‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 182 sur 367 · Voir t. I, p · texte numérisé non relu

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6. C'est ce qui ressort du document qui va être cité ci-dossous. — Les deui dn'ca n'avalent cessé pourtant de correspondre à ce sujet. Le !3 aoUt WH, Antoine deToulopgeon et Philibert Andrenet partaient de Châlillon-siir-geine, oi'i se trouvait Philippe. pour se rendre à la cour de Savoie ; ils revinrent ensuite \ Dijon rendre cemple au l^nseit de leur missiun, retournèrent en Savoie, et allèrent eu Flandre Taire leur rapport an duc. En outre, Guillaume de Nenville. dit le Moine, partit de Paris le 19 septembre, pour aller en Bou:^ogne voir la duchesse de Bour^opie , madame de Gujenne et moMeigrum de Savoie. Archives de la Gûte-d'Or, B 1S23, f. lU v", 115 et ilfi.

7. Aucun historien n'a attribue à la conférence de Boorg l'importance qu'elle eut

Dès qu'il eut reçu les ouvertures du duc de Savoie, Charles VII s'occupa de l'envoi d'une notable ambassade. Nous savons par des documents du temps que le chancelier Martin Gouge partit de Bourçes le 29 novembre 1422 pour remplir cette mission'. Il était accompagné de Hugues de Ghalon, comte de Tonnerre , de Guy de Pesteil , conseiller et chambellan , de JeanTudert, de Gérard Blanchet, de Jean de Montmorin, dé Denis du Moulin, de Jean, abbé de Montieramey, et de Henri Loppier, ces six derniers conseillers et maîtres des requêtes de l'hôtel».

Le duc de Bourgogne ne montra pas autant d'empressement : les ambassadeurs français durent attendre longtemps à Lyon la venue de ses envoyés '. Nicolas Roltn , chancelier du duc , chef de l'ambassade, avait, en compagnie d'Ame Macet, ambassadeur du duc de Savoie, visité sur son passage les villes de Laon, Reims, Châlons et Troyea, partout fêté par les habitants. De Troyes, il avait écrit au seigneur de Saint-Georges et à Jacques de Gourtiamble, désignés pour l'accompagner, de venir le trouver à Dijon, et il s'avançait tranquillement, quand un chevaucheur du duc de Savoie, dépêché en toute hâte, le joignit à Ghâtillon-sur-Seine. Le duc lui faisait dire qu'il était « bien émerveillé » de sa « longue demeure. » Le chancelier et ses deux compagnons ne se hâtèrent pas pour cela : on les voit

Tëellemetit. Certains ont cominis nne grave erreur en suivant le rontinualeur de VHitloire de Bourgogne de Dom Plancher, qui, s'en s'apercevoir que l'acte du 80 janvier, par lequel le duc de Savoie posait les l>ases des négociations ultérieures, ^lait daté du 20 janvier de l'on de la tlalivité îiîS, a placé le tait un ati plus tard. Grjice k une relalîM du chancelier Rolin qui se trouve en minute dans la Collection de Bourgogne (vol. "iO, f. i), nous pouvons meUre on pleine lumière cette curieuse négucialion, qui est le point de dépui de toutes cellta qui vont suivi-e, jusqu'au traité d'Arras. Ajouions que Doni Salazard, auteur de cette partie de i'Hittoire de B^urgogHt, s'est conipli.'i tintent mépris sur l'attitude des ambassadeurs du Rei dans cette conrérenc», et que »s erreui-s ont été reproduites par M. de Baranle, lequel, dans son Histoire des ducs de Bourgogne, le soit loqjours fidtiemeat,

1. Cinquième eomple de Guillaume Charrier. Cabinet des titres, 685; Archives de Tours, Regûtre de» délibéralioni, vol. U, /. 10-10 v,

!. Letti'es de Charles VU du 92 novembre 14iï, portant allocations de paiements à ces ambassadeurs, dans le eomple cité. CI. Didier Neuville, le ParUmenl royal à Voiliers, dans la tttime kiilorîque, t. VI, p. 181 et SSTi ; Tbomas, let Élal* provitu.iaux de la France centrale mua Vhartei VII, l. I, p. 387.

