Chrtmiipit de Tovntai, I. c, t. Dl, p
9. Lettre, en date du 10 mai 1429, adressée aux liabilanls de Narbanne, L'unginal est aux archives muDicipales de Narbonnc (deuxiéioe caisson, cote 23) ; elle a été publiée par H. Quichent dans son recueil, i. V, p. 101-104. — On a la trace de semblables
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11 Vous savez, disait-il, les continuelles diligences par nous faites pour donner tous secours possibles èi la ville d'Orléans , et le devoir en quoi nous nous sommes mis par diverses fois, ayant toujours bonne espérance en Notre Seigneur, que finalement ily étendrait sa grâce, et ne permettrait pas qu'une si noble cité et un si loyal peuple périssent ou tombent en la Bubjection et tyrannie des ennemis, m La ville d'Orléans a été, en une seule semaine, ravitaillée à deux reprises, sans que les Anglais aient pu s'y opposer. La bastille de Saint-Loup aété prise, après un assaut qui a duré quatre ou cinq heures et où deux des nôtres seulement ont été tués. « Nous avons pleine conSance en la miséricorde de Notre Seigneiu- que nos affaires viendront à une heureuse issue , moyennant aussi la diligence que nous entendons mettre à poursuivre notre bonne fortune. Nous vous prions donc et exhortons bien cordialement que, en reconnaissance de toutes ces choses, vous veuilliez, par de notables processions, prières et oraisons, louer et rendre grAces à notre Créateur, en le suppliant toujours de nous être en aide et de conduire nos affaires, car nous avons bien grand espoir en vos bonnes prières '. »
Dans un post-scriptum, le Roi annonçait qu'à une heure après minuit, un héraut était arrivé, porteur de la nouvelle de l'attaque et de la prise du fort des Tourelles : « Vous devez donc encore plus, ajoutait-il, remercier notre Créateur, qui, de sa divine clémence, ne nous a voulu mettre en oubli; et vous ne sauriez assez honorer les vertueux faits et choses merveilleuses que le héraut, témoin oculaire de tout cela, nous a rapporté, et en particulier de la Pucelle, qui a toujours été
lellres adressées, dans tes jours suivants, a grefller, p. 31.} el de Tournai (à Id dale du ! Coniaua, t. Il, p. 339-30).
I. u Toutes les quelles choses bien considérées, avons bien liance en la miséricorde de NbsiJ'e Seigneur, mO^enaanl aussi h Imnne diligence que entendons Taire à poursuivre nostre bonne fortune, que nos affaires vendinnil i bonne yssue. Ce que vous voulons bien communiquer, sacbanl que ain» le vouidroyez cl desirez; vous prians et eiorlaos bien cot^iiJement que, en recotaoissance de toutes ces choses, veuillez, [lar notables professions, prières et OToisons, bien loci- et rcgracîer noslre Creatcur, en le requermt tousjoDTS de nous estra en ayde et de conduire noz ilTairesr car en vos bonnes prières avons bien grant eipoir. >
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en personne à raccomplissemeot de touteii ces choses '. o Une dernière note faisait conoattre la retraite précipitée des Anglais, abaudoonanl leur artillerie et la plus gi'ande partie des vivres et bagage».
