‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 18 sur 367 · Voir plus loin, cha|Htre ix · texte numérisé non relu

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5. Les conseillers' du duc lirenl entendre de nombreuMS plaintes à ce sujet, el l'absence

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46 HISTOIRE DE CHARLES Vtl. 1433

pagne, en Bourgogne, c'étaient de perpétuelles entreprises*. Le duc de Bourgogne, bien que ses relations avec les Anglais devinssent chaque jour moins cordiales , hésitait toujours à se rapprocher de la France. La trêve du 13 décembre 1431 était considérée comme non avenue. De toutes parts les possessions twui^ignonnes étaient menacées ; et les succès obtenus, dans les premiers mois de 1433, par le comte de Clermont et par les autres capitaines français, causaient au conseil du duc les plus vives inquiétudes '. Au même moment, des troupes anglo-bourguignones, envahissant la Champagne, s'emparèrent de Pont-sur-Seine, de Fougeon, de Saiily, d'Ëper-, nay et de plusieurs autres places, et s'avancèrent jusque sous les milrs de Troyes '.

Après les conférences de Seine-Port (mars 1433) et en dépit du traité particulier conclu à grand peine, par le conseil du duc, avec le comte de Clermont*, la guerre reprit avec une nouvelle ardeur'; elle eut bientôt un caractère menaçant pour la

de kHde disapline dans l'innëe du Roi jusliQait assez leurs rédamalioni. Hais HOBstrelel conslaW que le point de départ des hostilités venait des Bourguigaons , qui n'avaianl pu voulu cesser la guerre et avaient pris la croix roi^e pour pouvoir cuoliauer â combiUrc les Français (t. V, p. ÎG-27). Afin de mieui poursiÙTre la lutte, Jcsn de LuxemtMurg, le lieutenant du duc, avait inlroduit les Anglais dans Clermont, et ceui-ci ouvrirent aussilM les hostilités; mais leui' chef Kyriel n'ayant pas méo^é les pays du duc, celui-ci trouva oeil Dtrt mauvais; il eut grand peine à faite déloger Kjnel de Clonont (M.. Md., p. 18-19).

1. Voir Hunslrelel, t. V, p. 16, 26-ST, 30, 38, 11-4!, 45; Boutiot, /. c, p. ti-43, 46-49; D. Plancher, I. IV, p. 164. Au mois de mars 143!, Ponl-sur-Seine, Fougeon, Anglure, Pleurs, Uarigny, Clerej et Chappes étaient retombés au pouvoir de l'ennemi; en avril, les Francws s'emparèrent de la Rodio-Solutré ; en septeaibre. Anoure et Pleurs furent repris.

i. Au mois de janvier, Pacy, Leiiones, Aralloii dans l'VoDne furent pris par les Francis. Le comte de Clermont s'avança jusqu'ï Dâle. D. Plancher, I. IV, p. 169; Clerc, Eitai tur rHittnire de Franche-Comté, l. Il, p, 436-18; Canal. I. c, p. 3t9.

3. BontJol, Histoire de Troytt, t. II, p. 667 etâuiv., «I Un chapUrt, etc., p. 52-S5. Ce n'est que dans les historiens locau]i qu'on trouve des renseignemenls sur ce& opérations. Monstrelet mentionne pourtant (p, 54) là prise d'Épemay.

4. Du 34 au !6 mars eurent lieu il Ulcon des conférences qui aboutirent ï un traita pour la remise de Solutré aux Bourguignons et de Noyers et Marignï aux Français. Bien que ce traité ait été ratillé le S9 par le comte , il ne recul pas d'eiéculion. De nomhreuses n^OciationE eurent heu 1 ce sujet, et une > journée • fut lenue en juillet ï Moulins- Engilbert (Canat, l. c, p. 3£a-!34). A ce moment une trêve particulière entre le Uàconnai3 el le Beaujolais était en vigueur (voir Cianai, p. Î3i).

