Voir Hist. de l'Église gallicane, t. XX, p
5. «c ... Audit cardinal de Sainl-March, lequel il (\e duc) savoit avoir esté et estre son adversaire et mortel anemy, et qui Favoit grevé en toutes places «t manières qu'il avoii peu. » Chron, anonyme, dans Monstrelet, t. VI, p. 251-52.
6. Lettre des cardinaux à Henri V, datée de Troyes, le 24 avril ; sauf-conduit du 14 mai, valable pour six mois, donné par le roi d'Angleterre. Rymer, l. c, p. 49 et 52.
il avait intérêt à ménager le roi d'Angleterre, il était obligé, comme chef du pquvoir, de le traiter en ennemi. Avec qui 'd'ailleurs entamer des nidations? Ne fallait-il pas, avant d'agir près de Henri V, amener un rapprochement entre le Dauphin et le duc?
C'est à ce but que les cardinaux légats s'attachèrent tout . d'abord; mais leurs eflTorts étant demeurés stériles ^, il leur restait peu de choses à faire du côté de Henri V^ Le cardinal des Ursins le trouva intraitable^. Le roi d'Angleterre était tellement enorgueilli par ses conquêtes, qu'il se refusa à accueillir toute proposition de paix.
Il lui en vint pourtant, et de la part même du prince qui venait de lever hardiment sa bannière pour défendre sa couronne contre les Anglais et contre les Bourguignons. Impuissant à co^lbattrc à la fois ces deux ennemis, peu confiant dans le succès des négociations entamées avec la Cour, ou plutôt avec le duc de Bourgogne, Charles voulut connaître les dispositions du roi d'Angleterre. Le 18 septembre, de Niort où il se trouvait, il envoya au duc de Glarence, qui tîommandait sur les frontières du Maine, un de ses maîtres d'hôtel, Guillaume des Baus, accompagné de Chalon, héraut du comte de Tonnerre *. Cette ouverliu*e fut accueillie par le duc, qui députa le messager à son frère. HeAri V consentit à entrer en négociations avec le Dauphin *. Après quelques pourparlers, il donna, en date du 14 octobre, des lettres de sauf-conduit pour six des conseillers du Dauphin, ainsi que pour un secrétaire de la reine de Sicile •.
*^ 1 . Voir ci-dessus, p. 107-108, ce que nous avons dit des négociations de septembre U18 entre le Oaupbin et la Cour.
2. Le 24 juin , le cardinal des Ursins était à Louvicrs près de Henri V, qui ce jour-là délivra à sa demande des lettres en faveur du cardinal de Saini-Marc. Rymer, /. c, p. 57. Cf. lettre de Henri V à la commune de Londres, en date du 21 juillet, dans Delpit, Collection générale de Documents français, etc., p. 222.
3. « Gertincavit eos intractabiles reperisse, » dit le Religieux, t. VI, p. 250.
4. Ordre de paiement du Dauphin en date du 18 septembre. Gairambault, vol. 27, p. 2001.
5. Sauf-conduit de Henri V pour Guillaume des Baus, en date du 3 octobre. Rymer, /. c, p. 66.
6. Il est à remarquer que, dans les lettres de sauf-conduit données le 14 octobre, Henri V, après avoir nommé les ambassadeurs que le Dauphin avait désignés, à savoir les archevêques de Tours et de Sens, le comte de Tonnerre, Rochefort, Torsay, Braquemont, Barbazan,
Et le 24 octobre des pouvoirs furent délivrés par lui à Tarohevêque de Canterbury, à Tévêque de Chichester, aux comtes de Warwick et de Salisbury , et à dix autres de ses conseillers, pour se réunir, en un lieu désigné, aux envoyés du Dauphin, et traiter de la conclusion d'un traité d'alliance entre lui et ce prince, et de son mariage avec Catherine de France *.
Quels étaient les motifs qui déterminaient le roi d'Angleterre et son conseil à accueillir avec tant d'empressement les ouvertures du Dauphin? Nous n'en sommes pas, à cet égard, réduits à des conjectures : les documents anglais vont nous permettre de sonder leur pensée intime*.
L'allié secret de Henri V, Jean sans Peur, étant parvenu au faîte de la puissance, il n'y avait plus à attendre de sacrifices de sa part; ses vœux une fois comblés, il était homme à faire bon marché des engagements contractés avec les Anglais. On n'avait jamais eu d'ailleurs grande confiance en sa parole'. Le Dauphin, au contraire, avait, en quelque sorte, à conquérir son trône. N'était-il pas possible, dans cette situation nouvelle, d'obtenir de lui des avantages analogues à ceux qu'on avait espéré tirer, en 1414 et en 1416, de Talliance boui^uignonne? Soit que Charles voulût simplement arrêter les progrès de l'invasion pour n'avoir qu'un ennemi à combattre, soit qu'il cherchât à obtenir du roi d'Angleterre une assistance
Beauvau, Louvet, Vaily et Villebresme, D*accorde le sauf-conduit qu*à six d^entre eux : an archevêque, un comte, deux chevaiiers, un clerc et un secrétaire {Lettrei des Rois, eUx, t. n, p. 3Î8). Ce sont eux que nous retrouverons tout à Pheure à Alençon. — Le même jour un sauf-conduit fut délivré à rarchevéque de Reims, le négociateur de mai U16 et de novembre 1417, qui pourtant ne devait pas prendre part aux e(Hiférences d*Âleiiçon. — Notons que d'autres saufs-conduits Airent délivrés à Tévéque d*Évreux, à Henri de Chaumont, archidiacre d*Évreux, et & un secrétaire de la Reine de Sicile, Guioi de Pressy (Rjmer, t. IV, part m, p. 66 et 67).