‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 21 sur 362 · Édition de M. Vallet, t. I, notice , p. xxx · texte numérisé non relu

Édition de M. Vallet, t. I, notice , p. xxx

6. Voir sur Jean Chai'tier, Les Chartier, etc., p. 20-26-et p. 38-42; M. Vallet, notice, /. c; Quidierat, Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, t. IV,

7. Sa famille ^tait sans doute d'Auvei^ne; il s'intitule dans son livre : Martial de Paris, dit d'Auvergne.

INTRODUCTION^ LUI

manuscyrit original , dédié au jeune roi Charles VIII, est conservé à la Bibliothèque nationale et porte la date de 1484 *. Les Vigilles de Charles VII furent aussitôt très répandues, et ne- tardèrent pajs à- avoir les honneurs de rimpression '. Très élogieuses pour le Roi dont elles racontaient les exploits, dont elles vantaient la clémence, la bonté, toutes les royales vertus, elles apparaissaient au moment où une réaction se manifestait en faveur de Charles VII, et où le mouvement de l'opinion, comprimé par la politique intéressée et tyrannique de Louis XI , éclatait avec une irrésistible puissance. Aussi l'œuvre de Martial d'Auvergne obtint-elle une immense popularité : un auteur du seizième siècle nous apprend que les Vigilles étaient répétées et chantées jusque dans les campagnes. Si Martial d'Auvergne n'a point prétendu faire un récit original, s'il s'est inspiré principalement du héraut Berry , dont il suit fidèlement la chronique^ il n'offre pas moins un témoignage personnel qui a surtout sa valeur quand il parle du caractère de Charles VII et qu'il constate les regrets unanimes causés par la mort de ce prince. Les Vùjiltes de Charles VII ont été l'objet d'une réimpression, faite en 1724 , par Coustelier, dans sa Collection des poètes français ',

Un chroniqueur dont l'œuvre est bien plus étendue et d'une toute autre importance que celle de Jean- Chartier, eut comme lui les honneurs de l'impression avant la fin du quinzième siècle : nous voulons parler du bourguignon Enguerrand de Monstrelet, né en 1390, mort en 1453. Sa chronique, qui commence en 1400 et s'étend jusqu'en 1444,

1. Ms. fr. 5054, un volume in-folio, magnifiquement enluminé et terminé par une miniature représentant Tauleur offrant son livre au roi.

â. La première édition que cite Brunet porte : « Imprimé à Paris par Jehan du Pré, demourant aux deux cynes le xviii Jour de may mil cccc iiir^ et xiii. » M. Vallet pense (art. Martial 6e Paris dans la Nouvelle Biographie générale) que l'édition sans date de Pierre le Caron, mentionnée en second lieu par Brunet, est la première : elle aurait donc paru au plus tard en 1492. II y a irne troisième édition, donnée par Robert Bouchier (après 1500), et plusieui"s autres des premières années du seizième siècle. Voir Manuel du Libraire, t. III, col. 1481-83.

3. Les Poésies de Martial de Paris , dit d'Auvergne , procureur an Parlement. Paris, de l'imprimerie d'iVntoine Urbain Coustelier, 1784, 2 vol. in-12. — L'ouvrage contient uniquementi/w Vigilles de Charles^VU.

LIV INTRODUCTION

ftit imprimée par Antoine Verard, qui en donna successivement deux éditions *. Réimprimée plusieurs fois au seizième siècle, avec des additions qui ne sont point à négliger % la Chronique de Mo^nstrelei a été publiée de nos jours, à deux reprises, par M. Buchon*, et M. Douët-d'Arcq en a donné, pour la Société de Thistoire de France, une édition * qui malheureusement laisse à désirer sous plus d'un rapport'. Monstrelet a été, au seizième siècle, la principale source qu'on possédât pour la période embrassée dans sa chronique, et c'est ainsi que, sur beaucoup de points — notamment pour le meurtre de Montereau — la version bourguignonne s'est emparée de l'histoire. En effet, si nous trouvons dans l'œuvre de Monstrelet un récit historique présenté avec clarté et avec méthode, des informations très sûres, nne certaine exactitude chronologique, et bon nombre de documents intercalés dans le texte ; si, comme on l'a dit, Monstrelet est un homme sincère, il est impossible de ne pas reconnaître, avec M. Quicherat, que « chez lui l'amour de la vérité ne fait taire ni l'intérêt ni la passion *. » Sujet des ducs de Bourgogne, attaché à la maison de Luxembourg, il est avant tout le panégj^riste

1. Le premier (le second et le tiers) volume de Enguerran de Monstrelet. En suyvant froissart nagtteres imprime a Paris Des croniques de France, d'Angleterre, Descoce, despaigne , de bretaigne , de gascogne De Flandres Et lieux circonvoisins: On lit à la fin : « Imprimez a paris pour Antboine verard libraire demeurant a Paris a petit pont » (s. d.), 3 tomes en 2 yoI. in-fol. (Bibl. nationale, La^^, n« 1). Voir la description de Brunet, Manuel du Libraire, t. m, col. 1831 et s.

2. Éditions de 1512, 1518, 1572, 1595 et enfin 1603. Voir Catalogue de VHistoire de France à la Bibliotb. nationale, t. I, p. 135, et Brunet, l. c.

3. Dans les tomes XXVI à XXXII de sa collection des Chroniques nationales franfaiw» (Paris, 1826, 7vol.in-8«), et dans le Pan//i«on littéraire (Paris, 1839, gr. in-8«).

i. La Chronique d' Enguerran de Monstrelet, en deux livres, avec pièces justificatives, liOO-liii, publiée pour la Société de Thistoire de France, par L. Douët^d'Arcq. Paris, 1857-62, 6 vol. gr. in-8«.

5. Les meilleurs manuscrits de Monstrelet sont les mss. fr. 268i (livre I) , 2681 et 82 (livres I et H). M. Douët-d'Arcq reproduit le ms. fr. 2683 , pour le livre I , et le texte de rédition Verard pour le second livre, qu^il a comparé avec le ms. 8346, dont la version picarde aurait juré avec le texte du l»"" livre. — Sur Monstrelet, voir outre la préface de M. Douët-d*Arcq , qui est par trop succinte (t. I, p. i-xxiit), le Mémoire de Dacicr, dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions, t. XLm, p. 535-62, et la notice de M. Vallet, dans le tome XXXVI de la Nouvelle Biographie générale.

Page 1