Mgr Dupanlonp, Panégyrique de Jeanne d'Art (185S1. p
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1430 CHARLES Vil ET JEANNE D'aRC. 241
pable que le prétend l'histoire, et mérite-t-il la flétrissure infligée à sa mémoire?
Un savant magistrat du dernier siècle, M. de l'Averdy, qui, le premier, a fait connaître au public les deux procès de condamnation et de réhabilitation, et permis ainsi aux historiens de contempler la figure de la Puceîle sous son véritable aspect, a consacré, dans le volume même où il analyse les actes de cette double procédure, une dissertation à l'examen de la conduite de Charles VII à l'égard de Jeanne '. M. Quicherat, qui pourtant traite l'auteur avec une juste estime et le nomme quelque part « le judicieux de L'Averdy, - se moque i^réablement des efforts tentés par lui pour justifier le Roi : il appelle cela a plaider les circonstances atténuantes de l'ingratitude*. » Mais un autre érudit très autorisé, M. Charles de Beaurepaire, ne traite pas cette défense avec le même dédain. Dans un savant mémoire sur le Procès de condamnation *, il cite « les judicieuses paroles de L'Averdy, » et il déclare admettre pleinement ce système de défense. Arrêtons-nous donc un instant à l'arçumentation de L'Averdy.
« On a, dit-il, reproché souvent à Charles VII d'avoir lâchement abandonné Jeanne d'Arc, aussitôt qu'elle fut tombée dans les mains des Anglois en 1430, pendant le siège qu'ils faisoient de la ville de Compiègne.
« On prétend que ce prince auroit dû la racheter à quelque prix que ce fût, eu payant sa rançon à ceux qui étoient devenus maîtres de sa personne.
* « On ajoute que s'il ne pouvoit pas y parvenir, il devoit au moins déclarer, pour la sauver, qu'il feroit éprouver aux pri-
1 . Bêflexloru Mitoriquea et aritiques nir la conduite gu'o tenue Charlti VII à NguTd de Jeanne d'Arc, dUe la PiKtUe d'Orliaat, après qu'elle eut été faite pritonnière par tet Angloa au «jeg« de Compiègne, dans le tome III, pages 156-170, des Notices et Extrait* de la bibliothèque du Hoi (Paris 1790, in-i»).
i. Aperfut nouveaux lur l'hùlotre de Jeanne ttAre, par M, Jules Quicherat (Paris, 1850), p. 23.
3. Recherches nir le procès de condamnation de Jeanne d'Arc, par U. Charles de Robilhnl de Beaiii'epajre. RoueD.'186D, iD-S> de 1S8 p. t Je sais, dit.le savant auteur (p. 92), tout ce que la France doit i ce prince, et je ne voudrais point m'associer k eut qni ont^ sévèrement apprécia sa conduite sans tenir saffisamment compte de tontes les difScultés de la situation qui lui avait M faite, n
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soQQiers aDglai:^ qu'il avuil faîls et qu'il fep<»it à l'avenir le même traitement que celui que Jeanne auroit soufTert.
« Enfin on finit en disant qu'il auroit dû employer du moins tous les moyens que la guerre pouvoit lui donner pour empêcher qu'on ne rendit et qu'on n'exécutit contre elle les jugements iniques dont elle fut la triste victime. »
Ainsi : 1° le rachat; 2° les représailles; 3* la voie des armes, tels sont les moyens allégués, que L'Averdy examine, en se report2int a aux circonstances dans lesquelles on se trouvoit, aux usages qui s'observoient, et aux préjugés qui régnoient dans presque tous les esprits. »
I. « Il paroit naturel, au premier coup d'oeil, de croire que Charles VII pouvoit délivrer Jeanne, soit par voie d'échange, sçit par le payement d'une rançon, à quelque somme qu'on l'eût portée : s'il le pouvoit, il seroit impardonnable à ce monarque de ne l'avoir pas fait, et il seroit juste de le condamner sans hésiter. Mais il me parait que Charles VII n'a pas pu le faire, parce que ceux qui l'avoient prise n'avoient pas le pouvoir d'en disposer, parce qu'elle tomba inévitablement sous la puissance du roi d'Angleterre lui-môme, et parce qu'enfin celui-ci ne vouloit pas et n'étoit même pas le maître de la lui rendre....»
L'Averdy entre dans le développement de ces trois propositions, et arrive à cette conclusion : « que Charles VII étoit absolument hors d'état de racheter Jeanne, et que tout étoit réuni pour opposer une barrière insurmontable au désir qu'il enavoit et qu'il seponvoitpas n'en pas avoir. » Il fait observer que d'ailleurs « le silence des historiens sur les démarches, au moins de forme, que Charles VII auroit pu faire pour réclamer Jeanne, laisse la liberté de présumer qu'il a pu hasarder à cet égard quelques efforts sans succès. »
M. de Beaurepaire, à la suite de L'Averdy, constate que « les négociations en vue d'un échange auraient été sans effet pour la délivrance de la Pucelle, et que même elles n'auraient pn que ia compromettre, en attestant tout le pris que le gouvernement français attachait à sa liberté*. »