3, Le cbancelier élaU encore k Lyon le 31 décembre. Archives de Lyon, Regiitre* det ililibirallota, BB 1, f. 169.

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passer par Montbard, où ils rendeat visite à leurs femmes *, et séjourner à Dijon. EdQh, deux jours après son arrivée dans cette ville, Nicolas Rolia dépêcha au duc trois ambassadeurs, qui arrivèrent à Boui% le 23 décembre 1422'.

Les trois ambassadeurs s'excusèrent d'abord, au nom de leur maître, du long délai qu'il avait mis à répondre à la requête présentée par l'envoyé du duc de Savoie'. Ils déclarèrent avoir mission d'entendre ce qu'il plairait au duc de leur dire, afin de le rapporter à leur maître. Plein de confiance envers son oncle, auquel il était toujours désireux de complaire; persuadé que le duc de Savoie sauvegarderait son honneur, contre lequel il ne voulait rien faire, « pour chose qui lui pût advenir, » le duc de Bourgogne avait autorisé ses ambassadeurs À communiquer les copies des « traités, promesses et serments » faits, soit entre le roi d'Angleterre et le duc de Bourgogne, soit entre le roi de France, le roi d'Angleterre et le duc, afin d'aviseràce que, son honneur étant sauf, Amédée VIII pouvait faire en cette matière. Les ambassadeurs firent ensuite allusion à l'événement de Montereau, et à certaine « submission » du duc , qui devait être tenue secrète'. Enfin, ils demandèrent que le duc de Savoie intervînt pour faire cesser la guerre dans les pays de Maçonnais, Charolals et Boui^ogne, et aussi dans le Nivernais et le Doûziois.

Le duc de Savoie, ayant pris connaissance des traités, dit aux ambassadeurs bourguignons que « les matières étaient

i. • Htm, eommenl, en alaol i Dijon, nous passâmes par Honlliar, et sUsmes venir noE demoiselles, lesquelles estoienl cl sont en bon point, et se recommandeot très humbteneni à Monse^neur. ■

2. Celaient Anloise de TonloDgeoD, seigneur de Traves ; Jacques de Counianible, seigneur de Coirunarieu , et Philibert Andrenet.

3. Ils fircnl valoir, au nom du duc, « l'empeschemeni de sa maladie, * et n les oceupalions qu'il avoit eues, !t cause de la venue par devers lui de messeigneurs de BrabanI et de Saint-Pol, l'evcsque de Liège, les ainbaieurs de France (c'est-Jt-dirc de Henri VI) et autres, >

1. ■ El en ouliro parlèrenl i mon dit seigneur de Savoye de la submission, etc., au regart de la querelle cl inleresl de Monse^eur touchant la murt de feu Monseigneur son père, seulement pnurveu toutes voj^es que ta dicte submission il lenist secrète, cl que, par vertu d'icelle, il ne prucedasl jusques i ce qu'il veisi qu'il le peusl raisonnablement faire, el par honneur, en gardant l'honneur de Monseigneur, lanl au re^rl des dii iraicliez, promesses el serenicns par lui faii comme autrement, et que de ce il baillast ses lettres i Monseigneur. >

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grandes; » que les geos du Dauphin, qu'il avait fait venir, étaient à Lyon depuis cinq semaines , altendaat leur arrivée, et que son premier devoir était de les entendre. Il exprima le désir que le chancelier Rolin et les autres fondés de pouvoir du duc se rendissent près de lui le dimanche 3 janvier '.

Les ambassadeurs bourguignons, au nombre de six, ayant le chancelier à leur tête, arrivèrent à Bourg, non le 3, mais le 7 janvier*. Les ambassadeurs français y étaient depuis la veille. La conférence devait se prolonger jusqu'au 22 janvier.

Le duc de Savoie, en recevant les ambassadeurs du duc Philippe, leur 8t connaître les intentions pacifiques de Charles VII. « Le Dauphin voulait et requerrait paix « avec le duc de Bourgogne, et il était prêt à s'en tenir à ce que le duc de Savoie voudrait ordonner*.

