‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 97 sur 362 · ReUgieux, p · texte numérisé non relu

ReUgieux, p

2. Monstrelet, t. III, p. 218. — La date est précisée par rindicatlon donnée par le chroniqueur : c Durant le temps qne le duc de Bourgongne estoit logié à FArbre sec sur le mont de ChastiUon. » Or, diaprés Titinéraire dressé par M. Gachard (Archives de Dijon, p 237) le duc M à GbâtiUon du 21 au 29 septembre.

deffense de ses snbgez et les relever des graves charges et oppressions que, pour les causes dessus dictes, ils seuffrent chascun jour; ayant aussi regard que Dieu luy a donné bon entendement à ce souffîsant et très- grant désir de soy y emploier, » il lui confère de nouveau , par délibération du grand Conseil, où ont été appelés les princes du sang, les membres du Parlement, le recteur et plusieurs maîtres de TUniversité, les prévôt des marchands, bourgeois et échevins, «et plusieurs autres de divers estaz, » la lieutenance générale du royaume, avec pleins pouvoirs , annulant toute commission donnée à la Reine ^

La situation devenait très critique pour le pouvoir royal. Le gouvernement bientôt installé à Troyes par le duc de Bourgogne et la Reine déploya tant d'astuce et d'activité qu'il devenait chaque jour plus difficile de lui tenir tête. Malgré la surprise mêlée de stupeur qu'excitait l'audace du duc , malgré les murmures que soulevait son attitude chez certains de ses partisans *, ses manœuvres avaient été couronnées d'un plein succès. D'un autre côté, les Anglais gagnaient chaque jour du terrain. Non seulement le trésor était vide, mais il était obéré pourdes sonunes énormes. Comment lutter à la fois contre le roi d'Angleterre et contre le duc? La paix intérieure du royaume s'imposait comme une nécessité '. C'est ce que comprirent , avec un noble patriotisme, certains des conseillers de la Couronne qui, pendant que le connétable était en train de faire le siège de Senlis, où il avait emmené en grande pompe l'infortuné Charles VI, firent taire leurs antipathies et leurs rancunes pour préparer im rapprochement avec le duc *.

1. Ordonnances, t. X, p. 4^26. L*originaI de cet acte est aux Archives, J i69, no 18.

2. < Qui sembloit à aucuns chose assez loing de raison , b dit Pierre de Fenin (p. 82), en parlant de l'alliance de la Reine et du duc.

3. Voir à ce sujet le Religieux de Saint-Denis, t. VI, p. 172. Le trésor était à sec : au mois d'avril, pour subvenir aux frais de la guerre contre Ic;^ Anglais, on demanda 20,000 fr. aux moines de Saint-Denis et pour avoir cette somme on fat obUgé de lenr abandonner la boucherie de Saint-Denis, bien que le marché fût très désavantageux (lettres du 22 avril). — L'évéque de Paris Gérard de Monlaign prêta 50,000 fr. au Roi.

i. « Si furent aucuns prelaz , barons et gens de bonne viUe qui , pour eschever inconveniens, conseiUërent de trouver traité de paix entre le Roy et le duc de Bourgoigne, affln

1418 LE DAUPHIN jusqu'à SA FUITE DE PARIS. 77

Le duc de Bretagne , poussé sans doute par la reine de Sicile , au nom de laquelle il avait , au mois de novembre , conclu une trêve avec Henri V, prit l'initiative auprès de Jean sans Peur. Dès le 15 mars , des ambassadeurs bretons étaient à Troyes ; ils y séjournèrent jusqu'à la fin du mois *, et s'y. rencontrèrent avec trois envoyés de Philippe d'Orléans , comte de Vertus, qui commençait à jouer un rôle important dans les affaires politiques et militaires^. Vers le 10 avril, le duc de Bretagne était à Angers ', où il s'entendit avec la reine Yolande ; il prrt, le 15 avril, la route de Paris, avec le jeune duc d'Anjou *; mais il ne paraît pas s'être avancé au delà de la Touraine *. De son côté, le pape Martin V, qui venait de ceindre la tiare, s'ef-

qne seulement le Roy D*eust plus à besongner fors aux Anglois. » Gousindt, p. 168. Cf. Religieux, t. VI, p. 172. — C'est à tort que Fenin prétend que le Dauphin accompagna le Roi dans cette campagne.

Page 1