Archives, KK 53, paufm
Dauphin lui délivrait, relativement à cette affaire, des lettres de provision \ L'année suivante, dans des lettres du mois d'août, rendues pendant son séjour à Jargeau * et contresignées par La Fayette, Torsay , Tanguy du Ghastel et Louvet ', Charles donna définitivement à Martel les deux châteaux, en compensation de la somme de six mille livres dont on lui était redevable pour ses gages et dépens. Mais les gens du conseil du Dauphiné ne se tinrent pas pour battus. A la date du 29 août 1420, ils adressèrent de vives remontrances au Dauphin. Son pays de par deçà, lui disaient-ils, est en « bonne disposition; » chacun s'efforce de le seconder dans sa résistance contre l'ennemi; les États se sont réunis et ont voté les sommes demandées. Mais le conseil et les seigneurs ont été « moult émerveillez » ie*ce qu'on leur ait présenté, au nom de Guillaume de Martel, des lettres par lesquelles le Dauphin lui donnait ses châteaux de Saint-Laurent et de Meisiou. Conformément à leur devpir et au serment qu'ils ont prêté relativement au domaine, ils ont mis la chose en délibération, et d'un avis commun ils ont conclu que, par les motifs qu'ils énumèrent, il ne leur était possible de procéder à Tentérinement de ces lettres. Ils ajoutent que plusieurs des
nobles du pays murmuraient fort à ce sujet, car il leur semblait bien étrange que, embesogné comme il l'était, le Dauphin aliénât son domaine d'une façon qui ne lui serait ni honorable, ni profitable; et si la chose venait à effet, on craignait qu'il ne s'en suivît un préjudice irréparable *.
Le 11 septembre, nouvelle lettre du Dauphin à son conseil en Dauphiné. Il a su par Guillaume de Martel le refus qu'on lui oppose pour l'exécution de ses lettres de don, et il enjoint expressément de le mettre en possession sans plus tarder, en faisant cesser tout débat et opposition de la part de son procureur : « car tel est nostre plaisir. » — « Si en faites tant à ceste foiz, ajoute-il, que plus n'en doyens oïr parier, car plus que