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Il avait épousé Marie de Bourgogne en mai

3. On voit par le Deuxième Compte de Jean Fraignot que le duc envoya à Amédée VllI les évéques de Langres et de Bayeux, avec mission de le requérir de se mettre en armes pour le service du Roi contre les Anglais. Extraits dans Collection de Bourgogne , vd. 63, f. il9 v<».

4. Des seigneurs savoisiens servaient en Bourgogne sous les ordres des lieutenants du duc. Voir Collection de Bourgogne, 57, f. 129 et 308.

5. Nous voyons la duchesse de Bourgogne s'informer près du duc de Savoie , à la fin d'octobre, si les ambassadeurs envoyés par lui au Dauphin étaient de retour, et quel avait été le résultat de leur ambassade, afin d'en informer son mari. Collection. de Bourgogne, 57, f. 307. — En février 1419, Guy de Bar et Jacques de Courtiambles furent envoyés de Provins par Jean sans Pem* au duc et à la duchesse de Savoie. Archives de la Côte-d'Or, B 1598, f. 188 v.

6. Cette ambassade est mentionnée dans le document cité dans la note suivante. — L'évêque de Sainfc-Papoul repassa par Lyon le 7 juin. Registres des délibérations, BB I, f. 79 v».

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314 HISTOIRE DE CHARLES Vil. 1419

en litige *. A ce moment Amédée, toujours prêt à intervenir

comme pacificateur, était en relations assidues avec le duc de

Bourgogne, et surtout avec la duchesse qui, chargée de la

' direction politique en Bourgogne , ne résidait pas loin de son

: beau-frère*. Le duc de Savoie avait des ambassadeurs à la

Cour de France', et ne fut point sans doute étranger au rapy^ ^ prochement opéré au mois de juillet 1419 entre le duc de

f Bourgogne et le Dauphin. Après le meurtre de Montereau,

^ cédant peut-être à des sollicitations de Charles * , il tenta de

] ramener le duc Philippe à des sentiments de conciliation , et

lui envoya un de ses chevaliers pour rengage? à traiter avec ; le Dauphin*. Mais il se refusa à faire le voyage de Lyon, où

celui-ci, se rendant en Languedoc, Tavait mandé par la lettre suivante, qui donnera une idée des relations établies entre rhéritier du trône et le chef d'une maison qui se trouvait encore , à l'égard de la Couronne , dans une sorte de dépendance.

A noslre très chier et très amé cousin le duc de Savoye,

De par le Regént, etc.

Très chier et très amé cousin, pour le désir que savons vous avoir de oir de nos nouvelles et estât , et pour le plaisir que aussy

1. Instructions de la Reine de Sicile à messire Louis de Montjoye, messire Antoine Vezon, messire Jehan Podaire et maître Pierre Franchome, envoyés au duc de Savoie, 14 mars lilO (Archives, i 291, n*» 15). Il y a plusieurs autres pièces relatives à cette négociation particulière , qui se termina par un accord ratifié par Yolande et son fils à Aii, le 26 octobre 1419 (id., ibid., n*» 16-21).

2. Le 25 mars 1419,*le duc de Savoie avait auprès de lui Jacques de'Gourtiambles, seigneur de Gommarieu , et Guy de Bar, qui revinrent à plusieurs reprises à sa Cour. Collection de Bourgogne, 57, f. 309; Archives de la Céte-d'Or, B 1602, f. 181 v et 191 v. — Le 3 novembre, Jean d^Occors, dit Mocorsquin, et Le Moine de Neuville» Tun et Tautre chambellans du duc de Bourgogne, recevaient 140 fr. pour avoir été en ambassade près d' Amédée (Archives de la Diana ; communication du comte de Pondns , président de U Diana). La duchesse de Bourgogne était sans cesse en correspondance avec le duc et la duchesse de Savoie (Collection de Bourgogne, 57, f. 127, 131, 209, etc., et D. Plancher, t. III, p. 509). '

3. Ces ambassadeurs séjournèrent à Provins du 30 avril au 8 mai. D. Plancher, Histoire de Bourgogne, t. 111, p. 509.

4. L*évéque de Saint-Papoul fut renvoyé à ce moment à la Cour de Savoie. Il partit de Francft le 30 septembre, et était encore près du duc dans les premiers jours de novembre. Archives de Lyon, AA 22, f. 16; BB I. f. 90.

