‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 169 sur 362 · Séguinat, Saint-Georges, Vergy, PontaiUer · texte numérisé non relu

Séguinat, Saint-Georges, Vergy, PontaiUer

6. ff Après plusieurs paroles, ditRaoulet, ils frappèrent sur le duc de Bourgogne et le tuèrent. » D'après la déposition de Bertrand de Navailles, Tanguy du Chastel aurait frappé le duc d'une hache, et, après l'avoir abattu, aurait tué le sire de Navailles; d'autres (PontaiUer, Monstrelet, la Relation inédite, la Ckron. anonyme, etc.) parlent aussi de ce coup de hache ; Saint-Georges raconte qu'il ftit pris par Tanguy, et qu'il vit là Baitazan (qui n'y était pas). Voilà trois actions différentes mises au compte de Tanguy, qui , s'il fout en croire Jouvenel, emmenait pendant ce temps le Dauphin, et qui, plus tanl, selon le même historien , protesta éneiigiquement contre l'accusation d'avoir été l'un des meurtriers du duc. — Le <( grand homme brun » qui frappa le duc de son épée (Séguinat) dut être Bataille , et il fut assisté par Lairé et Narbonne , qtii reconnurent plus tard , «( avoir mis la main sur feu Mgr de Bourgogne » (Jouvenel), et par d'Avaugour et Frotier, nommés dans d'autres relations (Raouict). « Tu couppas le poing à monmaistre, aurait dit Bataille, et je te couperay le tien. » — Bataille , Lairé et Narbonne étaient d'anciens serviteurs de la maison d'Orléans. Olivier Leer joua aussi un rôle dans le meurtre. Remarquons que d'Avaugour et Frotier ne sont pas nommés par Nicolas Rolin dans sa complainte officielle du 23 décembre (Voir Chastellain, t. I, p. 196 et Monstrelet, t. IV, p. 18), — M. Clerc a

seul avec Jean de Vergy, avait essayé de défendre son maître, fut blessé mortellement \ Les autres seigneurs bourguignons, à Texception du seigneur de Montagu , lequel , à ce qu'on prétend, se sauva du côté de la ville*, furent faits prisonniers par quatre des conseillers du Dauphin, seuls restés sur le pont, avec Taide des gens de leur parti qui étaient accourus •.

Bien que la chose ait été soudaine , on s*étonne que les gens du duc , qui occupaient la barrière du pont du côté du château, ne soient pas survenus *. Un contemporain nous en donne Texplication : « Ceux du chastel , dit-il , qui estoient le plus près de rhuis du parc, oncques ne s'en esmurent, cuidans que ce fettst monseigneur le Dauphin qu'on eust tué *. » Le bruit se répandit en effet, dans le château et dans la ville, que le Dauphin était mort, et il dut monter à cheval pour démentir ce bruit par sa présence.

Nous avons exposé dans ses moindres détails le tragique événement qui s'accomplit sur le pont de Montereau; nous en avons examiné avec soin les préliminaires. Si nous n'avons pu faire luire une lumière complète sur un événement que les contemporains eux-mêmes n'ont pu connaître qu'imparfaitement •, et que les historiens modernes ont déclaré impossible à éclaircir, nous avons du moins fourni au lecteur tous les éléments d'information qui étaient à notre disposition.

donné , dans son Essai sur l'hUtoire de la Franche-Comié (t. 11 , p. 372), un dessin da crâne de Jean sans Peur, dont le corps fut exhumé à Dijon en 1840. Le front est déprimé , la partie inférieure de la tête a un développement significatif. On remarque les fissures produites par les coups réitérés qui Au*ent portés. Voir aussi Mémoires de la cornmission des antiquités de la Côte^Or^ t. 1 , p. 419.

1 . Les mêmes et Chronique anonyme . p. 279. Barbazan n'arriva qu'à ce moment

2. Chronique anonyme , p. 280. Plusieurs témoignages mentionnent la fuite de Montagu ; on a vu que , d'après la Relation inédite, il ne devait pas être sur le pont.

Page 1