‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 289 sur 362 · Collection Du Chesne, vol. 4, f · texte numérisé non relu

Collection Du Chesne, vol. 4, f

1418etsuiv. l' administration du dauphin. 377

le Poitou , l'Anjou lui fournissaient ses plus dévoués serviteurs. Dans les pays même occupés par Tennemi, on rencontre xies noms illustres qui viennent grossir cette liste : à elle seule la Normandie avait donné les Graville , les d'Estouteville , les Braquemont, les Montenay, les Bacqueville, les Gamaches; en Picardie, on peut citer le sire de Gaucourt.

Il est donc permis de dire que presque tout ce qui tenait un rang élevé dans la noblesse s'était rangé du côté du Dauphin \ Charles récompensa largement — trop largement même parfois, — les services rendus avec tant de dévouement. Mais s'il fit preuve d'une grande libéralité, il sut, dans ces coûjonctiu*es critiques, maintenir intacte son autorité. En certaines occasions, il intervint même dans les querelles des grands seigneurs : nous le voyons, en mars 1420, protéger la comtesse de Boulogne, veuve du duc de Berry, contre les mauvais traitements du sire de la Trémoille, son mari*; et, en juin suivant, ordonner une enquête relativement aux excès commis par Philippe de Levis et par Antoine, seigneur de Vau vert, son fils, contre Isabelle d'Harcourt, dame de Villars*. Mais le pouvoir du Dauphin était trop faible et trop mal assuré pour qu'il pût empêcher d'autres excès plus graves , que commettaient, avec une déplorable facilité , la plupart de ses capitaines, et même certains de ses familiers. Il lui fallut, pendant longtemps encore , fermer les yeux sur des désordres qu'il était impuissant à réprimer.

Le Dauphin, dès sa sortie de Paris, avait convoqué les nobles du royaume *. Après Baugé , de nouvelles convocations furent

1. Une des premières marques de confiance que le jeune Dauphin donna à sa noblesse fut de lui confier la garde de ses châtellenies. On Ijt dans des lettres du 3 novembre iil7 : « Pour ce que, attendu les guerres qui sont de présent, il est besoing et nécessité de pourveoir auz offices de chastellenies de nostre dit païs du Dalphioé de personnes nobles qui aient fréquenté les-armes, saichans l'usage et sleile des guerres, qui soient soufiisans et ydoines pour seureraent gai'der et defTendre en temps de guerres noz chasteaulz et forteresses de nostre dit païs du Dalphiné... » Archives de Grenoble, B 3223 bis, f. 119 v».

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