5. Le duc reçut à Châlons-sur-Marne, entre le 10 et le 21 mars 1420, Philibert Andrenet, ambassadeur d'Amédée Vm, venu dans ce but. La Barre, t. I, p. 234.

prenons de oir des vostres, escrivona de présent par devers vous, en vous sigoifiant, très cbier et très amé cousin, que graco k Dieu, nous sommes sain et eu bon point de noatre personne , qui ce tout temps vous oclroil. Et, en entretenant nostre voyage vers le pays de Lyoanois dont autrerois vous avons escript, sommes naga partis de nostre ville de Bourges, et veuuz jusqu'en ce paya Bourbonnois ; et pour ce que , au plaisir de Dieu , entendons e en la ville de Lyon dedans lexv» jour de janvier prouchain ven; et que à ce jour mandons ilec venir par devers nous tels et te et autres seigneurs de san^ et lignage de Monseigneur et nos pour avoir conseil et avis sur les grana affaires de ce Royaume mesmemeut sur ce qui est à faire pour la conservacion de c seigneurie et le reboul«ment des Ânglois anciens eune d'icelle, en quoy sommes du tout délibéré d'exposer nostre prt personne en la saison nouvelle, soit par bataille à journées arres ou autrement, ainsy que serons conseillez de faire , nous qui , ei et en toutes autres choses qui si avant toucheroient le bien mon dit seigneur et de nous, vouldrions user de vostre bon con etadvis et aide, et que de vous, entre tous autres si prouchaiui mon dit seigneur comme vous estes, avons tousjours eu et av très parfaicte et spéciale confiance, vous prions, très cliier et amé cousin, sur tout le plaisir et service que jamais faire n desirez, et sur tant que vous aimez le bien et conservacion de C' seigneurie, que incontinent ces lettres veues, vous vous vuell disposer et appareiller pour venir devers nous et estre au dit de Lyon dedans ledit terme ou le plus tost après, et au moin: delay que bonnement pourrez, car, pour le grant charge de g que nous menons, n'y pourrions pas longuement arrester ne journer. Kl eu ce faisant, de quoy ne créons pas que à tel bes( nous doyez faillir, nous ferez ung très agréable plaisir. El pa message que pour ce envoyons en haste devers vous, vous veui. sur ce rescrire vostre enteociouet voulenté, ensemble de vostrt estât, et autres nouvelles, car d'en oir en bien nous sera m graut plaisir.

Très chier et très amé cousin, Nostre Seigneur vous ayt ei sainte garde.

Escript à Moulins, le xxviii" jour de décembre *.

i. Sic, dans la copie snr laquelle dods faisons cette Iranscriplios. 3. Ccqiie moderne , ms. It. douv. acq, 1001 . t. 13. — La pièce , <]ui ^tait évideni âgaée, ne porte point de signaluie ims cette ccpie.

Le duc de Savoie n'intervint plus durant la régence de Charles ^ Tout en restant en relation avec lui*, il se rangea sans hésitation du côté de ses adversaires, et continua à permettre aux seigneurs savoisiens de soutenir les armes à la main la cause bourguignonne '.

Nous avons vu l'influence de la reine Yolande se faire sentir dans les négociations avec l'Angleterre et dans les relations avec r Aragon; elle s'exerça encore en Lorraine et en Italie, avec des chances diverses, et, nous ajouterons, avec des visées qui ne furent point toujours à l'avantage de la France.

Le duc de Lorraine était, comme Jean sans Peur, uni à une princesse de Bayière. Après le meurtre du connétable d'Armagnac, le duc de Bourgogne lui avait oflFert l'épée de connétable ; mais Charles !•% bien que dévoué au parti bourguignon, avait décliné cet honneur. Il avait pour héritière sa fille aînée, que la reine Isabeau avait voulu faire épouser à son neveu Louis de Bavière, dit le Bossu*, et dont Henri V avait aussi demandé la main pour son frère le duc de Bedford. L'habile politique de Yolande réussit à faire rompre cette double négociation, et à assurer à la maison d'Anjou la succession de Lorraine : par un traité signé le 20 mars 1419, au château de Foug, près Toul, entre le duc Charles II et le cardinal de Bar*, les duchés de Lorraine et de Bar devaient être réunis , après la mort des titulaires, au moyen du mariage de René d'Anjou, comte de Guise , petit-neveu du cardinal-duc de Bar qui l'instituait son héritier, avec Isabelle, fille aînée et héritière du duc

1. Nous voyons le duc de Savoie conclure avec le duc de Bourgogne un traité, signé à Paris le U décembre 1i20 , relativement aux entreprises de gens de guerre des deux pays. Bianchi , Le materie politiche relative alV estera degli archivi di stato Pienumtesiy p. 95.

S. En se rendant auprès de Martin V, au commencement de 1i22, Tabbë de Saint-AiH toine, ambassadeur du Dauphin, passa par la Cour de Savoie. En mai suivant, des ambassadeurs d'Amédée traversèrent Lyon , se rendant près du Dauphin. Archives de Lyoo , Registres des délibérations , BB 1, f. 456 v».

3. Du 29 mars au 4 avril U22, le duc reçut à Genève la visite du duc Philippe. Ghastellain, t. I, p. 293. Voir, sur l'intervention armée des seigneurs savoisiens, Guicbenon, 1. 1, p. 460, et Histoire de Bourgogne, t. IV, p. 49-51.

4. Vallet, Histoire de Charles Vil, t. 1, p. 81, note 3, d'après Archives royales de Munich.

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