6, Guillaume de TiA\, seigneur* de Cliâleauvillain, l'un des plus puissants seqpeurs bouTgnignoiis, venaitde donner son adhésion au Roi (trtitë du 16 février), et hiltail de concert avec les Franirais. En avril , Langres bit pris.

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1433 ËVËNEUENTS HIUTAIRES DE 1422 A 1435. 47

PraDce. Le duc de Bom^ogne s'était décidé à reprendre vigoupeusemeot l'offensive : il donna des ordres en Bourgogne pour un armement général ', et lui-même réunit en Picardie et en Flandre aes meilleures troupes. Dans un conseil de guerre qui fut tenu à Arras vers le 25 Juin 1433, le duc décida que le comte de 8ajat-Pol irait faire le siège dé Saint-Valery dont les Français s'étaient récemment emparés; que Jeaa de Luxembourg se tiendrait sur les rives de la Somme pour protéger la Picardie contre les incursions des garnisons françaises, et que lui-même s'avancerait vers la Bourgogne pour réduire les places dont les garnisons inquiétaient sans cesse ses possesaions*. Philippe arriva devant Troyes le 3 juillet; mais la ville où s'était signé l'odieux traité qui faisait couler tant de sang fit preuve d'une fidélité et d'une vigilance qui ne se démentirent pas un instant *. Il marcha alors sur Mussy, dont il s'empara, et s'avança jusqu'à Ch&tillon, d'où il envoya dans le comté de Tonnerre réduire toutes les places qui tenaient pour Charles VII. Le duc flt en passant le siège de Facy et de Lézinnes, et, maître de vingt-quatre forteresses, il se rendit à Dijon pour y attendre l'époque de la « journée » de Pacy, fixée au 1*' septembre. Il parut sous les murs de la ville à la tête d'une brillante année, grossie de seize cents Anglais que lui avaient amenés Talbot et l'Isle-Adam, lequel venait d'être créé maréchal de France par Henri VI et investi de la garde de Paris*. Puis il congédia une partie de son armée, ne conservant que les troupes des sires de Vergy et de Créquy

1. Le Conseil de Boarg(VDe se rëuait du l" au 5 «vril à Beaime; les troupee devaieiit s'issemhler ï Seraur <Caiut, p. 329 ; D. Plandier, I. IV, p. 17t). Le 3 mat, les États de Bouifogne tanat rimas, et le rendei-Taug des iroùpeE fat Aie i FlingHf au 6 juin (Canal, p. S3I ; Bouliot, p. 38).

t. Honatrelet, t. V, p. 62-01; Sainl-Remj , t. Il, p, 368 et suiv.

3. Voir Boutiot, //btoire dt Troijt*. t. H, p. 567 et suit. Non seulemeat Troyes reate ioTariablenwnt Udèle au Roi son « naturel ei souverain seigneur, > s'iraposant tous les laeri- Bces, disant courageaseownt la vérité au gouvernement rojal^ mais eocore elle s'efforce de nuinleoir tes villes voisines dans l'obéissance; elle écrit i un capitaine destiné à une triste reDomniée, et qui j préludait dignenwnl (Tristan l'Ermite), i qu'if est commuoe reDMiinée qu'il doit mettre Muuj es mains des ennemis sans combat et par convoitise d'ariecL • Cela ne manqua pas d'arriver : Mussy, à peine investi, Tut Kyré.

t. L'Ile Adam av«i été créé maréchal de France le ! mai \t»î; k i février 1433, U liait été retenu pour servir le roi d'Angleterre il la garde de la capitale.

