‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 213 sur 362 · Pierre de Fenin, p. 1% (ann£c Hit · texte numérisé non relu

Pierre de Fenin, p. 1% (ann£c Hit

gieux que nos rois, en dignes petits-fils de saint Louis, avaient coutume de remplir. Ne faut-il voir, dans ces pratiques de dévotion que nous révèlent les documents du temps, qu'une pure affaire de convenances et de décorum, une simple « tradition de famille et dynastique *? » Nous ne le pensons pas : fidèle aux enseignements de son vertueux confesseur Gérard Machet, Charles agissait dans une pensée de foi, et sa piété était sincère ^ Dès le 6 novembre 1418, nous le voyons revêtir à Loches le -surplis, la chape et Taumusse pour se faire recevoir abbé ', et, après avoir entendu la messe dans sa stalle, jurer d'observer les statuts du chapitre *. Le même jour, il ordonne de payer cinquante livres tournois à un religieux franciscain <c pour icelle emploier et convertir, lit-on dans les lettres données à cet effet, selon nostre devocion et entencion, au saint sépulcre où il va de présent, et ainsi et selon ce qu'il verra en sa conscience estre le mieulx emploie pour nous *. » En 1420, il se fait recevoir chanoine de Notre-Dame du Puy, assiste, revêtu du surplis et de raumilsse, aux premières vêpres de l'Ascension , et communie le lendemain à la grandmesse ^. Vers la même époque , il offre à l'église Notre-Dame de Boulogne « une grande image de vermeil doré, qui avait sur la tête une couronne enrichie de perles et de pierreries, et qui tenait une relique en sa main'. » Le 15 mars 1420, il fait remettre aux Cordelières de Sainte-Claire de Toulouse une

1 . ce Dans les hautes régions sociales auxquelles appartenait le Dauphin de France , la piété était particulièrement une tradition de famille et dynastique. L'observation des préceptes de la foi constituait, pour les princes, aux yeux des populations, non seulement un devoir, mais un titre de recommandation spéciale, etc. » Vallet de Virivillc, t. 1, p. 257.

2. « Mist son fait et son bon droit es mains de Dieu , lequel il servait cfiaque Jour moult dévotement, dit Jean Raoulet, t. 111 , p. 174. — « Dévot à Dieu, » dit Chastellain, t. 11, p. 179, en parlant de celte période de sa vie.

3. Charles, comme duc de Touraine, était chanoine-né de^la collégiale de Loches.

A. Extrait du Cartulaire de l'éghse collégiale de Loches, Collection de Dom Ilousseau, t. IX, n» 3829. Cf. Vallet, t. I, p.- 137 : « Charles, par la pente de sa nature, aussi bien que par habitude et par éducation , témoigna toujours un grand zèle pour ces prérogatives. »

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