‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 313 sur 362 · KK 53, passim · texte numérisé non relu

KK 53, passim

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1421-22 ' l'administration du dauphin. 411

La dépense de raunée courant du 1<"* octobre 1420 au 30 septembre 1421 s'éleva à 116,207 livres tournois, se décomposant ainsi : achat de chevaux, 84,792 livres ; harnais de guerre , 11,205 livres; draps de laine et de soie, 374 livres; foi^e et ferrure , 7S3 livres ; fourrages , 826 livres ; gages d'officiers , 2,646 livres; voyages et chevauchées, 631 livres; dépenses di^%iQwmées, 4,969 livres. Le compte constate qu'on redevait au grand maître 11,677 livres.

Le compte comprenant la période comprise entre le l*»*" octobre 1421 et le 31 décembre 1422 n'est pas moins instructif. Du 5 octobre 1421 au 27 août 1422, des mandements 9ont délivrés pour une somme de 139,800 livres tournois; en outre d'autres recettes s'élèvent à 2,093 écus d'or. La dépense est de 174,597 livres tournois et 2,250 écus d'or, se décomposant ainsi (paiements faits en faible monnaie) : achat de chevaux, 99,380 livres (et 1,130 écus d'or); harnais, etc., 32,746 livres (et 1,120 écus d'or); draps de laine et de soie, 3,510 livres; forge et ferrure, 2,382 livres; fourrages, 8,532 livres; gages d'officiers,* 5,978 livres; voyages et chevauchées, 6,600 livres; deniers portés en recettes et non reçus, 10,800 livres; dépenses des journées^ 3,659 livres. On constate un déficit de 32,462 livres en monnaie et de 155 écus en or.

Remarquons ici que les comptes de l'écurie du Dauphin ne purent jamais être apurés. Malgré tous les soins apportés à leur vérification par la Chambre des comptes, ihfut impossible d'arriver à un résultat. En désespoir de cause, le Roi, à la date du 15 avril 1440, délivra à Pierre Frotier des lettres de déchai'ge^

Le chapitre des dons est fort curieux, et atteste avec quelle libéralité le Dauphin récompensait les services rendus. Suivant en cela les traditions de son père, Charles regardait comme un devoir de se montrer généreux envers ses serviteurs. Les principes qull professait en cette matière se trouvent exposés dans les considérants de l'ordonnance du 7 novembre 1420, en

1 . Pour les comptes de la Gltambre aux deniers , les trois premiers turent clos le 20 août 1428, et le cinquième le 16 juin 1429; mais une nouvelle vérification dut être faite, et la clôture déiinitive n'eut lieu que le 18 décembre 1435. KK 50, f, 15 v«, 35, 63 V?, etc.

faveur de Robert le Maçon, qu'on a pu lire plus haut \ De 1418 à 1422, nous trouvons des dons d'argent, de chevaux et môme de terres, montant à des sommes considérables. Tanguy du Chastel , maréchal des guerres du Dauphin , touchait, « pour Testât de sa personne, » une pension mensuelle de mille livres tournois, dès le mois d'août 1419. Le vicomte de Narbonne, à partir de mai 1419, a 500 livres par mois pour le même objet Pierre Frotier qui, comme grand maître de l'hôtel, touche 600 livres parisis de pension annuelle (depuis le 20 septembre 1419) reçoit, pour son mariage, une somme de 10,000 livres tournois (lettres du 13 août 1421). Pierre de Beauvau a 600 livres (26 juillet 1418) ; Hugues de Noé, 2,000 livres (9 février 1420); Tanguy du Chastel, 2,000 livres pour sa femme (27 juillet 1420), et 2,200 livres pour lui (21 décembre 1421). En janvier 1420, pendant son voyage de Languedoc, le Dauphin distribue des étrennes à tous ses conseillers : Régnier de Bouligny, Guillaume de Lucé, Raymond Raguier, Alexandre le Boursier ont chacun 400 livres ; Charles de Bourbon, Bernard d'Armagnac, le sire d'Albret, l'archevêque de Bourges, chacun 300; le vicomte de Narbonne, le maréchal de la Fayette, Jean Louvet, Jean Cadart, Guillaume d'Avaugour, Robert Mallière, chacun 200. L'archevêque de Bombes et l'archevêque de Sens ont en outre 200 livres chacun, « pour leur robe. » L'argentier Denis du Ghesne a 150 livres. Les huit valets de chambre reçoivent 150 livres à se partager. En outre, nous relevons dans le même mois les dons suivants : le comte d'Aumale, 600 livres; l'évêque de Laon, 400; Adam de Champgiraut, écuyer tranchant, 300

