Archives, PPH8, f. 78; Ben% p
5. Nous connaissons leurs noms par plusieurs lettres patonles, au bas desquelles ils figurent :
Lettres du l»*' mai 1417 (en latin) : Tarchevôque de Reiras, les évoques de Laon, de Paris et de Clermont, vous (le chancelier), le prévôt de Paris (du Chaslel), les seigneui-s de Leven (Louvei) de Maillé, de Gilbourg (Regnault de Montejean) et de Rambouillet. Archives de Grenoble , B 2825, f. 38, et 3223 ^u, f. 79 et suiv.
Lettres du 2 juin 1417 : « Par monseigneur le Dauphin et duc en son conseil, ouquel les evesques de Laon et de Qeruiont, vous, les seigneui*s de Touars (Amboise), de Leven, (Louvet), de Maillé, de Torsay, dé Gilbourg (Montejean), le senechal de Berri (Louis d'EscoraiUe), messhie Guillaume de MeuUon (Mçulhon) et autres estoient. » — Ordonnances, t. X, p. 416. Origiifal aux Archives de Grenoble, B 3138.
Traité du 2 juillet 1417 : « Et pour la partie de mondit seigneur le Daulphin, les gens du conseil du Roy et de luy, c*est assavoir Tarchevesque de Raims, les evesques de Laon et de Clermont , le chancelier de mondit seigneur le Daulphin , le vicximte de Thouars et d'Aunoy (Amboise) , les seigneurs de Leever (sic dans la copie , — c'est Louvet) , de
^ii HISTOIRE PE CHARLES VII. 1417
clergé français, qui venait de jouer un grand rôle au concile de Constance; Tévêque de Laon, Jean de Roucy, membre du grand Conseil depus 1413, alors à la veille de terminer sa carrière ; Tévêque de Clermont , Martin Gouge de Charpaignes , attaché depuis 1402 au duc de Berry et désigné en 1416 comme Tun de ses exécuteurs testamentaires, évêque de Chartres en 1406, puis de Clermont en 1415, conseiller général sur le fait des aides, chancelier du duc de Guyenne en 1412, et membre du grand Conseil; Jean, sire de Torsay, grand maître des arbalétriers depuis janvier 1416; Pierre, seigneur d'Amboise , vicomte de Thouars , l'un des plus grands seigneurs du temps, oncle du « gouverneur » du Dauphin, Hardouin de Maillé; puis des hommes de guerre comme le sire de Barbazan , Miles de Thouars, seigneur de Pousauges, Louis d'Escorailles, sénéchal de Berry, Guillaume deMeulhon, Guillaume d' A vaugôur.
Il est facile de reconnaître dans le choix de certains de ces conseillers la main de Yolande, cette reine 7nèT*e qui,' sans avoir le titre de régente, en remplissait en quelque sorte les fonctions, et ne cessait de veiller sur son futur gendre.
Un événement qui s'accomplit au mois d'avril 1417, peu de jours après que Ciiarles eut reçu l'investiture duDauphiné, vint augmenter l'importance de son rôle politique et bientôt le placer au premier rang.
La reine Isabeau résidait au château de Vincennes, entourée de sa fille Catherine, de sa belle-sœur Catherine d'Alençon, deuxième femme de Louis de Bavière , de sa belle-fille Marie d'Anjou. Ni l'âge ni les infirmités n'avaient tempéré chez elle l'ardeur pour le plaisir. Trois jeunes seigneurs, le sire de la Trémoille, Pierre de Giac et Louis de Bosredon, préposés à la garde de son corps, se livraient à tous les excès. Les précautions illusoires que prit Isabeau — comme de faire change:' les serrures de la chambre de retrait de ses demoiselles — ne
Pousauges (Miles de Thouars), de Torsay, de MaiHë, de Gilbourg (Montejean), de Mottemer (Guillauine Taveau), le chaneelier de la Royne (Guillaume Toreau), messire Guillannie d'Ârgenton , le commandeur de Champguillon (Jean de Vivonne), le juge d'Anjou (Etienne Fillaslre) Guillaume d'Avaugour, Hugues de Noer (No^ etGuillaurtie de Lucé. » D. Fonteneau, t. XXVl, p. 343.
1417 LE DAUPHIN jusqu'à SA FUITE DE PAHIS. 67
pouvaient remédier à de tels abus, et ce n'est pas sans raison que le bruit 'courait que a eu l'iiostel de la Boyne se faisoient plusieurs choses deshounestes V » La mauvaise réputation de son entourage, les « grans .et excessifs estais >> de ses femmes ne donnaient que trop de prise à. ces rumeurs : on allait jusqu'à dire que Bosredon, qui exerçait la charge de maître d'hôtel de la Reine , était très avant dans ses faveurs. Il fallut séparer de la Reine les jeunes princeases, qui ne pouvaient phis vivre dans une telle atmosphère *.
Un jour, on conduisait le pauvre Roi à Vincennea, avec une escorte armée. Comme, après sa visite à la Reine, it revenait en compagnie de son fils. Use croisa avec Bosredon, qui le saluai peine. Le prévôt de Paris, Tanguy du Ghastel, arrêta sur l'heure le familier d'Isabeau et le 6t emprisonner au Ch&telet. Après des aveux arrachés par la torture, il fut enfermé dans un sac de cuir, sur lequel étaient écrits ces mots ; Laissez passer la justice du Roi, et jeté dans la Seine '. Peu après la Reine était reléguée à Blois , sous la surveillance de gardiens vigilants *.
A quoi faut-il attribuer cette mesure violente prise à l'égard d'une princesse dont la conduite scandaleuse n'était point un fait nouveau et dont le rôle, de plus en plus effacé, ne devait point causer d'ombrage au gouvernement? Le connétable d'Armagnac, qui venait de prendre la direction des affaires politiques, comme il avait (depuis le mois de janvier 1416) le commdndement de l'armée , avait-il surpris quelque intelligence entre la versatile Isabeau et le duc de Boui^ogne'? Craignaitil que la Reine ne s'empar&t du nouveau Dauphin et ne s'en fît un instrument contre lui? Voulaitr-il seulement faire main basse sur les réserves financières qu'elle avait si soigneusement . amassées ? On est, à cet égard, réduit à des conjectures.