Religieux, t. VI, p
3. Journal ^un bourgeois de Paris, p. 113. « Et tout ce estoit, sgoute le fougueux Bourguignon , ou la plus grant partie , par le duc de Bourgongne. »
i. « Quant ilz revenoient, ilz estoient aussi troussez de biens que fait le herir^n de pommes. » Journal d'un bourgeois de Paris , p. 82.
5. tf Vivat, vivat qui dominari potuit dum tamen manere possit res publica in pulcritudîne pacis ! » Religieux , t. VI , p. 8Û.
1417 LE DAUPHIN jusqu'à SA FUITE DE PARIS. 59 .
naturels par la mort ou la captivité , on se tournait vers le duc de Bourgogne, dont l'audace et les fallacieuses promesses en iniposaient à la multitude : c'était l'homme providentiel qui devait arracher la France à la ruine.
Grande et difficile était donc la tâche échue au nouveau Dauphin , que la mort du roi Louis venait de laisser , à ce moment même , privé d'aide et de conseil *. Mais si son beaupère n'était plus là, Yolande lui restait : cette princesse, dont l'intelligence et le courage étaient à la hauteur de toutes les situations , dont la vigilance maternelle savait se partager \ sans s'affaiblir, allait veiller sur cet enfant dont elle était devenue la seconde mère; elle allait prendre une influence prépondérante sur sa vie et une part active à la direction des affaires publiques. L'histoire ne nous dit point tout ce que Charles dut à sa tendresse , à son infatigable sollicitude ; mais nous en savons assez pour apprécier l'importance de son rôle , et Charles VII lui-même , par le profond et religieux souvenir qu'il garda de ses bienfaits , par le témoignage public qu'il en rendit plus tard, s'est chaîné de nous en révéler l'étendue : Feu de bonne mémoire Yolande, en son vivant Reine de Jérusalem et de Sicile , disait-il dans des lettres patentes du 22 février 1443, nous a, en notrejeime âge, fait plusieurs grands plaisirs et services , en maintes manières , que nous a avons et devons avoir en perpétuelle mémoire *. »
Pour assister le jeune prince dans la conduite des affaires et en même temps pour le former au rôle auquel il était appelé, la reine Yolande l'avait entouré de « gouverneurs » et de conseillers choisis avec soin , et dont elle avait pu apprécier la valeur et le dévouement. Charles eut ainsi son Conseil à lui , distinct de celui du Roi , et dont l'influence même s'exerça parfois — nous le verrons plus loin — dans un sens opposé à celui qui prévalait autour du trône. Il importe donc de connaître ce
1. « Pour la mort duquel, icellui Daulphin fut moult affebli de conseil et d*aide. » Monstrelet, 1. 111, p. 180.
2. Lettres portant don du comté de Gien à Charles d'Anjou. Archives, P 2298 f. 1237 (d*après le Mémorial K de la Chambre des Comptes),
Conseil et de présenter au lecteur les personnages qui le composaient.
Trois hommes paraissent, tout d'abord, avoir eu une part considérable à l'éducation du comte de Ponthieu : « Fut nourrit et instruit en science et meurs, dit un auteur du temps, par plusieurs nobles et saiges seigneurs : Hugues de Noyers, le seigneur de Beauvau , le seigneur de Mailly *. » Nous ne croyons pas que ces « gouverneurs » aient, comme on l'a dit^, remplacé près de lui, dès l'âge de sept ans, Jeanne du Mesnil et les autres femmes chargées des soins à donner à son enfance ; il est présumable qu'ils ne furent attachés à sa personne qu'après ses fiançailles, et même, selon toute apparence, que postérieurement à son retour de Provence '.
Hugues de Noyers, ou plutôt Noé, appartenait à une famille du Languedoc. D'abord employé dans les luttes militaires, il reçut la charge d'élu sur le fait des aides ordonnées pour la guerre au diocèse d'Évreux*. Il semble avoir • abandonné ce poste au conunencement de 1416 *, pour passer au service du comte de Ponthieu , à titre de premier écuyer de corps et maître de récurie *. Confirmé dans sa charge par lettres données au château de Rouen le 4 août 1417, il la garda jusqu'après le meurtre de Montereau, en septembre 1419, époque où elle passa à Pierre Frotier. Conseiller du Dauphin dès le mois de juin 1417 ', il ne cessa d'être l'objet des faveurs du prince, soit avant, soit
1 . Chronique de Jean Raoulet , publiée par M. Vallet de ViriviUe à la suite de Ghartier, t. III, p. 143. M. Vallet donne, sur ces trois personnages, des notices assez étendues (p. i43-U7, en note).