Chérueh p. U
5. MonsMet, loc. cit. — Pierre Cochon, fougueux bourguignon, dans sa Chronique normande , remarque que les gens d'armes ne firent aucun mal et quils furent logés hors de la ville. On ne voulait pas abuser de la victoire. D'ailleurs, il y eut des réjouissances, et rentrée fut pompeuse , comme il convenait en pareil cas : les rues étaient parées de beaux doubliers , nous dit encore Cochon ; partout du pain et du vin, «r et bevoit qui voutloit boire (p. i33). » — On a la trace d'une aide qui fut imposée, pour dons au Dauphin, à son joyeux avènement, et présents à divers seigneurs. Ms. fr. 26042 (Quittances, 51), n- 5213, 5215 et 5218.
6. a Ce fut, dit Raoulet, le premier fait d'armes où jamais fut le Daulphm, filz seul du
1417 LK DAUPHIN jusqu'à SA FUITE DE PARIS. 73
Un coDseil avait été tenu, avant le départ, pour examiner si le Dauphin resterait à Rouen pour s'opposer à l'iavasioii anglaise (Henri V débarquait, en ce moment même à Touques), ou s'il se rendrait à Paris, menacé par le duc de Bourgogne ; c'est ce dernier avis qui avait prévalu.
Charles allait se retrouver, dans la capitale, au milieu des agitations où s'était écoulée son enfance. A l'âge de quatorze ans et demi, il devait descendre dans cette arène où luttîûeot avec acharnement deux partis hostiles, où il avait en face de lui une faction soutenue par un prince du sang qiu ne reculait devant aucun moyen pour s'emparer du pouvoir : rude apprentissage pour cet enfant, désormais livré & lui-même et condamné à subir la loi des événements! Pour son joyeux avènement, il voyait, d'une part, le roi d'Angleterre s'avancer victorieux à travers la Normandie et, d'autre part, le duc de Bourgogne attaquer Paris. Nous ne referons pas le tableau de cette situation si critique pour le pouvoir royal , obligé de lutter à la fois contre l'ennemi du dehors et contre l'ennemi du dedans. Constatons seulement que, malgré les accusations de la haine, malgré certaines fautes qu'on est en droit de lui reprocher, le gouvernement dirigé par le comte d'Armagnac fit preuve d'énergie et d'habileté, et sut tenir tête au péril '.
Quelque effacé que dût être le rôle d'un enfant dans d'aussi graves conjonctures, Charles n'est point complètement absent de la scène. Il préside régulièrement le Conseil , et son nom figure au bas des ordonnances tes plus importantes rendues alors par Charles VP; il assiste aux assemblées appelées à
Roy (p. 155-56). .-Voir Jouïenel, p. 336; Berrï.p. «1-33. Religieui, t. VI, p.9i-96; Chronique dile de Pereeval de Cagru/, ch. 63.
1. a. Michelel a, presque seul parmi nos modemrs liisloriens, rendu liomniage au parli d'Annagnac cl a reconnu quTI ^lail relui Je la déftnie nationale (t. IV, p. 326). — M. Vallet de ViriviUc (I 1. p. 61 et suiv.) nous parait injuste pour la polilique du coanétahie d'Artu^ac.
t. Lettres du 15 aoilt lilT, umh^iant ta'noiuiaadan de Jean d'Ilarcourl, wml mate, comaïc capitaine de Rouen; — du 3 septembre, dunnant comcai&siun pour en vente divers joyaux de ta Reine; — du 5 septembre, portant défense d'obéir ai Bourgogne; — du 13 septembre, relatives à Jean d'Harfourl; — du ïl sepienibr liïcs à la »enledeB joyam susdits; — du 12 octobre, relatives à la vente de biei socccs^on du duc de Berry; — du !l octobre, pretifrivanl la Tabrioalion de divers naies; — du 3J novembre, ordonnant la mise en vente de joyaui provenant delà
délibérer sur les affaires politiques ou religieuses * ; il écrit des lettres aux bonnes villes du royaume , pour les mettre au courant des événements et les engager à rester fldèles à la Couronne. C'est ainsi que, le 19 août 1417, des lettres sont adressées par lui aux habitants de Reims pour leur reprocher d'avoir ouvert leurs portes aux gens du duc de Bourgogne, les exhorter à l'obéissance envers le Roi et leur enjoindre de lui envoyer une députation'; c'est ainsi que, le 19 octobre suivant, comme ils persistent dans la rébellion, il leur envoie une nouvelle sommation , déclarant qu'il les considère comme « faulx , desloyaulx et désobeissans » envers le Roi et lui, pour avoir prêté serment au duo de Bourgogne, « lequel, dit-il, a voulu et veult à mondit seigneur tolir et usurper sa seigneurie et la nostre, dont, au plaisir de Dieu, mondit seigneur et nous le garderons bien '. » Nous avons d'autres lettres , adressées aux habitants de Lyon pour les mettre en garde contre les menées de la Reine et du duc *.
Le 17 septembre, Charles se rend au Parloir-aux-Bourgeois, où on lui fait débiter un petit discours dans lequel il exhorte les notables à ne point se laisser émouvoir par le danger — le duc de Bourgogne avait la veille mis le siège devant la grosse tour de Saint-Cloud, — à rester unis et à puiser dans cette union la force de résister à l'ennemi '. Touchés par l'entrain et la bonne
sion du duc de Berry; — du 27 novembre, défendant aux habitants de Narbonne d'obëir aux mandements de la Reine et du duc; — du 24 décembre, portant commiseion pour donner provision aux Parisiens punis comme rebelles, etc., etc.
1 . Voir les Registres du Conseil, séances tenues du 26 février au 16 mars 1418. Le 27 février, après le discours du premier président , le Dauphin prononça une petite allocution pour « ad vouer » ce qu'on avait dit en son nom, et, «t en très belles et briefves paroles, recita en effect ce que dit est et refreschi lesdictes défenses itératives comme dessus, a Preuves des libertés de l'église gallicane , 1. 1 , p. 125.
2. Archives de Reims. Communication de M. Louis Paris. — Ces lettres , qui contiennent un long exposé de la conduite du duc de Bourgogne, sont signées par le Dauphin et constatent la présence au Conseil du connétable, du comte de Penthiévre, du sire de Prëaulx (Jacques de Bourbon), du chancelier (Robert le Maçon), de Tarchcvéque de Reims (Regnault de Chartres), de Tévéque de Glermont (Martin Gouge), du prévôt de Paris (Tanguy du Gbastel)) de Regnault de Montejean et de Hugues de Noé.
3. Archives de Reims. Lettre missive , signée Charles et contresignée Lancelot.
4. Archives de Lyon, A A, 22, f. 21. Deux letb^s missives des 31 janvier etl»' février 1418, signées Chakles et contresignées Alain. — Les Registres des Délibérations de Tours menUénnent encore une lettre missive du 14 septembre 1417 et deux autres d'octobre 1417 (vol. 1, part, iv, f. 10, 10 v* él 16).