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48 HISTOIRE DE CHAHLEfi VU. 1433

qui opéraient en Champagne contre le seigneur de Gh&teau- Tillain et le damoiseau de Coounercy, et celles des sires de- Charny et de Croy, chargées d'assiéger Avallon. Cette place arrêta pendant plus d'un mois toutes les forces bourguignonnes ; elle capitula enfin, et par suite d'uu honteux marché conclu avec quelques capitaines français, sa prise fut suivie de la reddition de Gravant, de Mailly-le-ChAteau et de Maillyla-ViUe,'que le duc opéra ainsi sans coup férir, La campagne fut terminée par la prise de Plerre-Perthuis. Le duc n'avait rencontré que peu de résistance; aucune armée française ne s'était montrée pour défendre les places attaquées, et un traité, conclu sous les auspices de la comtesse de Glermont, vint lui garantir la neutralité du comte jusqu'à la fin de l'année \

Dans le Nord, la campagne, un moment interrompue par la mort du comte de Saint-Pol, avait pourtant été également favorable au duc de Boulogne. Saint- Valéry et Monchaux, dans le pays de Gaux, avaient été pris; Jean de Luxemboui^ s'était emparé de Haplincourt; mais La Hire, tandis que Jean de Luxemboui^ était retenu à Lucheux par la mort de son frère, avait porté le ravage danâ tous les pays du duc, et avait pu revenir librement à Laon sans être inquiété. Luxemboui^, après avoir tenu la « journée » de Monchaux (15 octobre), voulut prendre sa revanche; il fit peu de mal aux Français*.

Tandis que le duc de Boui^ogne pouvait ainsi impunément détruire en Champagne l'œuvre de Barbazan, une révolution de palais s'était accomplie : la prodigieuse fortune do La Trémoille, ce ministre insolent qui plaçait ses intérêts au-dessus de ceux de l'Ëtat, et entravait tout par ses

i. Voir sur la cajDpagDe de Bourgogne, Hansli«lel. t. V, p. 65-66, 69-70; Saiol- Remj, t. 0, p. 380 et suiv.; D. Plancher, t. IV. p. 177-185; Boutiot, p. 61 el smf. La trêve avec le <»iu(e de Ctennont Tut coDClae le Si octobre ; elle devait durer du 3 novembre an 31 décembre (Canal, p. 337).

t. Voirsuroette cani|Mgne,Mon3lrelel,p.70-7!,14,el Sainl-Remy,!. II. p. 97âetsuiv. Aprts la niort de wn Trire, Jean de Luxembourg emmena avec lui son neveu Louis, alon igé de 95 ans, el lui fit raire la ehaue aux Fronçai* jusque sous les'murs de Laon. Voici en quels termes le cbroniquenr à gages des Luiembôui^ raconte l'apprentissage des annes du jeune c«mte de Saini-Pal : <: Si fut ce jour mis en voie de guerre, car le comte de Leirnj, son oncle, lui en llst occire aulcunj (des Français prùotmitri), lequel y pren(rit grand plaisir (t. V, p. 79). « Voilii ce que éiait devenue la cberalerie aax beaui jours de la Toiton ifor.'

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1433 ÉVÉNEMENTS MILITAIRES DE i'422 A 1435. 49

iotrigues, sa déloyauté et ses dilapidations, s'était écroulée sous le poids de haines et de vengeances longuemeot accumulées [juin 1433J; le pouvoir passait à des maios plus dignes, et l'influence de la reine Yolande redevenait prépondérante. Il faut reconnaître toutefois que le nouveau Conseil ne fit, , dans le cours de l'année 1433, aucun effort sérieux pour arrêter la marche triomphante des armées boui^ignonnes.

Un différend entre le comte de piermout, devenu duc de Bourbon par la mort de son père (janvier 1434), et les ducs de Bourgogne et de Savoie, compliquait encore la situation. On se préparait de part et d'autre à une lutte acharnée. Les Anglais mirent en mouvement trois armées. La première, commandée par le comte d'Arundel , opéra dans le Maine : Saint-Céleria, investi au commencement de janvier 1434, capitula après un long siège ; Sillé-lc-Guiilaume et Beaumont-le- Vicomte tombèrent au pouvoir de l'ennemi, malgré l'intervention d'une aimée à la tête de laquelle étaient le connétable, le comte du Maine et le duc d' Alençon. Le comte d'Arundel se porta ensuite dans le pays Ghart;^Q , où il s'empara de plusieurs places. La seconde armée, sous les ordres de Talbot, arriva d'Angleterre au mois de mai, se dirigea sur Paris en s' emparant de Joigny sur sa route, et alla réduire successivement Beaumont-sur-Oise , Creil, Pont-Sainte-Maxence, Crépy et Clermont. Enfin, une troisième année, sous les ordres des sires de Scales et de Willoughby, opéra dans la basse Normandie, où un nouveau siège fut mis devant le Mont-3aint-Michel '.

