Ordonnances, t. XI, p
4. Ms. fr. 89, pièce à; Archives de Grenoble, B 3044, f. 165; B 3045, f. 5 et 236 v»; vidimus original, B 3028.
408 HISTOIRE DE CHAKLES VU. I4l8etsuif.
fallait a avoir grandes finances de toutes parts. » Le produit des monnaies et du domaine était insuffisant : on avait reconnu la nécessité de recourir aux « emprunts, vendicions à temps, et engagement de revenus, chasteaulx, villes et forteresses. » Par lettres du 31 mars, le Dauphin désigna deux commissaires * pour se transporter en Dauphiné, et ailleurs où boa leur semblerait, le plus promptement possible, et y faire finances par tous les moyens en leur pouvoir. Les commissaires avaient charge de s'emparer du produit des monnaies, aussi bien que des autres revenus et de Taide dernièrement octroyée en Dauphiné, nonobstant quelques charges ou assignations, d'emprunter de toutes personnes les plus grandes sommes d'or et d'argent qu'ils pourraient trouver, « par fait de change ou autrement, en quelque manière et à quelque perte que ce soit ou puisse estre , » et, pour cela, ^'engager tels rentes, terres, seigneuries, possessions, villes, châteaux et forteresses qu'ils jugeraient convenable, tant en Dauphiné que dans les autres parties du royaume*.
Nous voyons enfin que le Dauphin, à défaut d'argent, se servait des fleurons de sa couronne : quand, danà l'été de 1422, il envoya en Ecosse pour faire venir un nouveau corps de troupes, il remit à ses ambassadeiu*s , avec tout l'argent qu'on avait pu se procurer , un fleuron de sa couronne •.
Assurément, nous l'avons dit, les charges financières du Dauphin étaient immenses, et l'on se demande comment il y put subvenir et poursuivre vigoureusement les opérations militaires pendant toute la période de sa régence. Mais n'y eut-il pas de sa part, soit dans les dépenses de son hôtel, soit dans un faste peu en rapport avec sa situation précaire, soit enfin dans une excessive prodigalité, des motifs d'épuisement du trésor? C'est ce qu'il convient de rechercher, à l'aide des dociunents du temps, et en particulier des Comptes de l'écurie et de la Chambre
1 . C'étaient Régnier de Bouligny , maître des comptes et commissaire sm* le fait de toutes finances , et Jean de La Barre , trésorier général du Dauphiné.