‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 177 sur 362 · Religieux , t. VI , p · texte numérisé non relu

Religieux , t. VI , p

2. Allusion aux conventions secrètes faites avant les conférences de Meulan. Voir plus loin, ciiapitre viii.

3. Dans les lettres du 1 1 septembre, adiessëes à la veuve du duc et à son fils, Charles VI, sous la dictée d*Isabeau , parlait du « grant vouloir que nostre dit cousin a tousjours eu à la conservacion de nous et de nostre royaume , et au reboutement des Anghi* no% anciens ennemis et adversaires » (Original, Moreau, 1425, pièce 83, et La Barre , t. 1, p. 276). On voit quelle était la sincérité de cette déclaration.

hault et excellent piince, desirons très ardamment vous communiquier, afin que vostre haul té excellence, que autres fois avons trouvée plaine de foy et de vérité, soit des choses advenues au vray informée , et que clerement congneissiez par quelles gens la paix a esté perturbée de tous costez, et aussi que, comme prince et roy catholique, prouchain parent de mondit seigneur, vous emploiez au bien de justice et utilité de là crestienté.

Très haull et excellent prince nostre cousin, vous estes assez r^cors comme aultre fois à Pontoise signifiammez à voa solennes ambassateurs, lors estant par devers nous, la paix nouvellement jurée entre nostre dit fîlz et nostre dit cousin de Bourgongne, et comment nous requérions im mois de delay, pendant lequel nostre dit filz avoit promis et juré venir devers mondit seigneur et nous, car lui venu, nous avions entencion de parfaire ce qui estoit encommancié entre mondit seigneur et vous, par quoi nous espérions paix générale eàtre ferme et estable entre les royaumes de France et d'Angleterre, et mesmement entre les subgieîs de ce royaume. Et combien que les offres que lors faisiez nous fussent aôsez agréables, toutes voies à les accepter et conclure avec vous y avoit grant difficulté, car pour lors chascun conseilloit que on attendist nostre dit fîlz, et se nous et nostre dit cousin les eussions acceptéez et conclûtes, tou^ barons, chevalliers et' les cités et bonnes Tilles de mondit seigneur nous eussent abandonnez et laissiez et soy joings avec nostre dit filz, dont plus grant guerre fust venue, se sembloit, que par avant le traictié ainsi laissié, fu mise toute diligence par nostre dit cousin à ce que nostre dit filz venist par devers nous, comme il avoit promis, de quoi il a esté délayant, disant tousjours qufe premièrement vouloit parler à nostre dii cousin de Bourgongne. Et après pluseurs ambassates envoiéez devers nostre dit filz, fut promise journée pour convenir ensemble ou dymenche x*^ jour de septembre derrain passé , èur le pont de Montereau ou fault Yonne ; et ja soit ce que nosdiz filz et cousin et tous les chevalliers de leur compaignie eussent juré sur la vraie croix et sainctes evaûgilles de Dieu et se fussent soubzmis à toutes sentences du saint-siège de Rome et de l'Eglise, et aultrement, de tenir Tamour, paix et concorde qui autres fois à Gorbueil avoit esté jurée entre eulz sans fraude ou mal engin, ainsi que par les lettres signéez et seelléez des mains et seaulx de nostre dit filz et de ses chevalliers et clers, que avons par devers nous, appert bien clerement, toutes voies nostre dit cousin qui, lui xi** seulement,

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estoit aie au lieu de la convencion devers nostre dit filz, en granl confiance des sermens dessusdis, qui à icelle heure meisme furent renouveliez, en confiance aussi que nostre dit filz'ne fut semblablement que lui xi^, ainsi que promis et accordé avoit esté, aprez ce que nostre dit cousin lui ot faicte doulce et humble révérence et offert corps, chevance et amis, saillirent d'une embusche secrète qui estoit faicte en une chambre pluseurs hommes armez, et incontinent tous ensemble ferirent soudainement de haches sur nostre dit cousin, qui estoit à genoulx devant nostre dit filz, et là le murdrirent inhumainement contre Dieu, justice, raison, foy et loy, et de f^t prindrent les chevalliers qui Tavoient accompaignié en celle dolereuse convencion, c'est assavoir nostre très chier et très amé cousin Charles de Bourbon, le seigneur de Kovailles, qui est navré à mort comme l'en dit, le frère* au comte de Fribourch, le seigneur de Saint George, messire Anthoine de Vergy, le seigneur d'Autrey, messire Charles de Lens, messire Guy de de Ponlajier et aultres, et avec ce tous les biens et joyaulx que nostre dit cousin avoit menez au lieu de la convencion, ont phns et osté de ceulz qui les avoient en garde, iceulx appliquiez à leur proffit. Et cest horrible et détestable cas, très hault et excellent prince nostre cousin, mondit seigneur et nous avons entencion de signifier à nostre saint père le pape, à l'empereur et aux aultres roy s catholiques qui, comme nous tenons, prendront pour la grant enormité dudit cas grant desplaisance, et doueront assistence à mondit seigneur et à beau filz de Bourgongne qui est à présent, pour aidier à veugier la desraisonnable et cruelle mort de nostre dit cousin, et ad ce faire trouvons desja enclins tous les loyaulx barons, citez et bonnes villes de par deçà: Mais pour ce que tousjours sommes desirans d'avoir paix, amour et concorde avec vous, et de faire icelle au bien et honneur de mondit seigneur et de vous, et des deux royammes, nous vous prions et requérons très instamment, pour la révérence et amour du prince de paix Nostre Sauveur, et pour aidier à vengicr la doulereuse mort de nostre dit cousin, laquelle chose mondit seigneur et nous desirons faire sur toutes choses, eue paix avec vous, que pour cause des delays ja passez ne soiez aucunement refroidiez d'entendre à ladicte paix ; et pour entièrement et franchement besoingnier avec nous sur la conclusion et perfection d'icelle, sans faire long séjour, dissimulacion ou subterfuge, vous plaise envoler par deçà, parle porteur de cestes, sauf conduit pour quatre ou cinq personnes, de quelque

estât ou condicion qu'elles soient, et pour x^eulx de leur compaignie jusques au nombre de quarante personnes et quarante chevaulx, el nous vous affermons que vous trouverez Monseigneur et nous et ceulx de son sang et lignaige, et aultres grans et lôyaulx barons et notables gens de cest royamme, très disposez en cest tesongne, en telle manière que appercevrez la grant affection que mondit seigneur, nous, plusieurs ducs, contes, barons, nobles, bonnes villes et citez de ce royamme avons au bien de paix et amoureuse concorde qu'il redondera au bien de toute la crestienté. Très bault et excellent prince nostre cousin, nous prions à Nostre Seigneur qu'il vous ait en sa sainte garde et doint bonne vie et longue, au bien et fruit de paix et vraie concorde.

Escript à Troyes, le xx^ jour de septembre. Et afin que de nostre volenté soiez mieulx informez, nous avons signé ces présentes de nostre main, en graùt confiance de vostre bonne volenté, laquelle nous avons aultres fois congneue, tant par vostre propre boucbe comme aultrement.

Depuis que ces présentes furent escriptes, nouvelles certaines nous sont venues que le sire de Novailles est mort, à l'occasion de ladicte trayson.

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