‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 172 sur 367 · KÎ CHARLES D'ANJOU AU POUVOIR · texte numérisé non relu

KÎ CHARLES D'ANJOU AU POUVOIR

donaée à Chinon, convoqua une nouvelle assemblée à Issoudun pour le 8 avril.

Cependant les pourparlers avec le duc de Bourgo{^e avaient abouti k la signature de préliminaires de paix. Le connétable de Richement, qui avait présidé i ces négociations, vint à Chinon en rendre compte au Roi. Charles VII, ûdèle observateur de la maxime si vis pacem para bellum, venait de nommer Richement son lieutenant général dans les contrées entre l'Yonne et la Seine. Il reçut le connétable avec une grande bienveillance. On décida qu'une solennelle assemblée se tien^ drait à Tours, où le Roi devait se rendre pour les fêtes de Pâques. Après un court voyage à Parthenay, le connétable y rejoignit le Roi : c'est là qu'il rendit hommf^e pour les seigneuries provenant de la succession du seigneur de Parthenay et dont la possession venait de lui être confirmée '. Dans une réunion de princes et de députés des États , on décida ; 1" que le Roi enverrait des ambassadeurs aux conférences qui allaient s'ouvrir à Arras pour la conclusion de la paix; 2° que le b&tard d'Orléans entamerait dans l'Ile-de-France une campagne qui servirait de prélude à une attaque contre Paris. Le héraut Berry raconte en ces termes l'initiative prise à cet égard par le futur comte de Dunois . : « Si vint mon- dit seigneur le bastard en la ville de Tours, où lors estoit le Roy, pour sçavoir de luy s'il vouloit bien que la ville de Saint- Denys fust prise , et lui conta la manière comment il pouvoit avoir ladicte place. Le Roi eut la manière de la prendre très agréable, et conclud, ensuite d'une délibération de son conseil, que mon dit seigneur le bastard executast la chose '. »

Le Roi eut bientôt la joie d'apprendre le double succès

f. LeUKs du 9 avril 1135. Archives, X» 6601, f. ISS v>. Il est feil allusion en ces termes, dassces leUres, ila disgrâce du connétable : «... tandii que, par le mo;eD el pourchm d'aucuns ses malveillans, qui lors avoient graot gouvernement et aucloril j entonr nous, il a csl^, à sa grant desplaisancc, esloignf de nous et de nostre service. > It Taul remarquer aussi les considérants : t Nous, eu i ce rrgan et consideracion, et. aussi au 1res grans, louables et i^oniables services que nous a longuement faii, et que de jour en jour s'eFTorM de toute afTeclion d>> plus encore nous fere noslr« dessus dit coussin et connestable, tant en lait de noz guerres comme aulremenl en toutes manières à lui possibles ; voulanspour ce letraiclerenlous ses afltùres favorablemrait et en toute doulceui'..., ■ etc. , ï. Berrj, p. 389.

b/Goot^lc

308 HISTOIRE DE CHARLES Vil. 1435

obteou par ses capitaiaes : la défaite du comte d'Arundel, lieutcnaQt du roi d'Ao^leterre en NonnaQdie, battu à Gerberoy par La Hire et Saintrailles (vers le 1*'' mai); la prise de Saint- Denis par le bâtard d'Orléans {1" juin).

En quittant Tours, Charles VII séjourna quelques semaines à Amboise et à Loches, s'occupant des affaires publiques, avec le concours de ses plus anciens et plus fidèles conseillers'. Le sire de Gaucourt, élevé récemment à la dignité de premier chambellan, avait alors toute sa conâance*. Eu se rendaat en Berry, le Roi fut rejoint à Saint-Aignan par le bâtard d'Orléans , qui lui rendit compte de son entreprise sur Saint- Denis; il fut décidé que le bâtard s'établirait à Saint-Denis, avec un corps de troupes, pour être prêt à tout événement*. Le !"■ septembre, le Roi était à Bourges, attendant l'issue des négociations entamées à Arras, et dont l'heureux résultat allait amener un changement complet dans la situation politique du royaume.

1. Parmi les signataiKs des ordoimaiMes rendues à ce moment, on remarque : le comte de VendAme; Hugues de Noé, qui reçoit 100 moutons d'or par lettres du 7 juillet; le cliancelier Kegoault de Chartres, qui retoil MO 1. (i juillet); Christoplie dllarcourl, auquel te Roi donne 1,000 moutoiiE d'or (7 juillet) avant son départ pour Arras; réTJquc de Poitiers Hugues de Combarel , qui a un don de 100 moutons d'or (T juillet) ; Bertrand de Beauvau et Régnier de Boullign;, qui ont cbàcuD SOO moutons d'or (7 juillet); Deots du Moulin, arcbev^que de Toulouse, qui revient de son ambassade de Castiile, et qui tourhe 1,200 moutons d'or pour solde de ses frais de voyage; Tbibautde Lucë, éfCquede N^uelonne, Jean Chastenier, etc.

9. Par lettres du 7 juillet, le Roi lui avait donné t,000 mouUms d'or (ms. fr. S038!, I. !); il lui donna Nieore 1,000 I. t. le 80 anil (Clurambaull, 112!, ii° 51), et 300 1. 1le 8 septembre (/d., n" 53).

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