1. Voir chapitre vi, p. 213.— Alain Chartier, qui, dans son éloquent Quadrilogue invectif, a sondé d*an œil si clairvoyant et avec un si noble patriotisme les abîmes de Ii sitoation, dit à ce propos (p. iiS) : « Et combien que règle ci estroicte ne sy doye donner, que la vertu de libéralité , qui tant bien siet en hault seigneur, n'ait tousjours vers le prince son effect, toutesvoies puis -je bien soustenir que celle vertu pour circonstances regarde lien et temps de donner, et que en temps de liabondance et de oysiveté telle donadon seroit dicte euvre de largesse qui maintenant se devroit appeler prodigalité. Bien doivent a?oîr regard à ce (|ue dit est ceuh qui trop pour eulx y pourchassent , et plus en est sur eulx le péché et la charge que sur le prince, que franchise et noblesse de couraige faut doubler de» siens esconduire. » Alain Chartier senible viser le président Louvet, quand il ^oute : t El quiconques se veulle enrichir avecques ung piince nécessiteux et accroistre trop grandement sa substance et son estât des biens de celuy qui peu en a, pour la si^uio sauver, monstre par sa privée affection que son courage est indigne de service publicque. «

1419-22 l'administration du dauphin.

et 151) ; Isabeau des Barres, demoiselle, femme d'Aatoini rennes, éciiyerdVcurie, 300; lecomlede Veotadour, 20t du Mesnil, premier pannetier, '200; Guillaume du "Bec beilan, 200; Joaûd'ArpajoD, chambellaQ, 120; Jean de] sénéchal de Toulouse, 100 ; Bertrand de Rocheforl, chan 100;' Pierre de Ghantelle, confesseur du roi Charles 'S Morelet de Carville, Rogerin Blosset, Prégent de Coëtii trois pannetiers, 100 chacun; Philibert de Maleret, Jea fier, Jean Boschet, chambellans; Hernauton d'Andinei laume Boniface, Chatart de Rochedragoux , Yvon de gnon, 60 chacun; Charles Labbé, écuyer d'écurie, Gamier, Jacques de Villiers, écuyers tranchants, 50 cl En outre, le 30 janvier, à. Saint-Symphorien d'Auzon, phin fait distribuer une somme de 1,200 livres à des liera , écuyerg , capitaines et gens d'armes de la compa grand maître des arbalétriers Torsay ".

Si nous nous arrêtions à l'énumération des dons de cl nous aurions une liste encore plus imposante à dresse le personnel de l'entourage du prince y figurerait, dej chefs militaires, les seigneurs écossais, jusqu'aux coni aux chambellans, aux officiers de la maison, aux secr à l'huissier d'armes et au premier queux*.

Les dons de terres, forment aussi un chapitre qui n'e sans importance. Deux incidents vont nous montrer part la facilité avec laquelle le Dauphin aliénait son è au profil de certains de ses serviteurs, d'autre part la réj qu'il rencontrait parmi les membres de son Conseil < phiné, gardiens vigilants des lois du royaume,

(lUillaume de Martel, seigneur de Grandmont, consi chambellan de Charles VI, puis du Dauphin, n'avait puis 1407. être mis en possession des châteaux de Laureiit-du-Pont et Meisieu en Dauphiné, achetés par I la permission du Roi. Le 2 octobre 141!', la chancell

1. Catalogue det octet. Il faut faire ohucner que nous n'avons certiioeni partie des actes de ce temps.

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