‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 309 sur 362 · Ordonnances, t. XI, p. 122 et · texte numérisé non relu

Ordonnances, t. XI, p. 122 et

14i2 l'administration do dadphin. ^

fait de nouvelles ordoaQances sur le fait des monnaies ' donné commission à Régnier de Bouligny, auquel un g des monnaies fut adjoint, de se transporter en Daupbiné ] procéder à une enquête sur l'étal des monnaies *. Par lettre 16 mai 1422, Charles prit rengagement solennel de remetfa monnaie à sa jnste valeur *. Le 10 juin, dans une lettre mis aux habitants de Lyon, il annonçait qu'une assemblée de « plus especiaulx officiers et serviteurs » se tiendrait i cette ville le 4 juillet, pour remédier aux « grans inconvenie que ses sujets avaient à supporter par suite de l'afTaibli ment des monnaies *. Sur plusieurs points du royaume même question fut agitée devant des assemblées d'États ] vinciaux '. La mesure ne tarda pas à être mise en exécut Dans des lettres du 22 septembre, le Dauphin déclara qu malheur des temps l'avait contraint, depuis son déparl Paris, a6n de pouvoir résister à la damnable entreprise de ennemi et adversaire d'Angleterre, et de ses adhérents et c plices, à afTaiblir les monnaies, dans le but d'en augment< profit et de se procurer les ressources nécessaires, « moindre grevance et charge » de son peuple; mais que plaintes lui étaient venues de toutes parts sur le préjui causé à la chose publique et la ruine qui en résultait poui

1. Ces ordouBsuces, qne noas ne possédona pas. sont visées dus des lettres àai met. prescmanl lear applicalion au Dauphiné. On 7 Ut : ■ En tenani la chose se ainsi que nécessité en est, sur quant que vous et enlx (les maîtres des ntoanaies) porei meffaire. • On Tolt par ces lettres que le Dauphin avait supprimé dans ses nues rorscc de contreienr, Aithives de Grenoble, B 3825, f. 110 v.

2. Lettres dn 10 février U2Î. Ment., tbid., t. U% A peine Boul^ conuneiict remplir sa mitron, qu'il fut appelé en Languedoc, Simon Roqoe, garde de la moiuii Sainl-Pourciûii, qui h)i avait été associé, continua seul 6 opérer en son absence. I ibid., J. 14041. Les monnaies qui Ibisaient l'objet de son inspection étuent, outi trois du Dauphiné, Romans, Crémien et Hirabel, celles de Saint -Pour^ain, Le Pu;, ' Tranche et Ljon. Les trois monnaies du Dauphiné furent affermées le 13 mars; on nail soixant^i litres du marc d'argent. A Crémieu et à Romans, le nouveau n devvl prêter sii mille Hvres avant ta fln du mois. Horin, p. 259, d'après le régis 2825, r. 142 et suiv.

3. Ces lettres sont ainsi risées dans yinvenlairt de» Ulret de le motion éuem Bourbon, l. H, p. 221, d' 5179 : i aiarlcs, t^gent de France, promet de remettr monnaies k leur juste valeur et envoie des commissaires dans la Mardie pour levej subsides. Original ïMr panhemin, Hgné, P 1378>, cote 3055. » — Cette pièce ma au Archives, dans le- registre Indiqué.

i. Archives de Lyon, AA 20, f. 27. Voir celte lettre aui PièetijuttifieaHvu. 5. Voir plus haut, chapitre x, p. 364.

geas de tous états, et en particulier pour les laboureurs et le menu peuple, qui n'ont de quoi vivre sinon de leur labeur et sont condamnés à acheter les vivres à un taux excessif, sans parler du commerce anéanti par l'impossibilité de faire accepter dans les autres pays la monnaie avilie ; voulant donc relever ses sujets de la fâcheuse situation à eux faite, « pour la pitié et compassion, dit-il, que nous avons et bien devons avoir des autres tribulacions et misères que en eulx acquittant vers nous de leurs loyautez ils ont paciamment pourtées et souffertes à cause de la guerre et autrement, » il prescrivait la fabrication d'espèces sur Iç pied de monnaie 40"; les changeurs devaient recevoir soixante-dix-huit francs du marc d'or (in, et six livres du marc d'argent '.

Mais la réforme ne s'opéra pas sans difficultés. Les écrivains spéciaux qui ont traité de ces matières ont exposé les perturbations auxquelles donnait lieu toute variation de la monnaie, et plus particulièrement le rehaussement de son taux*. Nous n'y insisterons pas. Contentons-nous de dire que la forte monnaie ne fut mise en circulation qu'à la date du 7 novembre '.

1. Ces lettres, qui se trouvent dans le registre B 2827, f. 1, aux Archives de Grenolilc (Cf. B 2825, f. 166), ont été publiées en partie et soigneusement analysées par M. Morin, dans Testimable ouvrage que nous avons déjà cité, p. 235 note, et 260 et suiv. — Le marc d'argent, dont le prix était fixé à six livres, en valait quatre-vingt-dix au mois de jniBeL Voici quelles étaient les espèces nouvelles : i'* francs à cheval d*or fin ayant cours poor 16 sous; 2« gros deniers blancs an R couronné, ayant cours pour 16 deniers; 3* blancs deniers à Técu couronné (8 deniers); i<» petits blancs au Dauphin appelés tiards (4 deniers); 5o deniers noirs appelés doubles viennois (2 deniers); 6« deniers noirs (1 denier) ; 7» autres deniers noirs (une maille). Toutes ces espèces valaient le double m monnaie delphinale. — Dans les lettres d'exécution du gouverneur du Dauphiné , on lit : « Gardez bien, sur tant que vous pourrés offendre Monseigneur, que vous ne soyés sy hardis de reveller le poys ne hi loy des dictes monnoyes à quelques personnes que ce soit, ainz la tenés secrète, » etc. Morin, l. c, d'après B 2827, f. 3.

