‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 164 sur 362 · MoDstrclet, t. in, p. 343; Relation inédite, p · texte numérisé non relu

MoDstrclet, t. in, p. 343; Relation inédite, p

2. Moostrelet ; Nouvelle Relation inédite , p. 5 ; dépositions de Saint-Georges et de Séguinat.

3. Les mêmes; Fenin, p. 214; plaidoirie de Rapiousl dans le procès de Barbann, ras. 5061, f. 110; Registres du Parlement.

4. Les paroles édiangées entre les deux princes sont diversement rapportées dans les récits contemporains. Nous avons cherché à combiner les diverses relations, de manière à présenter les choses de la façon la plus vraisemblable. 11 importe de faire remarquer ià que la plupart des historiens ont prétendu que , à peine agenouillé , le duc , sur un signe du Daupliin , fut frappé mortellement. Cette giave encur a été l'une des principales causes de Topinion, si accréditée, qui a fait voir dans Tévénement un guet-apens prémédité. Elle a été empruntée aux relations bourguignonnes, que nous pouvons prendre ici en flagrant délit d'erreur : Post pauca verba, disent les Registres du Parlement (en date du 12 septembre), ou de mensonge : « Incontinent, sans autres paroles avoir d'un costé ni d'autre , » dit la relation officielle de la duchesse de Bourgogne (La Baire , t. 1 , p. 288).

« mondit seigneur le Roy, à vous , ne au royaume *. » ~ « Mon- « seigneur, et entre vous mes seigneurs , » poursuivit le duc en se tournant vers les conseillers du Dauphin, « dis-je bien'? » — « Beau cousin , w» dit le Dauphin en donnant la main au duc, « vous dites si bien que Ton ne pourroit mieux ; levez-vous et « vous couvrez '. » En même temps Robert de Lairé lui prenait le bras, en disant : « Levez- vous, levez I vous estes trop « honnourable*. » — « Mais, reprit le Dauphin , vous ne seriez « point bon abbé. » — « Pourquoi? » dît le duc. — « Pour ce que « vous ne rendez pas bien. » — « Gomment cela? » — « Parce « que derrenièrement que parlasmes ensemble , vous me pro- « mistes et eustes en convenant vuiderdedens ungmois toutes « vos garnisons, comme savez qu'il avoit esté ordonné... Et c< combien que j*aye très diligamment fait poursuivre devers « les gens de vostre conseil la conunission de vostre part sur « ce nécessaire , offrant bailler la mienne , toutes voyes je ne « Tay pas obtenue. Mais si Dieu plaist et vous, il se fera bien, « car encores est assez temps '. »

Le Dauphin rappela alors qu'il avait été convenu à Pouilly

1 . J'ai suivi jusqu'ici la Relation inédite, publiée par M. Kervyn de Lettenhove. Ce récit, dû à un Bourguignon très prononcé, prouve déjà que le Dauphin ne commença pas par les reproches et les rigoureuses paroles dont parlent Monstrelet et le Religieux de Saint- Denis, n est d'ailleurs confirmé par un document inédit, qu'on n'a pas non plus utilisé jusqu'ici : c'est le récit fait par l'avocat Rapioust, qui porta la parole contre Barbazan, lors de son procès. Le duc, raconte Rapioust, « si tost qu'il peut apercevoir icelluy Daulphin, se agenouilla, et lui fit révérence, et après qu'il fut devant luy, de rechef se agenoillat osta son ausmuce de veloux , et hiy dit que après Dieu il n'avoit autre à servir que le Roy son souverain seigneur et luy , et pour eulx en leur service vouloit exposer corps et chevance , en luy priant que si on luy avoit fait aucuns rappors de sa personne , qu'il ne les voulsist pas croire. Et quant aux ti^ctiez qui avoient estes faiz, ce peut ou trop cy avoit, il estoit d*accord que par son conseil il fust advisé. » (Ms. fr. 5061 , ^ 110.) — Cf. le rapport fait au conseil de ville de Tournai le 2 octobre 1419, par Morvilliers et Yeirat (Extraits des Registres desConsaux, t. I, p. 187), et la déposition de Séguinat, /. c, p. 273-74. « Luy sembloit qu'ils parloient amoureusement et gracieusement ensemble , » racontent, dans les mêmes termes, Saint-Geoi^es, Yergy et Pontailler (p. 282, 285 et 286).

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