Lettres du 17 mai
son entrée solennelle au Puy le 14 mai : il avait une grande dévotion à la Sainte Vierge, eï il venait remercier Notre-Dame du Puy du succès de ses armes. Il assista le 15, fevêtu do surplis et de Taumusse, aux premières vêpres de l'Ascension, et se fit recevoir chanoine ; le lendemain, il communia à la grand'messe solennelle, célébrée par Tévêque du Puy, et arma ensuite chevalier Bernard d'Armagnac et plusieurs seigneurs *. Le 22 mai, il était à Clermont, où il passa six jours; le 8 juin, il faisait son entrée à Poitiers.
Si d'un èôté la situation du Régent s'était améliorée, par la pleine et entière soumission des populations méridionales qui devaient lui demeurer à jamais fidèles, d'un autre côté elle s'était aggravée, par les progrès incessants de l'ennemi et par la conclusion (21 mai 1420) du pacte qui livrait la France au roi d^Angleterre. En outre, le duc de Bretagne, qui jusqu'alors gardait une neutralité plutôt bienveillante et laissait ses sujets servir la cause dauphinoise, avait conclu un traité avec le duc de Bourgogne * et poursuivi ses négociations avec les Anglais '. Enfin un acte d'agression dont ij venait d'être victime, allait le jeter plus encore dans le parti ennemi. Nous devons nous arrêter un instant sur cet épisode, car il a fourni la matière d'une grave accusation contre le Dauphin.
Le 13 février 1420 *, le duc de Bretagne, cédant aux instances réitérées de son cousin Olivier de Blois, comte de Penthièvre, s'était mis en route pour le château de Chenonceaux, occupé par Marguerite de Clisson, mère du comte, où l'attendaient de belles dames et de joyeux ébattements. Il chevauchait en compagnie d'Olivier quand tout à coup, au sortir d'un pont