‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 205 sur 362 · Lettre du 9 juillet 1421. Archives de Lyon · texte numérisé non relu

Lettre du 9 juillet 1421. Archives de Lyon

230 iiiSTOm?: de charleê vu. 1421

plausibles d'ailleurs — car semblable épidémie éclata peu après ■ lqs l'armée de Henri V — qui aont mis en avant, on sent un rtain embarras, et, tranchons le mot, quelque pusillanimité ' : IU8 approchons du moment où les conseillers du trône vont signer systématiquement leur maître du théâtre de la lutte *, où le jeune prince, renonçant à cette initiaUve dont il a rnné plus d'une preuve , se résignera trop facilement à un rtle issif.

Cette expédition de 1421 , la dernière à laquelle Charles prit irt jusqu'à la campagne du Sacre, en 1429, trace dans sa vie mme une ligne de démarcation, 11 semble s'opérer chez lui le de ces transformations dont sa longue carrière offre plus LiD exemple. Au lieu de se mêler aux choses et aux hommes, : se mettre à la tête de ses troupes, de se montrer au peuple, va s'enfermer dans ces retraites impénétrables pour ses ijets — comme le lui reprochera plus tard, avec une cougeuse franchise , un de ses conseillers — et plus impéné- Eibles encore pour l'histoire. Désormais il n'apparaîtra à nos lUX qu'à de rares intervalles, et nous ne le verrons plus acimplissant avec une persévérante énergie son métier de Roi. Le S août, en l'absence du Dauphin, qui était au cb&teau de linon, fut tenu à Blois un grand conseil, où se trouvèrent, imme chefs militaires, le connétable de Buchan , les marélaux de la Fayette et de Séverac , le maître des arbalétriers )rcy, Tanguy du Chastel , le vicomte de Narbonne et le sire I Treignac *, et comme membres du Conseil royal, le chance- ;r Le Maçon et Begnault de Chartres , archevêque de Reims. 3n de pourvoir à la résistance contre le roi d'Angleterre, qui

I. Blonde] dit rormelIeiiieTit qu'on n'osa alfhinter te choc des Anglais : ■ Sed «Tentum li adversum et inclementisslmum luuni furorem vorenles, publlcam cerlaaieD offerro 1 audenl. t Blondel, De RtducHo Normamiat. M. Stevenson, p, 179-80. Cf. leitre Henri V i la conunuiie de Londres, en date du 1! juillet, publiée par Delpit, i)oc«nit francait qui le trouvent m Angltlerre , 1. I , p. Î31 .

!. a Le tiroienl tousjours arrière de ses ennemis le plus qu'ili povoient. » Pierre de [lin, p. 195 (année U«i).

1. N'ou> pensons que t'est lui qui est dMgoé , dans la copie foultve de l'acte du 5 août, e le nom de sire de Crapiia.— C'est par ert^itr que H. Vallet de ViriTllle Induit vota I, p. 31J), par l'évéqne de Qermoal, qui ne deviol chancelier que le 3 Tévrier Uîi, |ui l'tail olon devant Béùen. en la compagnie de Charles de Bourbon (OrdoDs., t. XI, 13!). Vous, t'est encore ici le chancelier du Dauphin, Robert le Maton.

faisait alors le siège de Dreux , pn appela aux armes tous les nobles du royaume, çt on les convoqua à Vendôme, où ils devaient se trouver le 25 août, sous peine d'encourir confiscation de corps et de biens, et d'être déclarés fai;teurs des ennemis. On faisait appel en même temps aux milices des . bonnes villes \

A la suite de ce conseil , le Dauphin quitta Ghinon pour se rendre à Loches , et de là à Amboise ; mais il ne prit aucune part aux opérations militaires entamées contre le roi d'Angleterre, opérations que nous trouvons relatées en ces termes dans une lettre qu'il adressa le 6 septembre aux habitants de Lyon :

A nos chiera et bien amez les consulz, bourgois et habitans de la bonne

ville et cité de Lyon.

De par le Régent Dauphin.

Ghiers et bien amez, pour ce que bien savons qu'estes en conti-' uuel désir de savoir au vray de noz nouvelles et affaires de pardeça, et que bonne resistence et provision soit mise aux emprises des Angloisnoz anciens ennemis, vous faisons savoir que, puis aucuns jours en ça, beaux cousins le conte de Boucquen, connestable de France, Richart de Bretaigne», et nos autres chiefz et gens, qui de présent sont en très grant nombre et puissance, ont esté par deux jours entiers sur les champs à v ou vi lieues seulement desdiz ennemis, en les attendant, tous prestz et disposez, se venuz feussent, de les combatre; mais iceulx ennemis ont prins autre ' chemin, et se sont tirez vers Baugency et Meung-sur-Loire; et pour ce nos dictes gens vont après, en faisant leur poursuite, et les ont jà fort approuchez. Par quoy , à Taide de Nostre Seigneur, avons espérance d*en oir.en bhef bonnes nouvelles, et que nos dictes gens se y gouverneront si prudemment et si vaillamment que ce sera à leur honneur et à nostre prouffil. Et si tost que aucune chose ^de bien y survendra, nous la vous signifierons. Si vueillez tousjours soigneusement entendre au bon gouvernement de la ville et cité de Lyon, ainsi qu'en avons en vous singulière-

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