Du cOté des Français, La Hire, qui avait été nommé capitaine général dans les pays au nord de la Seine ', et dont le quartier général était à Laon, ne cessait d'inquiéter les Anglais, et les

-t. Mémoire du conseil d'Angleterre en date du 11 juin 1431, dans Histoire île Bourgogne, I, IV, preuvti, |i, cxui. — Opérations du «tmle d'Anuidel : Cliarlier, t. 1, p. )G4-fl9; flntd, p. 31i-73; Berry, p. 387; Monsirelet, 1. V, p. 9i. — Opérations de Talbot : McMistrelel, t. V. p, W-n, immd d'un hourgeoi» dt Par**, p. Î99, et lettres de Henri VI du 21 avril. — On a peu de rensrignemeuis sor les opérations de la troisième armée; l'assaut Tut donné au Monl-Saint-Micliel le 17 juin. Chronique du MontSaM- Mlchel , t. 1 , p. 34-36. CI- lettres de Chartes Vil du 31 décembre 1434.

i. Dans des lettres du 31 déc^nbre 1133, il prend le titre de * lieutesul du Roj nosire sire, eapitaine geiwral defa la rivitre de Seine es pajs de l'isle de France, Picardie, Beauvoisis, Laonnais et Soissonnais, et hailly de Vennandois. n

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SO HISTOIRE DE CHAKLE3 VU. i434

poursuivait jnscpie sous loa murs de Paris '. Un de ses lieutenants s'empara (janvier 1434) de Saint-Valery, dont la prise jeta l'alarme en Ponthieu et dans le-s pays environnants'. La Boui^oRne tHait toujours tenue en <^chec : Rodrigue de Villandrando occupa (6 janvier) le Mont-Saint- Vincent, avec ses terribles routiers; de là il dirigea ses incursions dans le Gharolaiâ et le Maçonnais, où il fit de grands ravages'. Les Bourguignons ri^pondircnt par une attaque contre le Beaujolais ; aucun engagement n'eut lieu, mais les populations eurent à subir les déprédations des gens de guerre. Bientôt le duc de Bourbon , profitant de la retraite du bâtard de Sainl-Pol sur MAcon et Chàlon, prit à son tour l'offensive, et envahit le Maçonnais, tandis que d'autres troupes pénétraient dans l'Antnnois et l'Auxerrois, et que le seigneur de Ch&teauvillaîn attaquait la Bourgogne par le nord. Jean de Vcrgy, capitaine tîénéral en l'absence du duc, qui avait regagné la Flandre (2Smars), tint tête à l'orage, et alla assiéger Grancey, l'une des places du seigneur de Cliâteauvillain, située entre Dijon et r,angres. Le duc de Bourbon s'était avancé jusqu'à Dôle ; il fut forcé de battre en retraite, et dut se borner à occuper le Charo- !ais, en attendant un renfort, amené par Gaucourt, qui lui permit de s'emparer de Chaumont-la-Guiche et de marcher au secours de Langres, menacé par l'ennemi*. La capilulation de Grancey et la présence du duc de Bourg(^ne, revenu à la tête d'une armée formidable, arrêtèrent la marche du duc de Bourbon. 11 se replia sur Villefranche, tandis que son adversaire reprenait Chaumont et s'emparait de toutes les forteresses du Méconnais. et du Charolais. Philippe envoya même des troupes dans le Beaujolais, où l'on assiégea Belleville, et fit pousser jusqu'à Villefranche, dans le dessein de cerner le duc

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