre desdictes volontez et damnables entreprinses. » Lettres
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jour, il dépêche Huguenin du Bois, Tun de ses écuyers d*écurie, pour faire avancer en toute diligence les gens d'armes et de trait qui étaient en Bourgogne et en Charolais, et venir joindre le Roi à Troyes \ Le 20, il annonce, dans des lettres missives, l'envoi de ses lettres patentes du 17, et ordonne de les accomplir très diligemment. Or ces lettre^ , d'une si grande urgence, furent onze jours à parvenir de Troyes à Dijon, où elles n'arrivèrent que le 31 août *.
Que signifient ces préparatifs? Était-ce bien contre les Anglais que le duc de Bousgogne prenait ces mesures? Voulaitil sincèrement les combattre? Certains ont vu ici — et peutêtre ne se sont-ils pas trompés , — une pensée hostile au Dauphin •. Quoi qu'il en soit, le duc répondit aux envoyés du jeune prince que Montereau n'avait pas été choisi d'une manière formelle pour le lieu de l'entrevue , et que , puisque le Roi et la Reine se trouvaient à Troyes , il ne convenait pas que le Dauphin , étant aussi près , songeât à un autre lieu ^e réunion \ Le duc affichait donc une fois de plus la prétention de faire revenir Charles près. de son père, afin de l'avoir à sa discrétion.
Quelques jours après, le 21 août, Jean sans Peur mandait à ses maîtres des comptes à Dijon que , dans peu de jours , il devait avoir avec le Dauphin une nouvelle entrevue sur la rivière de Seine , qu'il aurait alors besoin de plusieurs de ses vassaux , « pour s'en aider en conseil et autrement, » et de trois cents hommes d'armes au moins pour la garde de sa personne. Il envoyait en même temps de nouvelles lettres, adressées à ses Capitaines , pour leur mander de venir le trouver avec le plus grand nombre de gens de guerre qu'ils pourraient , et il recommandait de faire marcher les messagers nuit et jour.
du 17 août 1419. Collection de Bourgogne, vol. 55, f. 33i. — A coup sûr, les Anglais n'étaient pas à craindre de ce côté !
1. Collection de Bourgogne, vol. 55, f. 334 v»; La Barre, t. 1, p. 218; D. Plancher, t. in , p. 518-19.
2. CoUedion de Bourgogne, vol. 55, f. 334 vo. «Receues en la Chambre des comptes de Monseigneur à Dijon, que y a apportées mons. le Pardessus, le dernier d'aoust U19, avec les lettres patentes. »
3. Voir M. Rervyn de Lettenhove, HUt. de Flandre, t. III, p. 156.
4. C*est au moins la réponse que puStentanduc Bauyp, dans son Mémoire (l. c, p. 218), etD. Plancher, t. m, p. 921.
« afin, disait-il, que les puissions avoir pour estre à ladicte convencion, qui sera bien brief, sans aucunement y faillir, sur tant que doublez à mesprendre envers nous ^ .»
La lumière commence à se faire. Il y avait , ostensiblement , des préparatifs dirigés contre le roi d'Angleterre ; or, malgré toute la diligence possible, les lettres patentes du 17 août et les lettres missives du 20 n'arrivaient à Dijon que le 31. Et, parallèlement , il y avait des ordres secrets , lesquels ne comportaient point de délais , pour grouper autour de la personne du duc , en vue d'une entrevue avec le Dauphin , le plus grand nombre possible de gens de guerre.
Pendant ce temps les négociations n'avançaient pas. Ne fallait-il pas donner aux troupes le loisir d'arriver ? — Personne d'ailleurs ne croyait à une paix complète et durable. « S'il n'y eust eu que le père et le fils , disait-on , elle eust esté tantost faicte , comme il estoit tout notoire *. » Mais le duc de Bourgogne n'était nullement pressé d'en finir. Les articles ayant été rédigés , signés , solennellement jurés à Pouilly et à Gorbeil , il ne manquait plus qu'une « convention pour parfaire la chose , et avoir bonne amour et union ^. » Cette convention avait été décidée en principe * : fidèle à sa parole , le Dauphin était arrivé à Montereau (24 août), et Jean sans Peur restait immobile à Troyes.
Charles lui écrivit encore pour le presser de venir, et lui envoya plusieurs de ses conseillers. Le duc se décida enfin à s'ébranler : le 28 août, il quitta Troyes , et s'avança jusqu'à Braysur^Seine, à la tête d'un nombreux corps de troupes '. Bray n'était qu'à cinq lieues de Montereau. Là de nouveaux ambassadeurs du Dauphin vinrent trouver le duc : le 31 août, le seigneur d'Escorailles avec plusieurs autres; le l^ septembre,
1. CoUedionde Bourgogne, vol. 58, f. 15; vol. 56, f. 95, et La Barre, t. II, p. 119, note 6. — Ce même jour, ii aoât, Jaquemin de Rliosne, chevaucfieur du duc, alla « porter lettres hastives de par loy de Troyes à Paris, vers certaines personnes secrettes. » Collection de Bourgogne, vol. 56, f. 85.