‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 294 sur 362 · novembre 1421. Ordonnances, t. XI, p · texte numérisé non relu

novembre 1421. Ordonnances, t. XI, p

10. Voir aux Pièces justificatives la lettre missive aux habitants de Lyon en date du 8 août 1422.

1418 et suiv. l'administration du dauphiic. 383

et révérence de Dieu et des glorieux saints dont les corps reposent en nostre dicte ville , et pour obvier aux grans maulx qui adviendroient se par voye de fait et de force convenoit procéder à ladicte réduction, dont s'ensuivroit la désertion d'icelle ville et de nos subgiez qui y habitent , ce que nous voulons éviter de tout nostre pouvoir, espérans que les dessus diz dolent estre et demeurer bons et loyaulx vers mondit seigneur et nous , et à la prière de plusieurs de nostre sang et lignaige et autres qui de ce nous ont très humblement requis , vouUans préférer miséricorde à rigueur de justice, aux diz gens d'église , bourgoys et habitans, tant en gênerai comme en particulier, avons remis, quitté et pardonné, » etc. K

Dans ses lettres d*abolition aux habitants de Nimes (4 avril 1420), après avoir constaté que, par ses lettres données à son entrée en Languedoc, il avait accordé abolition générale à tous ceux qui s'étaient soumis ou qui feraient leur soumission dans le délai d'un mois, et qu'à Nîmes les habitants, loin de reconnaître son autorité, avaient refusé de lui ouvrir leurs portes; considérant qu'ils avaient agi ainsi « pour la doubte et crainte d'aucuns estrangiers , gens de guerre , qui les menaçoient de destruire de corps , chevances , et bouter feux en ladicte ville; » qu'ils s'étaient employés « bien libéralement » à réduire la ville en son obéissance, avec promesse de la maintenir dans la soumission, et qu'ils étaient même « fort dolens et repentans des faultes et mesprentures faictes le temps passé; » voulant « préférer miséricorde à rigueur de justice, pour révérence de Dieu, et aussi pour contemplacion du saint temps de la glorieuse passion de Nostre Seigneur Jhesus- Crist et de la saincte semaine » où Ton était alors , Charles déclarait donner pleine et entière abolition aux habitants *.

Toutefois ce pardon n'empêcha pas le Dauphin de faire preuve d'une juste sévérité. Si la plupart des habitants avaient agi sous l'empire de la violence , il y en avait qui s'étaient montrés rebelles. Plusieurs furent exécutés après la prise du

1. Original aux Archives de Tours, EË, liasse î; — Copie dans la Collection de Dom Housseau, à la Bibl. nai., t. IX, n» 3826. %. Menard, Histoire de Nîmes, t. VA ^ preuves, p. 212.

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château , les consuls furent destitués , les habitants privés du consulat et de la capitainerie de leur ville ; enfin , en signe d(î châtiment, la muraille de la ville fut abattue en un endroit et dans un autre démolie en partie \ Ces dégradations étaient encore visibles au temps de Thistoricn de Nîmes Claude Menard, qui écrivait au dernier siècle '.

Mais les sévérités du Dauphin n'étaient pas de longue durée quand il avait affaire à des cœurs vraiment repentants. Pour les Nîmois, Theure du pardon sonna bien vite après celle du châtiment. Par lettres du 22 avril 1420, Charles, considérant que, depuis qu'il a mis le consulat en sa main, il a été informé « que les habitants d'icelle ville de Nysmes ont eu et ont très grant desplaisance des choses advenues à rencontre de nous, et qu'ils ont très grant désir de estre et eulx tenir bons subgiez, vraiz et loyaulx obeissans à Monseigneur et à nous, sans vouloir jamais faire le contraire, ne eulx départir de l'obéissance de Monseigneur et nostre, » leur restituait le consulat et rétabiissait dans leurs fonctions les anciens consuls '.

D'autres Jettres d'abolition furent délivrées le 17 août 1421, — « à la relation de Charles de Bourbon, capitaine général en Guyenne et Languedoc, » — aux habitants de Béziers, qui avaient résisté au lieutenant général du Dauphin et soutenu un siège : un pardon complet leur fut accordé; ils conservèrent leur consulat et tous leurs privilèges *.

Plusieurs villes du Midi, qui avaient ouvert leurs portes au Dauphin, sollicitèrent le maintien de leurs privilèges : nous avons des lettres du mois de mars 1420, confirmant aux habitants^ de Montauban les privilèges à eux octroyés par Philippe de Valois'; des lettres du 21 avril suivant, confirmant les privilégies des habitants de Sommières, qui avaient suivi le parti bourguignon*. Montagnac vit aussi ses privilèges confirmés'.

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