‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 174 sur 362 · Voir ChasteUain, t. I, p. il · texte numérisé non relu

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traictiez qu'ils avoieint ensemble et qui à l'eure de son irespas encores duroient, s'alia et print nouveaux seremens des gens de Paris, à Saint-Denis et au Bois de Vincennes, en leur faisant promettre de non laissier entrer nous ne les nostres, à quelconques puissance ne en armes en ladicte ville, et fist empeschier les passages et ouverture des forteresses à çeuls que avyons envolez pour soy tirer en la frontière desdiz ennemis, sans leur faire aucune guerre comme promis avoit. Et neantmoins sommes retournés pour de rechief convenir avecques lui en la manière accordée, esperans que, en ladite convencion, quant bien lui aurions remonstré conmie ses dictes promesses il n'avoit pas entretenues, il feroit reparer ce que auroit esté fait au contraire, et s'aquicteroit loyaument au bien de ladicte paix et de ceste seigneurie. - Et combien que nous feussions advertis de plusieurs pars, ce que maintenant avons bien connu par FeiTect et en sommes acertenez par gens qui bien ont sceu la conduicte de ceste chose, que il avoit conclus en son couraige et apoinctié et mis peine de induire plusieurs chevallie](«, seigneurs et autres de ce Royaume, tant de nostre hostel que autres, que il avoit attrais à sa part, de prendre nostre personne pour en faire à son plaisir, neantmoins avons nous attendu sa venue dixhuit jours au lieu de Monstereau, et lui fait délivrer le chastel de ladicte ville, en nous deslojant, pensant que, quant il verroit nostre bonne entenclon et que nous lui auryons remonstré ces choses, il se demouveroit de son propos, et conlinueroit en ladicte paix et amittié. Et ainsi le cuidasmes faire à l'eure que nous covenismes avec lui, et lui remonstramesamiablement, ainsi que il appartenoit, les faulles et choses devant dictes. Mais nous le trouvasmes en tel egreur que bien apparut qu'il avait en son cuer ladicte enl^ncion de nous prendre. Et, pour la mettre à effect, lira le sire de Novailles, eslant en sa compaignie, son espée, et lui s'efforça de attempter à nostre personne. Laquelle chose voyans, plusieurs noz serviteurs qui là estoient, advertis de sa dicte voulenté, et ayans en mémoire les faiz passez advenus tant en la personne de feux beaux oncles d'Orléans que autres, doubtans le semblable au regart de nous, s'esmeurent, en tant que noise se sourdi par entre noz gens et les siens. En laquelle noise et conflit il demoura mort sur la place, par son oultraigc et de son entreprise.

Et pour ce que bien savons que nature et la condition du cas, ainsi par son fait mesmes et par oultraige à lui advenu, vou§ induiront à estre de ce piteux, dolent et desplaisant, envoyons

et escripvons présentement devers vous, vous, priant très acertes que, selon vostre bon sens et discreccion, vuéillez vous donner en ce bon confort, et prendre en patience ledit cas ainsi advenu, sans en rien vous en esmouvoir pour quelzconques induccions qui vous soient faictes par plusieurs qui ont esté causes et induict vostre dit père de faire plusieurs choses dont tant de inconveniens sont advenus, et à lui finablement en est mal pris. Et quant à nous, nous vous amerons, chierirons, aiderons et conforterons comme nostre frère, non obstant les choses devant dictes et autres passées, et entretendrons envers vous ladicte paix, de point en point, et vers tous autres, icelle n^esme paix et la generalle abolicion par nous acordés, et vous garderons vos droiz et prérogatives, et pensés que en ce faisant nous délaissons et oublions plusieurs choses qui assez nous pourroient mouvoir et plusieurs autres semblablement, non sans cause, et ne peut pas estre sans grant desplaisance de nostre" cuer Tentreprise ainsi faîcte contre nostre personne, avec les autres choses passées par lesquelles vous povez savoir comme plusieurs du sang de Monseigneur, par le fait de vostre dit père, ont eu semblable douleur à la vostre ; laquelle leur a convenu prendre en gré, et après plusieurs essais de guerre, pertes et perilz, quérir la paix, comme sur toutes ces choses avons plus à plain chargié nostre très chier et amé cousin le conte d'Aumalle parler à vous, et vous dire et declairer -la vérité de ces choses, comme nous mesmes. Très chier et très amé frère, Nostre Seigneur soit garde de vous. Escript à Nemours *, le xv^ jour de septembre.

CHARLES

Alain ^.

Le Dauphin écrivit dans les mêmes termes à sa sœur Michelle, femme du jeune duc. *

Dans sa lettre à Philippe, il annonçait, on Ta vu, l'envoi d'un ambassadeur: cet ambassadeur était Jean d'Harcourt, comte d'Aumale, le futur vainqueur de la Gravelle, celui qu'on surnomma le mal des Anglais, et qui périt glorieusement à la bataille de Yerneuil, à l'âge de vingt-huit ans ^. Le comte d'Au-

1 . On a rempli le blanc du lieu; le mot Nemours est de la même encre et peut-être de la mime écriture que la signature du Dauphin.

2. Original sur papier. Trace de cachet. Moreau, 1425, pièce 84. On lit sur le dos de la lettre : Le Daulphin, Lettres envolées par le conte dAubmalle.

3. Vallet de Viiiville, art. âumale, dans la Nouvelle biographie générale.

maie était porteur d'instructions étendues, dont Toriginàl nous a été conservé \ et qui contenaient un historique complet des négociations entre le Dauphin et le duc.

Ainsi, par Tinitiative du Dauphin, des pourparlers étaient entamés avec le nouveau duc de Bourgogne, et la déclaration qu'il lui faisait faire de vouloir « tenir la pais jurée, promise et publiée , et la garder vers mon dit seigneur son frère et les siens , et vers tous , et entretenir Tabolicion générale par lui accordée par tout ce royaume*, » il l'avait immédiateament rendue publique, et envoyée dans tout le Royaume.

Tandis que le Dauphin agissait de la sorte , que se passait-il dans les rangs du parti bourguignon ?

Aussitôt après l'événement, le seigneur de Montagu, l'un des clievaliers désignés pour accompagner le feu duc, qui, arrivé trop tard, était resté au deniers', fit partir* des messagers pour porter la nouvelle à la Reine à Troyes, à la duchesse de Bourgogne à Dijon, au comte de 'Charolais à Gand, au comte de Saint-Pol à Paris, enfin à plusieurs villes. La lettre adressée à la Reine portait que le duc, blessé grièvement, était prisonnier du Dauphin'; les autres lettres annonçaient que le duc avait été traîtreusement assassiné. Puis, de concert avec Guy de la Trémoille , seigneur de Jonvelle , que Jean sans Peur avait préposé à la garde du château, Montagu s'occupa de faire disparaître les papiers qui pouvaient être compromettants pour son maître; les deux chevaliers se firent apporter certain coffre plat dont le duc ne se séparait jamais, et qui contenait ses

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