‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 233 sur 362 · Voir p · texte numérisé non relu

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3. Voir Y Histoire de l'Église gallicane, t. XX, où le P. Berthier a fort bien résumé toute cette controverse, et Y Histoire du Concile de Constance, de Lenfant

î80 iiiyToiBE i>E nnAKLES vu. 1418

îcrfiiir à Constance, après son voya(îedel416, la prédominance ivait é.ié assupiÎP par lui à l'An^Ieterpe et à la Bourgogne, au lélrimi'nt de la France. LVlection de Martin V était en grande jartie l'œuvre de Sigismond : cela suftîsait pour la rendre suslecte au gouvernenK^nt français. Louis de Fiesque, cardinal du itrc de Saint-Adrien, fut cnvoyi^ à Paria avec mission df noifiop l'élection de Martin V. Des assemblées de prélats, de loetcurs de rUniveràilé et de membres du grand conseil eurent iiiu, du 28 février au 16 mars, « pour adviscr et conseiller le \oy comment et ]>ar qui^.Ue manière il dcvoit procéder à faire m pape Martin, que on disoit estre (jleu en concile gênerai lors isscmblé .'i Constîuice '. » Après de longs débals, où fut agitée lussi la qtiestion des Ubn'lH gallicanes, i\m passionnait alors li vivement les esprits, et sur laquelle nous reviendrons, on M>nvint des termes de la réponse qui serait faite à « messire jouis de Flisco. » Le Koi , disait-on dans cette réponse , a tonours désiré par dessus toutes choses de voir la paix rétablie lans l'Kglise, et o'a rien ('pargné pour y parvenir depuis le 'ommeucemcnt du schisme ; sou intention est « d'estre et deneurer vers l'Église de Rome en aussi grande révérence et aféction que ont esté jusques icy ses prédécesseurs et luy ; » il i appris avec joie l'élection du cardinal Colonna, o pour les ^ands biens que souvcntes fois a ouy dire de sa personne , et [ue la maison do la Colonne a le temps passé esté bienvueilante au Roy, à son royaume, et à' ses prédécesseurs Roys de France; » mais, pour Ir- moment, absorbé qu'il est par de [Tandes occupations et afl'aires. et considérant la grande part )ri3e à réleclion par le roi des Romains, — lequel a trahi la •"rance en s'alliant avec les Anglais et s'est déclaré son ennemi, ;t qui de plus a empêché, par les « oppressions » et « menaces « aites à ses ambassadeurs , que ceux-ci n'aient au conclave les )rérogatives et prééminences appartenant aux rois de France, — il veut attendre pour se prononcer qu'il ait acquis la certiude, par les rapports de ses ambassadeurs, revenant vers lui

1 Eitrail des Btgiilret du Parlement , dans les Preuva de» libtrta. de fÉgli»e lalliaine, t. 1, p. 136.

en toute franchise et liberté*, qu'il n'y a eu ni violence ni oppression de la part du roi des Romains ou d'autres, et que l'élection a été duement faite, en pleine liberté, cpnformément aux saints canons.

Il n'est pas douteux qu'on voulait , avant de se prononcer , que l'ordonnance sur le retour aux « anciennes franchises et libertés » eût été promulguée; car sans cela, disait-on, « ledit soy disant eleu en pape tireroit à luy , et hors de ce royaume et Dauphiné, grandes et excessives finances, desquelles il enrichiroit le Roy des Romains, adversaire du Roy, et lui en pourroit faire guerre'. » Ce fut seulement le 14 avril que, par ordonnance du Conseil, les bulles de Martin V, présentées par l'archevêque de Tours et Louis de Fiesque, furent reçues et ouvertes , et que Ton fit obédience au nouveau pape.

Celui-ci n'avait pas attendu que cette formalité fût remplie pour s'occuper de la pacification, qui était un de ses vœux les plus ardents. Par lettres du 5 des ides de février (9 février) , il donnait pouvoir au cardinal de Saluées pour se rendre en France et travailler, de concert avec le cardinal de Bar, à la paix entre les rois de France et d'Angleterre '. Le 8 des calendes de mars (22 février), il adressait un bref au duc de Bretagne pour l'exhorter à se porter comme médiateur*. Le 8 des ides de mars (8 mars), il donnait, dans les termes les plus bienveillants pour la France, des instructions spéciales à Jacques Gelu, archevêque de Tours", prélat qui avait joué un grand rôle à Constance. L'archevêque vint à Paris le 15 avril, et exposa , au nom du pape , sa créance au Conseil •.

Peu après (18 mars), Martin V désigna deux légats, auxquels

\. La situation des ambassadeui's français au concile était telle, en effet, quMls purent craindre, à un moment donné, de se voir l*objet des rancunes des Bourguipons. Après le concile, Gerson n'osa pas revenir en France et se retira en Bavière, d*où il se rendit à Lyon un peu plus tard. Hist, de VÉglise gëllicane, t. XX, p. 125. Cf. Œuvres de Gerson, t. I , p. 457.

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