Ordonnances f t. XI, p
2. 11 avait été retenu avec 3,000 hommes d'armes et 1,500 hommes de trait. Claii:ambault, 96, p. 7495.
ment nostre confience, et se riens y survient de nouvel, le nous faites hastivement savoir, pour y donner la provision et remède nécessaires. Nostre Seigneur soit garde de vous. Escript à Amboise le vi® jour de septembre.
CHARLES
PiGART * .
Le Dauphin quitta Amboise le 24 septembre ', et alla se fixer à Bourges. Jusque-là, il n'avait guère fait que passer dans cette ville '. Il devait désormais y faire de longs séjours et justifier ainsi ce surnom de Roi de Bourges que ses ennemis lui donnèrent. Il habitait le palais qu*on appela bientôt le Logis du Roi, et qui avait — comme le château de Mehun-sur-Yèvre, — été construit par son grand oncle le duc de Berry. Ce palais était en même temps une forteresse : élevé sur le bord de Tenceinte gallo-romaine, il dominait toute la campagne, et, du côté de la ville, il était protégé par des retranchements qui le mettaient à Tabri d'un coup de main, La grande salle du palais est célèbre dans rhistoif e de Bourges, non moins que la magnifique Sainte- Chapelle , attenante au palais , que le vieux duc avait fait construire, et dont il ne reste plus aujourd'hui le moindre vestige *.
Dans des lettres du 26 novembre 1421, 'où il ordonnait d'engager ou de vendre , pour faire finances , des terres de son domaine, Charles annonçait l'intention de « résister, en la saison nouvelle, à toute puissance, à la damnable et mauvaise voulenté et entreprinse des Anglois, » et d'employer la plus grande partie de ses finances et ses joyaux même au paiement des gens d'armes, afin de protéger la « seigneurie du royaume, laquelle, disait-il , nous avons tousjours gardée et deflfendue, garderons et deffenderons à ilotre pouvoir*. » Constatons qu'à la Gourde
i. Original , Archives de Lyon, AA 22, f. 12.
2. On livra, en ce hiois, a plusieurs parties d'appothicairerie » pour la personne du Dauphin. Peut-être , lui aussi, dprouva-t-il quelque influence de l'épidémie régnante. Archives, KK 50, f. 29.
3. Itinéraire, séjours à ÏJourges : 13-16 juin 1418, 4-12 février Ui9, 2i-28 octobre Ui9. Le plus long séjour avait été avant le départ pour le Midi, du 16 novembre au iO décembre U19, et du 14 décembre au 21.
4: Raynal, Histoire du Berry, t. H, p. 409 , 411 , 446 et suiv. "5. Ordonnances, t. XI, p. 141.
Bourges on faisait encore preuve d'une prodigalité qui contrastait d'une façon déplorable avec la pénurie des finances. En octobre, le Dauphin se fait faire une épée de parement, dite épée de Turquie * ; eix novembre , il donne un mandemejit de 40,000 livres (en faible monnaie, il est vrai) pour l'acquisition de plusieurs chevaux * ; en décembre , il commande une robe de drap noir, sur les manches de laquelle furent employés seize marcs d'argent doré <* ouvrés en manière de grandes pièces pendans a deux chaynons, et en plusieurs autres manières, l'une partie doré et l'autre blanc. » L'épée fut payée (en fgiible monnaie) la somme de 3,300 livres, et la garniture de la robe 2,000 livres '. A quelle occasion se faisait cette dépense? On célébrait les noces de Guillaume Rogre, l'un des échansons du»prince ^. Le 1°^ novembre, on achète six selles à 200 livres pièce*. En décembre on remet les chafiots en état. • Le Dauphin s'apprêtait à partir pour le Limousin : son absence dura du 23 décembre au 30 janvier. Nous n'avons, relativement à ce voyage, que les étapes du cortège, fournies par les comptes du temps'', et un renseignement tiré des chroniques de Limoges : Charles fit son entrée dans cette ville le 20 janvier ; il fut reçu avec grand honneur et s'avança sous un dais porté par six consuls. Après s'être informé de la résistance que faisaient les bourgeois aux Anglais, voulant accroître leur courage et les engager à rester fidèles à la couronne, il leur donna le privilège d'ajouter aux armoiries de la ville une bande d'azur à trois fleurs de lis d'or; il accorda aussi d'importants privilèges aux consuls, et l'on ajoute qu'il leur enjoignit de faire changer la coiffure des femmes, lesquelles avaient conservée fidèlement la coiffe