Cousinot, Cette de* Noble», p. 1G
S. C'était comme un «itratnement irrésistible en sa faveur, et l'on a peine 1 con prendre 11 persistance d'une telle populariié. Tout le monde aurait volontiers crié, curmne I assiégés de Sentis en mars 1418 ; • Ttvc l'illustre duc de Bourgogne, qui a aboU I nialtilles royales et rendu an pays ses antiques liberlés! u (Voir Roligieiiï , I. VI, p, 188
Le gouvernement royal, tout en continuant ses négociations avec le roi d'Angleterre \ dont il espérait en vain arrêter les progrès , se décida à poursuivre vigoiu^eusement les hostilités contre la Reine et le duc. Le connétable d'Armagnac, qui, par lettres du 15 janvier 1418, avait été autorisé à nommer des capitaines dans toutes les places du royaume, envoya Tanguy du Chastel assiéger Montlhéry , qui fut bientôt soumis. Étampes, Marcoussis, Chevreuse, et quelques autres places de rile de France, rentrèrent également dans Tobéissance. L'amiral de Braquemont, envoyé à Rouen comme lieutenant du Roi ', avait trouvé les portes fermées , et la ville au pouvoir des Bourguignons. Ceux-ci s'installaient, en même temps, à Évreux, Mantes, Meulan, et dans les environs'. Par lettres des 28 janvier et !**• février, le sire de La Fayette et Hiunbert de Grplée furent envoyés à Lyon , et chargés , de concert avec le bailli, Philippe de Bonnay, d'organiser la défense dans le Lyonnais et le Dauphiné *. Le comte de Vertus paraît avoir reçu la même mission pour le centre de la France *. Le 2 février, le ban et l'arrière-ban furent convoqués pour le l®"^ mai; vers le 10 février, le Roi et le connétable se mirpnt en marche , à la tête d'une nombreuse armée , pour aller réduire Senlis, qui, tombé le 5 décembre entre les mains du duc, résistait ^ toutes les sommations. Senlis arrêta pendant deux mois les forces royales; au moment où la reddition semblait accomplie, les menées déloyales des partisans du duc firent tout rompre : l'échec que reçut le connétable , sous les murs de cette ville, le fit tourner en ridicule par les Parisiens.
i. Le 23 décembre, un saur-conduit était délivré par Henri V à Regnault de Chartres êl à Robert de Tulièrcs pour se rendre prè$ de lui; le U^ jan\ier, Guillaume deMeuUion, La Fayette et autres en recevaient un pour quitter Falaise avant le 9. Rymer, t. IV, part, m, p. 33; Léchaudé d*Anisy, Grands Rôles, t. I, p. 2i3.
2. « Lieutenant dudit seigneur en ceste partie : » c'est le titre qu'il prend dans des lettres du 1i janvier, données à Sainte-Caliierine-lez-Rouen (Clairambault, 1^, p. 503). Rouen était passé aux Bourguignons le 12 , d'après Pierre Cochon.
3. Ms. fr. 26042 (Quitlances, 51), ri«» 5227, 37, 41, 52 et 60, et 5322; Pièces originales, 632 et 184 : Celestz et Bar.
4. Ms. fr. 7858, f. 325, où se trouve, à la suite de ces deux lettres des 28 janvier et !•' février, l'énumération de tous les gens de guerre retenus pour servh' sous leurs oedres.
5. Voir Catalogue JoursanvauU, n»» 2968 et suiv.; Quittances, 51, n« 5258; Archives, K 59, n« 20!*.
Ce n'était pas par la voie des armes que les difficultés pouvaient se dénouer. D'une part, les succès du duc et de la Reine, dont les intrigues avaient amené l'adhésion d'une bonne partie du Languedoc; de l'autre, les progrès de l'invasion anglaise , qui s'étendaient jusqu'à Falaise , Vire , Saint- Lô , Coutances , Carentan , etc. , en Basse Normandie ; jusqu'à Goiui;onne, Chambrais et La Rivière-Thibouville, dans la Haute Normandie \ rendaient la situation très critique. Le salut du pays, non moins que la pénurie du trésor — les finances étaient dans un état déplorable — exigeaient qu'on tentât un arrangement amiable. C'est ce que comprirent certains membres du Conseil , qui , depuis quelque temps , s'efforçaient de faire prévaloir les idées pacifiques '.
Pendant que le connétable, moins confiant dans les subtilités diplomatiques que dans son épée, la jetait dans la balance et combattait sous les murs de Senlis , des négociations furent ouvertes au monastère de la Tombe, près de Montereau, entre les ambassadeurs du Roi et du Dauphin, d'un côté, et ceux de la Reine et du duc de Bourgogne, de l'autre. Après de longs pourparlers , un traité fut adopté eu principe ; mais ce traité , qui « favorisait au delà du juste et de l'honnête la cause bouiçuignonne ', » souleva, à Paris, une vive opposition dai^s le Conseil. Malgré les efforts de la majorité, malgré la tenue d'une réunion au Louvre sous la présidence du Dauphin, l'opposition du connétable, auquel se joignirent le chancelier Henri de Marie et quelques autres, empêcha la sanction royale d'être donnée au traité. Les manifestations joyeuses qui" avaient salué les espérances de paix et de concorde firent place à un" sourd mécontentement.
C'est alors qu'éclata une nouvelle conspiration bourgui-
1. Falaise, le 20 décembre (reddition le 2 janvier), et le château le 1*' février Ut 8 (reddition le 16); Vire, le 21 février; Courtonne, le 6 mars; Chambrais, le 9; La Rivière- Thibouville, le 11; Saint-Lô, le 12; Coutances et Carentan, le 16; Saint-Sauveur-le- Vicomte , le 25. — Le 27 février, le duc de Clarence était investi des vicomtes d'Auge , Orbec et Potit-Audemer.