Le jour même où cette lettre était écrite. Jeanne, ne pouvant, faute d'argent et de vivros, entretenir l'arméo', quittait Orléans, et après avoir passé deux jours à Blois, se rendait à Tours. De son côté, le Roi s'avança pour la joindi*, et partit de Chinoo le 13 mai. La Pucelle se porta à sa rencontre : elle chevanchail, son blanc étendard à la main. Dès qu'elle aperçut le Roi, sans descendre de cheval, elle découvrit sa tête, et s'inclina aussi profondément qu'elle le put. Charles, ôtant son chaperon, la fit se relever et l'embrassa avec effusion. « Et, ajoute une relation contemporaine, comme il sembla à plusieurs, laeust baisée de la joie qu'il avoit. » Le Roi et la Pucelle prirent ensuite le chemin de la ville, oit ils furent reçus au milieu des acclamations populaires ^
Jeanne avait donné son styic. Elle avait, par uu exploit merveilleux et qui défiait toutes les prévisions humaines, convaincu le Roi de la réalité de son inspiration. Après avoir accompli miraculeusement le premier point de sa mission, il semblait qu'elle ne dût plus éprouver d'obstacles, et -que les conseils de la pnidence humaine n'eussent qu'à s'incliner devant l'éclatante manifeistation de la puissance d'en haut. Il n'en fut point ainsi. Jeanne montrait la ville du sacre comme le but à
1. ■ fOHr r£, ]ilus que devint, devez luuei' et regracicj' nusire dit Créateur que de sa divine clémence ne nous a voulu mellre en ouMjr; et ne pourriei asseï boDurer les vertHCUt rails el choses merveilleuses que le dil lierault, qui a eilé présent, nous a lonl rapporté, el antres aus^i, de la Pucelle, laquelle a toujours esté ea personne à rei<%ution de toutes CCS choses. "
i. Cousinot, p. 398.
3. Ces deuils nous soat Tournis à la Tuis |)ar la Gkroniqur île Tournai <J. c, 1. lU, p. il2) ti par Eberhard de WIndeckcn (Piocès, 1. iV, p. 197). Leur auUteniiciU ne peut donc tlTt conteste. Ils sont puisés évidemment dans un r^ll circonstancié et en quelque sorte omciel des l^lts, envoyé am cours éirangÈres. Le premier de cep documents dit que le Boi ariva le vendredi après la Penlccâto (13 mai); le seroud que ee fut le mercredi (11). La première date nous parait èlre la honne. Voici le texte de Windecken : • Ua sollte dev Koeni|c der Zeit kommen und die Magd war eher da als der Kœo'ig, und sie nabni ihr Banner in ibre Hand ; und riii gegen dem Koenig, and da sie lusammen kamen, da neigte die Magd ihr Baupl gegen den Koenig, so sehr sie konnte, nod der Kwnig machte sie sogletcb aufslebea, und man meintc er lialle sic gar gckQsst vor Freuden die er halte. »
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atteindre, et chacun regardait ce qu'elle proposait comme impossible '. Certains mettaient en avant le projet d'une expédition en Normandie '. Le Roi avait beau lui faire « moult grande chère', « on perdait en vaines discussions le temps qu'on axirait dû employer à agir.
Après dix jours passés à Tours, la Cour se rendit à Loches. Le 22 mai, le Roi écrivait de cette ville aux habitants de Tournai, pour les mettre au courant des événements : " Et pour poursuivre notre bonne fortune, ajoutait-il, nous mettons sus à toute puissance, en espérance. Dieu devant, de recouvrer les passages qu'occupent encore nos ennemis et de faire au surplus ce que Dieu nous conseillera \ » Et il leur parlait de la Pucélle , qui avait présidé à tous les exploits accomplis jusque-là. Mais les actes ne répondaient point aux paroles. Dure épreuve pour Jeanne qui, pressée par ses voix, et sachant, comme elle le disait au Roi, qu' " elle ne durerait guère qu'un an, n était impatiente qu'on l'employât', et ne cessait de répéter ; « C'est à Reims qu'il faut aller pour faire couronner Ip M noble Dauphin, car quand il sera couronné et sacré, la puis- « saoce de ses adversaires ira toujours en diminuant, et ils '< ne pourront plus nuire ni à lui ni au royaume '. »
Un jour, elle se rendit au château de Loches, en compagnie du bâtard d'Orléans, dont elle avait gagné la confiance. Le Roi
f. u Son conseil sembla ti'ès Fort à cteculer à touz cenlt qui eo oiiyrenl- parier, ri disoieat que veue la puiisancp ie^ Englois i>t Boui^uigaons, enncmys du Roy, et consi- <lcri<^ que le Roj u'avoit pas gi'ans UnaDces pour souldoyei- son ënaét, il lujr estoil impossible' de paifaire le diemiii. > Cliroaique allribuéc â Perceval de Cagny, I. IV, p. 1 1 .