2. Voyez les travaux si remarquables de M. Vuitry, et en particulier son dernier mémoire : Les monnaies $out les trois premiers Valois (Paris, 1881, in-8«; etXr. du Compte rendu de l* Académie des sciences morales et politiques) y p. 4 et suiv., 29 et suiv,, 64, 120.

3. C'est ce que nous apprennent les Registres des Comptes de Tours, vol. XX, f. 3. et. vol. XIX, f. 90 v«. En septembre, l'écu valait encore 40 livres (Archives, KR 53, f. 131 , et 50, f. 79) ; en novembre, 30,000 livres tournois de faible monnaie représentaient 1,500 livres de forte monnaie (Ms fr. 6749, f. 2). Le 18 octobre, le corps de ville de Lyon prenait des mesures pour remédier au retard apporté à la mise en circulation de la bonne monnaie, laquelle, disaitron, « n'est pas preste d'avoir cours de deux moys vennans (BB L f. 164 V»). »

mmÊT^

1418 et suiv. l'administration du dauphin. 403

Nous avons voulu poursuivre jusqu'au bout l'exposé de ce qui concerne les monnaies; il faut maintenant revenir sur nos pas pour examiner les autres sources de revenus et chercher à préciser la situation financière du gouvernement du Dauphin.

Nous avons dit que le Dauphin fit appel aux États. Voici le bilan des sommes reçues, tel que nous permet de le dresser l'état des documents. Les États de Languedoc accordèrent : 1^ un impôt sur le sel, jusqu'à concurrence de 68,000 francs, le 2 octobre 1419 ; 2° 200,000 francs le 17 mars 1420 ; 3M 50,000 francs en mai 1421 ; 4** une somme sans doute égale en 1422 ; 5** un don de joyeux avènement de 22,000 francs. Les États généraux des provinces du Languedoil votèrent à Glermont, en mai 1421, une somme de 800,000 francs. Peu après une aide d'un écu d'or sur chaque bête aumaUle (gros bétail), d'un mouton d'or sur chaque porc et de soixante sous sur chaque bête à laine, fut imposée dans les pays entre la Loire et l'Allier jusqu'à Lyon *. Nous n'avons pas la somme totale votée dans la réunion partielle qui paraît avoir été tenue à Limoges vers le mois de juin 1418, mais nous avons quelques données sur les contingents fournis par chaque province pendant la durée de la régence. Les États du Poitou votèrent : 42,000 francs en décembre 1420; 24,000 écus en 1421; 100,000 francs en 1422. Les États d'Auvergne votèrent : 25,000 francs en 1419; 22,000 environ en 1420; 80,000 le 8 janvier 1422; 20,000 écus le 6 juillet. Les États de Limousin votèrent 24,000 francs .en septembre 1419. Les États de la Marche votèrent 10,000 francs en janvier 1422. Les ^tats de Touraine votèrent 26,252 francs à la même date. Les États du Dauphiné votèrent en 1421 100,000 florins ; les gens des trois États de l'élection du Lyonnais votèrent 24,000 fi'ancs en janvier 1422, et 6,000 écus en juillet».

Mais ces sommes étaient bien vite absorbées; en outre, elles étaient d'un recouvrement lent et laborieux : souvent, au mo-

1. Lettres du 23 et dn 2i décembre 1i^. Archives de Lyon, Pièces non classées.

2. Pour les sources, nous renvoyons aux indications données au chapitre x, dans le paragraphe relatif aux États.

406 HISTOIRE DE CHARLES VIL 1418 Ct SUiv.

ment où il fallait faire face à des paiements urgents, le trésor était ride. On avait recours alors à des emprunts. Dans Tété de 1418, le président Louvet prêta une somme de 4,500 livres, qui lui fut remboursée par lettres du 25 août *. En décembre 4420, Guillaume d*Avaugour prêta 6,000 livres, remboursées le 14 septembre 4421 *. Dans Içs premiers mois de 1421, Henri de Pluscallec et deux autres écuyers fournirent 13,000 écus d'or pour le transport de Tannée d'Ecosse, et reçurent en gage les châteaux de Taillebourg et de Ghastelaillon •. En mai 1421, le président Louvet bailla comptant 7,500 moutons d'or, valant 31,875 livres tournois, pour le même objet, et reçut en paiement la chatellenie de Meulhon en Dauphiné^ Gabriel de Bernes, écuyer d'écurie du Dauphin, prêta une somme de 2,000 écus d'or, pour le paiement de laquelle la chatellenie de Serre lui fut abandonnée par lettres du 24 août 1422'. Le maréchal de la Fayette avait prêté 4,350 livres, dont il donna quittance le 8 avril 1423*. Parfois, pour avoir de l'argent comptant, on était obligé de s'adresser aux bonnes villes ', de puiser dans la boiu*se des conseillers de la couronne*, ou même de contractei* des emprunts forcés , soit sur les officiers royaux , soit sur des personnes dont les noms figuraient dans des listes dressées à l'avance •.

i. Voir la quittance de Jean Louvet, en date du 30 octobre 1448, dans Ckirarabaolt, vol. 67, p. 6211.

2. Voir la quittance dans D. Morice, t. II, col. 1089. On a la trace d'un autre prêt dé 1,000 livres, remboursé en janvier 1422. Pièces originales, 152 : Avaucour.

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