RËQNE DE LA TRÉUOILLE ET ARRIVÉE DE CHARLES D'ANJOU AD POUVOIR
Eiquisw du caMOtère du Roi. — Omnipolence de L» Trémoille. — Cbirle« VII à Sully diei la Trémoille; il correspond «divement avec les hablMnlsdc Reims, «I annoniM l'intenlion da reprendre les arme? en personne. -~ Pr^panlirs militaires; le llol s'avance jusqu't Sens; Il va scfiieri Chinon. — Complots de La Trémoille contra le connétable cl du conuitibie contre La Trtmoilli-. Conspiralion de Louis d'Ainboiae : clic vise la personne du Hoî. ~ Négociations avec le duc da Bretagne : La Trémoille te rend à la Cour du duc. —Arrestation de Louis d'Amboisc et de sea complieesi leur procès; ils sont condamnés i mon. — La
du Bol au milieu de ces complots; il préside plusieurs réunions d'États; sa correspondance avec les babitanis de Reims; tes libérililéi à l'égard de plusieure de ses serviteurs. — Continuation des négociations avec le duc de Bretagne; ce prince, sans rompre avec Ici Anglais, se rapproche de Charles Vil. -- Le Rai continue i correspondre avec sh bonnes
trairas. — Complot ourdi par les aisïs du connétable pour le renverser. — Les conjurés se
la reine Marie d'Anjou; arrivée de Charles d'Anjou au pouvcnr. — Charles Vil acout les conjurés devant les États de Tours. — Sa conduite i l'égard de la Belne ; mariiue» de confiance qu'il lui lémoigne. — Les enfants rojaui : espérance? que donne le jeune Dauphin. — Voyage en Dauphiné : Cour plénière à Vienne; le connélable rentre en grice. ~ Impulsion
it de GaucourI; mesures
Avant de reprendre le lil du récit, arrétoDS-nous un iostaût encore sur cette personnalité royale, condamnée à un rôle si effacé par le despotisme jaloux de La Trémoille, et interrogeons les rares documents de cette période qui peuvent nous la faire envisager sous son véritable aspect.
260 HISTOIRE Dfi CHARLES VII. 14'2tt
Quand il se montre à ses peuples, Charles VII apparaît tel que les habitants de Châlons le dépeignaient, à la veille du 3acre, dans une lettre aux habilants de Reims : o Doulx, gracieux, piteux et misericors, belle personne, de bel maintien et haiilt entendement'. » Martial d'Auvergne disait plus tard de Charles VII qu'il était « piteulx à merveilles * : » c'est un trait de caractère qui persiste à toutes les époques, et qu'il faut retenir. Dans son ÉpUrc aux États de Blois, qui paraît avoir été écrite avant le mois de juillet 143'), Jean Joiivenel, évêque de Beauvais, s'exprime en ces termes: « Jecroisquesioncques B Roy deuslestre aymé et honoré, vous devez aymer et honorer « !e Roy nostrc souverain seigneur, car il est aymé de Dieu : sa « vie, son gouverucment est bel, lionnesle et plaisant à Dieu, el « n'y a eu lui aucun viee. Je parlasse plus avant de sa personne « si on ne l'imputait à une manière de flatterie'. » Tous ceux qui aiiprochenl Charles VII vantent son affabilité, autre trait saillanl de son caractère*. Ses adversaires de la veille sont touchés à sa seule vue; nous avons dit déjà que les habitants de Troyes, dans leur culhousiasme, le proclamèrent « le prince de la plus grande discrctiiin, entendement et vaillance que issy de pieça de la noble maison de France '. » On a conservé aa réponse à l'évêque de Troyes et .aux autres députés de la ville qui étaient venus parlementer avec lui; elle atteste les sentiments élevés qu'il avait de ses devoirs de Roi : « Par « le trépas du feu Roy son père, y était-il dit, Iny survivant « estoit seul et unique héritier dudil royaume, et pour ceste
I. Ce sont \e% termes employas dans une lettre qu'ils écrivirent le 16 juillet aux liabilanls de Keinis, |iour lesenR^^er à faire oUissanceaiiltol ; ils »oat ra|ipor(i<s par Jean Rogier, dans son Itecueil des vhartrt», lettres et airètt noiablex île Beims, dont M. Ouî<:lieral a donnit des enlrails ; /Vwèt, I. IV, p. 308.
i. Vigillet de CHarles VII, t. l, p. Gi. Ailleiii's {(). 5!>>, il fait celle reinanjue ;
El en OUI iilnt iraiide pllit.
3. Épiire aitx Étala de lllolt. dans Ids Aiinnlatiom aux ir.iivres d'Alain Cliarlitr. publiées par Andr^ du Ctiesne, p. 933.
i. Voir la Ifllre dG Guy et Andrj de Laval, eu date du S juin UJ9, reproduite en partie plus haut,
5. Reeueil det charlre), etc., de Jean Rogier. Procia de Jeanne d'Are, t. IV, p. Î96.
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