Instructions au comte d^Aumale
3. C'est ce que disent les deux relations boui^uignonnes. D'autres versions le font assister au meurtre et sauter par dessus la barrière (Relation de la duchesse; Monstrelel, p. 3ii; Chronique anonyme, p. 280). Il est possible que le duc Tait laissé dehors, de propos'délibéré : le fait est que la Nouvelle relation inédite mentionne à sa place , comme étant avec le duc, Jean de la Trémoille, seigneur de Jonvelle. Mais nous les retrouvons tous deux occupant le château après le meurtre.
i. Ce ne fut pas, comme le dit Monstrelet, de Bray, où ils ne se rendirent qu'après la reddition du château , mais de Montereau , et le soir même.
5. C'est ce qui résulte des lettres du Roi au comte de Charolais et à la ducliesse de Bourgogne, et de la lettre de la reine à celle-ci , toutes trois datées du il septembre. Les deux seigneurs bourguignons feignaient d'ignorer que le duc était mort, mais ils en étaient informés, car le même jour, 11 septembre, après dmer, on recevait à Paris la nouvelle de la mort du duc.
papiers les plus secrets : après l'avoir soigneusement visité, ils brûlèrent tout ce qu'il contenait, sauf cinq ou six pièces*.
Pendant qu'à Troyes on croyait encore le duc prisonnier et que des lettres partaient pont presser le comte, de Gharolais et la duchesse de Bourgogne d'amener ou d'envoyer des secours armés au Roi et à la Reine, alors « assez petitement accompagnez de chevalliers et escuiers ', » on apprenait à Paris la mort de Jean sans Peur. Une fureur vraiment diabolique ' s'empara des Parisiens qui, oubliant leurs récents griefs, ne se souvinrent plus que de leur amour pour celui qu'ils avaient si longtemps idolâtré. On voulait égorger tous les' partisans du Dauphin ; on vouait ceux qu'on appelait les assassins du duc au supplice du traître Judas et à la damnation éternelle *. Dès le lendemain 12 septembre, dans une assemblée tenue sous la présidence du comte de Saint-Pol, on jura de « résister de corps et de toute puissancç aux damnables propos et entreprinses des crimineurs sedicieux et infracteurs de la paix et -union de ce Royaulme, conspirateurs, coupables et consentans de la mort et homicide de feu le duc de Boui^ongne , et poursuir de tout leur povoir la vengence etreparacion d'icelle, de vivre et mourir avec ledit de Saint-Pol en l'assistance et poursuite dessus dicte *. » Copie de ce serment fut envoyée dans tout le Royaume. On commença aussitôt à sévir contre les Dauphinois : des femmes mêmes furent emprisonnées ; les exécutions judiciaires suivirent* de près. L'autorité bourguignonne avait fait reprendre officiellement la croix de Saint-André et défendu aux gens de guerre, sous peine de mort, de suivre le parti du Dauphin : cinq arbalétriers espagnols ayant, peu de temps après, enfreint cette défense, furent exécutés à Saint-Denis*.
1. Nouvelle relation inédite , p. 7. « Par quoy, ajoute la Relation, rinvenlorieur n'en peut veoir nulles lettres préjudisiables au duc Jehan. > — La Relation ne manque pas de prétendre qu'ils ne savaient pas que le duc AH mort; mais s'ils n'avaient su à quoi s'en tenir à cet ^«ard, auraient-ils agi de la sorte et avec une telle précipitation? Vinventorietir envoyé par le Dauphin était un de ses écuyers d'écurie , Antoine de Varennes.