‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 92 sur 362 · LcFèrre de Saint-Remy, t. I, p · texte numérisé non relu

LcFèrre de Saint-Remy, t. I, p

1. I Et Fut deUberé pour plusieurs causes qu« la Royne s'en iroil i Btois pour estre loing de b guerre. » Jouvenel,p. 336. — Lj compte des menus plaisirs (Archives, KK iW r.n ekts le 18 aTiil (M. 3). Ésl-ce ce jour-li que la Relue quitta Vinceuues pour soi Hois?

5, C'est ce qu'a supposa HIchelet : ■ La Reine, qui négociait sous main avec le I gnon. Tut transportée prisonoière k Tours (t. IV, p. 3!8). *

H8 HISTOIRE DK CHARLKS Vil. 1417

Le 17 avril 1417, Isabeau adressait des lettres au Roi et à la Reine de Sicile *. Était-ce pour leur annoncer la perte de son fils Jean, qui venait de mourir subitement à Gompiègne? Était-ce pour leur faire part de la situation précaire où elle se trouvait et réclamer leur concours? A ce moment, le Roi de Sicile était à toute extrémité (il mourut, on Ta vu, le 30 avril) ; Yolande ne pouvait songer à le quitter. Elle ne parut donc point à Paris, comme Taffirme un auteur du temps*, mais nul doute que, malgré son absence, son action ne se soit fait sentir sur les événements.

Par im acte solennel en date du 17 mai, le Roi, considérant qu*il ne lui était demeuré aucun enfant mâle, sauf son très cher et très aimé fils Charles , à présent Dauphin de Viennois , lequel n'était pas suffisamment pourvu de terres pour maintenir son état, considérant aussi qu'il était marié et en âge de puberté, et que dorénavant il emploierait son sens, son entende* ment, et sa personne, aux besognes et afiaires du Royaume, dont le Roi avait l'intention de lui laisser une grande part , déclarait faire don à son fils , pour lui et ses descendants mâles, des duché de Berry et comté de Poitou , avec toutes leurs dépendances, à tenir en pairie, comme les avaient tenus le duc de Berry et le Dauphin Jean '. Le même jour, par d'autres lettres,

1 . < A GuiUot de Lisy, pour porter lettres du Boys de Vincennes à Angiers adrecans au Roy et à la Royne de Secile, par comandement de Y[sabeau] de la Faucoimière, le x?u« j. d'avril, par lad. cedule et quitaoces, vm escuz, valent vn 1. un s. » KK 49, f. 53.

2. « En celui an vint à Paiis la Royne de Sicile qui tant flst que à Angiers mena le Dauphin que sa fille ot espousëe. » Gousinot, Ge^te des Nobles, p. 16i. — Les comptes de Yolande (KK 2i3) ne mentionnent pas ce voyage, qui n*eut certainement pas lieu. M. Vallel est donc dans Terreur en suivant ici Gousinot (t. I, p. i6).

3. « Gomme depuis peu de temps en ça il ait plu à Nostre Seigneur en cui main et puissance tontes choses sont, et par qui les Roys régnent, et les princes, pour le gouvernement de leurs sujets , établissent et décernent lies droits , prenre à sa part deux de nos fils masles, c'est assavoir Loys et Jehan, jadis daulphins de Viennois, et ne nous soit demouré aucun enfant masle excepté nostre très cher et très amé fils Charles , à présent

daulphin de Tiennois Gonsiderans que petitement lui est ei seroit pourveu par nous de

terres qu*il tient présentement pour maintenir son estât tel qu*il lui appartient, veu qu'il est nostre seul fils et héritier en ladicte couronne, et aussi qu'il est marié et en aage de puberté, et que doresenavant il employera sens et entendement et sa personne aux propres besongnes et affaires de nous et de nostre royaume, et que telle est nostre entencion lui en bailler une grande charge pour nous relever doresenavant des grans cures et sollicitude continuelle qui appartiennent à nous à cause de nostre royalle Msgesté, et auxquels nous sommes tenus et obligez pour la conservacion de ladicte couronne de France et de la chose publique de nostre royaume : pour ce est^il que nous , ces choses bien consi-

1417 LE DAUPHIN jusqu'à SA FUITE DE PARIS. 69

contresignées par le connétable et par le chaûcelicîr dû Dauphin, Charles était autorisé à faire fabriquer des monnaies en Dauphiné^

Le moment était venu où le Dauphin allait payer de sa personne et se montrer au peuple. Parti de Paris dans la première quinzaine de mai, il paraît s'être arrêté à Chartres et à Vendôme ^ Le 22 mai , le conseil de ville de Tours , prévenu de l'arrivée du prince parle bailli Regnault de Montejean, décidait qu'on irait au-devant de lui jusqu'à Meslay, sur la route de Vendôme, et qu'on lui offrirait, comme don de joyeux avènement, un vaisseau d'or pesant trois marcs'. Charles fît son entrée solennelle à Tours le l*"" juin. Les rues étaient tendues de tapisseries et jonchées de fleurs. Conduit, sous un magniflque dais en drap d'or, à la cathédrale , il y fut accueilli par les chanoines, revêtus de leurs chapes, qui le menèrent au chœur; là, après avoir prêté serment, sur les saints Évangiles, de maintenir les droits et privilèges de l'église de Tours , on le reçut comme chanoine, avec les cérémonies accoutumées *.

Le 2 juin, le Dauphin rendit une ordonnance importante, par laquelle il enjoignait aux gouverneur et gens du Conseil du Dauphiné d'assembler les États de la province pour aviser

derées et résolues ou secret de nostre pensée , et aussi pour la grant amour, naturelle et singulière affection que nous avons à nostre dit fils Charles, daulphin de Viennois, et afin quil puist avoir et maintenir son estât plus honorable, etc. » — Ordonnances, t. X, p. 409. Le Dauphin avait fait Thommage dû au Roi avant la date de ces lettres.

Page 1