A cette déclaration, les ambassadeurs opposèrent aussitôt, en guise de fin de non recevoir, les considérations déjà présentées ; la volonté de leur maître de maintenir son honneur intact ; les traités qui le liaient à l'égard des Anglais. C'était au duc de Savoie à aviser aux voies et moyens d'entamer les négociations en gardant l'honneur du duc, et sans qu'on pût dire qu'Hait enfreint ses serments et ses promesses, carpourrien il ne le voudrait faire.

Le duc de Savoie prit quelquesjours de réflexion. Il consulta son conseil à plusieurs reprises; puis il convoqua de nouveau les ambassadeurs bourguignons. « Il me semble, leur dit-il, « que, pour sauvegarder l'honneur du duc de Boulogne et pour

1. Les ambassadeurs bourgfuignons craignaient de Irop s'avancer el hésitaienl à se reDcoDlrer avec les ambassadeurs de Charles VII : < Et au contraire lai fti dil el remonstré par lesdli ambueurs que mon aiée (c'est Nîmlas Rotin qui parte) devers lui serait de trop grant esclandre il en seroieni lanlost firans paroles, et qae, con^deré qu'ils avoient declairé (eut ce qui leur estoil eb3r%é, il se devoil déporter de nioy et eulx faire plus aler ne retourner devers Jui. > Il fallut que le duc insistlt pour que Relia el ses collègues Tussent présents : « Macé, dit le duc, m'a rapporté de par mon « neveu qu'il m'envoyoïl son cliancelier pour cette cause généralement, a — Notons que cette observation du duc a é\é introduite en siirchai^e dans la minute.

3. L'ambassade bour^^one se composait donc, avec Nicolas Rolin, de Toulongeon, Courliumbte el Andreocl ; de Guillaume de Vienne, seigneur de Saini-Georges, el de Jean de Noidcnt. Betalioa de Niealai llolin ; Septième compte de Jean Fraignot, aui arclilves de la Cdlenl'Or, B 1S23, f. 111 ellll v°. — On donne ici à l'arrivée Li date du jeudi 6; mais, en 1123, le 6 élait un mercredi.

3. I Sans aucunement-declairer quo; ne comnunl, > ajoute Nicolas Rolin dans sa Relation.

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« le bien de toute chrétienté, on doit tendre à une paix gé- « nérale, tanl avec les Anglais qu'avec le duc de Boulogne. <i Le Dauphin doit s'y prfiter et faire des offres raisonnables à « toutee les parties. Par cette manière, la cbose sera très rai- H soonable et honorable à entamer, et elle se conduira très « bien. » Et le duc ajouta : a J'en ai entretenu le chancelier et a les autres gens du Dauphin, auxquels cette voie a semblé « bonne. Mais ils n'ontpas charge de l'accepter sans en référer « à leur maître; ils se font fort, d'ailleurs, d'obtenir son assen- « timent. »

Les ambassadeurs bourguignons répondirent au duc de Savoie que cette voie leur semblait bonne, pourvu qu'elle pMt à leur maître et aux autres intéressés; qu'ils feraient, à ce sujet, leur rapport au duc; qu'il leur semblait en outre que, continuant ce qu'il avait commencé du vivant du feu roi d'ÂBgleterre, le duc de Savoie ferait bien d'envoyer une notable ambassade au duc de Bedford.

Le duc de Savoie répondit qu'il était bien décidé à ne point envoyer une pareille ambassade; se souvenant de la réponse J

qu'il avait reçue du feu roi; que, d'ailleurs, cela entraînerait de longs délais; mais que le duc de Bourgogne pouvait, si t>on lui semblait, mettre le duc de Bedford au courant des négociations '. Abordant la question particulière au duc de Bourgogne, Amédée pressa les ambassadeurs de lui déclarer quelles se- I

raient, à l'égard du Dauphin, les exigences du duc relativement I

à la mort de son père. |,

Les ambassadeurs répondirent qu'ils n'avaient aucuns pou- r

voirs à ce sujet; que les choses n'étaient point assez avancées »

pour que l'on pût ni dût présentement faire de semblables dé- t

clarations; que, d'ailleurs, quand on y viendrait, c'était à la L

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