Registres du Parlement, l. c, p
il donna ses pleins pouvoirs pour pacifier le différend entre les rois de France et d'Angleterre \ avec charge de comprendre le roi des Romains dans la paix qui serait conclue ■, et il écrivit même au duc de Glarence et au roi d'Angleterre en faveur de la paix '. Mais le choix des légats n'était pas heureux : Tun , le cardinal des Ursins , était connu pour son hostilité envers la France *; l'autre, le cardinal de Saint-Marc, Guillaume Fillastre, bien que Bourguignon de naissance, s'était aliéné les bonnes grâces du duc de Bourgogne ".
Les cardinaux légats, à leur arrivée en France, se mirent en rapport avec le roi d'Angleterre, qui envoya au cardinal de Saint-Marc le sauf-conduit demandé " ; ils commencèrent par se mêler aux négociations entamées entre la Cour et le duc de Bourgogne. Nous avons vu la part prise par eux aux conférences de La Tombe. L'événement survenu le 29 mai, en faisant passer le gouvernement aux mains du duc, vint compliquer singulièrement la situation et rendre plus difficile la mission des envoyés du Saint-Père.
La Cour et le duc de Bourgogne ne faisaient plus qu'un, mais le Dauphin, échappé comme par miracle, allait constituer im pouvoir nouveau, qui devait promptement rallier les forces vives de la monarchie. Gomment amener la conciliation entre le gouvernement du Dauphin et le gouvernement royal dirigé par Jean sans Peur? D'un autre çôlé, Jean sans Peur, qui ne s'était allié à Henri V que pour satisfaire ses desseins ambitieux, était arrivé à ses fins ; et si, comme duc de Bourgogne,
1. 18 mars (XV Kal. apr.). Pouvoir du Pape à ses légats les cardinaux des Ursins el de Saint-Marc. Ryiner, t. IV, pari, ui, p. il. Cf. liegeste de Martin V : Archives, LL**, f. 57.
2. Voir une lettre du 3 avril , adressée aux deux légats , relativement à Tattitude de Tempereur, qui se préparait à défier le roi de France. Rymer, t. IV, part. lu , p. 45.
3. Le 15 mars, Martin V écrivait au duc de Glarence, frère du roi, pour lui annoncer l'envoi de ses légats el Texhorter à travailler à la paix (Rymer, p. 48); le 17, veille du jour où il signait ses pouvoirs, il s'adressait à Henri V (Rymer, p. 41).