Compte de Jean Mauléon, dans D. Morice, t. II, col
3. La duchesse , aussitôt après la réception de Tambassade du Dauphin , envoya à son frère Tévéque de Dol, Henri du Parc et François de Lospital. Lettre citée, du 9 juillet
A. Voir la lettre de la duchesse au roi d'Angleterre, en date du 5 avril U20. Rymer, l. c, p. 163.
5. Le Religieux raconte que le Dauphin envoyait meissages sur messages au comte de Penthièvre pour se faire livrer le duc, et que le comte refusa, de crainte qu'on ne le fit périr : ne ipsum vita privaret ! Cet auteur demande à être ici sévèrement contrôlé : il charge le Dauphin pour blanchir le comte de Penthièvre. — Notons que le comte fîit, à partir de ce moment, en disgrâce à la cour du Dauphin , et qn'il passa ensuite dans les rangs du parti bourguignon.
rapprochant de son beau-frère, lui promit d'éloigner du Conseil ceux qui lui avaient été désignés comme fauteurs de Tattentat, à savoir : le Président Louvet , le bâtard d'Orléans, Guillaume d'Avaugour et Pierre Frotier. Dans cette circonstance, comme dans beaucoup d'autres de la période qui va suivre, le Dauphin paraît avoir cédé à des influences funestes, auxquelles il était trop accessible, et qu'il subissait parfois avec une regrettable facilité.
On avait pu remarquer, en effet, après le meurtre de Montereau, un changement dans l'entourage du prince : par lettres du 20 septembre 1419, Hugues de Noé avait été déchargé de son office de grand-maître de l'écurie et remplacé par Pierre Frotier ^ Le 29 septembre suivant, par lettres rédigées dans un style emphatique, où la louange s*élevait jusqu'à l'hyperbole, Charles donnait au Président Louvet divers châteaux et châtellenies en Dauphiné, faisant partie de son domaine *. Ces deux personnages ne devaient pas tarder à avoir dans le Conseil une influence prépondérante , qui se substituait d'une façon déplorable à l'ascendknt exercé jusque-là par le chancelier Robert le Maçon et'le premier chambellan Barbazan.
Au lendemain de son voyage du Midi, malgré les succès qu'il avait obtenus, le Dauphin se trouvait en présence d'une situation très grave. Comme le remarque un auteur bourguignon, c'était assurément pour lui « occasion assez de mérancolie et matière de grant souci » de se voir « delinqui (abandonné) de son père , désavoué comme bastard , » et de savoir comment il pourrait résister a à un si grant et si espouvantable effort commun de deux princes qu'il avoit contre luy *. » C'est la remarque d'un auteur bourguignon, qui ajoute : « Véoit le duc bourguignon son beau-frère estre en grant effort et puissant devers le Roy *, et que par luy et à son appétit toutes les choses de ce
1. Le P. Anselme, Histoire généalogique, t. VI, p. iSO; l. VIII, p. 472.