Ordonnances^ t. XI, p
2. a Auz mandements par nous autresfois faits n*y sont plusieurs ^enus ny comparus . « M, ibid.
14i8etsuiv. l'administration du dauphin. 379
pour lors déclarons estre de nostre volonté et intention que leurs biens et héritages soient et demeurent acquis à nous et à nostre domaine '. >>
On peut constater par ces prescriptions qu'une partie de la noblesse se fatigua vite de la lutte , et qu*à Télan du premier jour succéda une regrettable tiédeur. Dans son Qtuxdrilofftce invectif, écrit en 1422 , Alain Ghartier flétrit ceux qui ne viennent au rendez- vous donné par leur seigneur que « pour manière, » et qui, préférant « les aises de leurs maisons » à « rhonneur de noblesse dont ils les tiennent, » les emporteraient volontiers avec eux, comme les limaçons portent leur coquille'. Il fait toucher du doigt deux plaies encore plus fatales que le mauvais vouloir de quelques-uns : d'abord « une si grant arrogance que ceulx qui ne sauroient riens conduire par eulx ne vouldroient armes porter soubz autruy ; » puis une absence complète de discipline : « Oncques ne fu veue à Tueil ne leue par escript maindre discipline , ne plus fragile justice d'armes, que celle que nous disons tenir sur nostre chevalerie*. »
Les exemptions dont il est question dans Tordonnance du 15 août 1421 étaient données parfois avec une grande facilité, ou, comme on disait alors, « par importunité de requérant. » Nous n'avons pourtant rencontré que deux actes de cette nature émanant de la chancellerie du Dauphin. Par l'un , en date du 23 mai 1421 — par conséquent avant l'ordonnance précitée, — le Dauphin exemptait pour cette fois Jacques de Surgères et les trois gentilshommes qu'il avait dans ses places du Poitou d'aller an voyage fait par le prince pour la « recouvrance » de la Normandie et des autres pays occupés par les Anglais *; par
1. Ordonnances, t. XI, p. 126-128. Cf. Ms. fr. 260U {Quittances, 53), n<» 5650.
2. « Or advient qae sont faictes entreprinses , ou sièges assis , où le ban du prince est crié et le jour souvent nommé pour les champs tenir. Mais plusieut*s y viennent pour manière, plus que pour doubte de y faillir; et poiù* paour d'avoir honte et repronche, plus que pour vouloir de bien faire. Et si est en leur choix le tost ou le tard venir, le retour ou la demeure. Et de tels en y a qui tant aymcnt les aises de leurs maisons plus que Thonneur de noblesse dont ilz les tiennent, que lors qu'ilz sont contrains de partir, voulenticrs les portassent avec eulx : comme les lymaz qui tousjours traînent la coquille où ilz se hébergent. » Quadrilogue invectif, p. 446.