‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 187 sur 367 · Vaissele, I. IV, p. 459 et · texte numérisé non relu

Vaissele, I. IV, p. 459 et

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1423 LA DIPLOMATIE DE CHARLES Tll DE 1422 A 1424. 33S

fit ratifier toutes les offres du comte par lettres de Henri VI, données à Westminster (6 mars 1423) '; et, le 18 avril, il fit délivrer par la chaBcellerie anglaise de nouvelles lettres en sa faveur : Gaston de Fois, comte de Longueville, fut chargé d'aller recevoir le serment du comte qui , comme gouverneur du Languedoc et du comté de Bigorrc, eut mandat de recevoir le serment de fidélité des habitants au roi d'Ajigleterre *. Ces lettres étaient données « à la relation du grant conseil tenu par Monseigneur le régent le royaume de France et duc de Bedfort, » et contresigaf^es par les ducs de Boui^ogne, de Bretagne et de Touraine ^c'est le comte de Richemont qu'on désignait ainsi}. Peu après les princes se séparèrent, et Jean VI reprit le chemin de la Bretagne, emportant le prix du marché qu'il venait de conclure *.

En présence d*une telle situation, il est facile de comprendre que ni l'intervention du duc de Savoie , ni la mission donnée par le pape à l'évêque de Porto n'eussent la moindre chance de succès. Aussi le nouveau légat ne parait pas avoir fait un long séjour en France. Quant à Nicolas Albergati , il partit dans le courant de 1423 : noua le trouvons de retour k Bologne le 8 août*. Mais il faut constater que, si Amédée VIII échoua du côté de la Boui^t^ne ', il trouva du côté de la France le concours le plus empressé et le plus loyal. Nous avons une lettre de Charles VU, en date du 7 février 1423, dans laquelle, parlant du rapport que lui avait fait son chancelier sur la conférence de Bourg, il annonce la ferme intention d'observer l'appointe-

1. ProeeeJtngi and orêinanta, t. Dl, p. U. Cf. Rjmer, I. )V, pul. it, p. 81^.

3. Crienne, 3u£, f. Ut, 151 et 159 ; StevensoD, (. I, p. I et 6.

3. Ou s l'oiigiDal dq retu de 5,306 I. t. délivré par le duc de BreUgne, en date du 80 a«ril, a pour partie des ÎT^i t\ mises que nous avons (m oudlt Toiage pour venir parier el coHiniunii|uer aveoques nostre dit beau fi'ère et noslre Irès chier et très «ni û'ère le duc de Bourgoii^ne, touduBS les raiz el afTaires dudil rojaume el d'eulx et Dcras. t Ms. rr. 20i05, f. 18. — Honslrclel dit (t. IV, p. 150) que le duc reçut 6,000 écus s pour les despeos de son voyage. >

l. SigODJns, dans les Bollandisl«s, vol. 11 de mai, p. 482.

5. Le bndt courut puurlani qu'un traité était concJu entre le duc et le Dauphin; mais Philippe prit soin d'écrire aux viUea de son parti pour démentir ce brait. On recul le 10 mai à Reims Ja Jellrc du duc. Varin, Archittt ligatalivt$ de la ville de fteinu, t. n, part. I, p. (I3i — On a la trace de tellres closes envojées de Bruges, par le duc, au duc de Savoie, i la date du il Juin 1123. Archives de la Cdte d'Or, B 1632,

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ment coaclu par le duc de Savoie, et rccommaadc la stricte ob- )D de la trêve : « Car pas ne voudrions, disait-il, que trêves qui, pour espérance d'un ai grand bien comme é et paix finale, ont été prises et accordées, fussent de art enfreintes iii violées, et que par ce nous fût imputé de la rupture du dit traité '. » Le 10 février, le Roi raa trêve conclue par Amédée VIII pour les étals de la ic de Nevers et de ses enfants, et nommait des conserpour en assurer l'observation '. Quand il fut constaté appointement » de Bourg ne devait être suivi d'aucun 1 s'occupa de faire rentrer éa son pouvoir les villes nnées engage au duc de Savoie, et envoya à ce prince ivelle ambassade •.

uccès de la négociation entamée sous les auspices du Savoie, la nécessité de poursuivre la guerre avec ', amenèrent Charles VII à se retourner vers l'Ecosse, ;ienne et fidèle alliée, et à faire de nouvelles ouvertures de Milan.

ia longtemps on comptait sur l'arrivée d'un nouveau . d'Ecosse *. Au mois d'août 1422, le Dauphin avait fait ne ambassade, chargée de ramener uu contingent de lie hommes. On l'avait munie des sommes nécessaires sport et au ravitaillement des troupes*; mais le navire

sm Pièce* jiali/lealiva.

xle des leltres esl dins 17ni>rnlii'r« dt* titret de Neven, publié par M. de ;o1, 6Î8. Les coaservaleun étaient le nuréchal de la Fiyelle cl Pierre de , bailli de Sainl-Pierre-lc-Moulier. Les lettres de ritiltcalioD de la conilesse sodI du 15 février (Id,, col. 570). Cf. Guichenon, liUioire générale de la

Savoie, l. I, p. 160-fii.

aui Pièeti Juttlficalivei une letlro du U avril, adressée au maréchal de e 7 juin U23, le duc de Savoie déclarait à des ambassadeurs de Charles Vil Irait Trévoux, qu'il.avait refu en dépit, à l'eipiraliou de la Irève eulre le Roi le Bourgogne (Archives de Turin, Traltoli, n° 4 ; voir Gianchi , le Malerie etc., p. 9Ii cl t6t). Ces ambassadeurs éttient le cltancelier Gouge, Jean Scaume, e Ctùisteauneuf, cl Odjrl Morchesne (Cinquième compte tie Guillaume

Cabinet des titres, GS5). Ils partirent le S3 mai, el vacquèreul i ce voji^e atre-vingl-seize joui's,

lit par des lettres du 31 mars iiii que le Oaiipbiii coniilail sur l'envui d'une lonnancei, 1. XI. p. 159.

]a.ssade se cotJipo»ail de Jean de Coules, dit Maingiiel, cnnseiller du Daupliin, I de DouUinvilliers, son chambellan, et de Bertrand Campion, son maître

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sur lequel se trouvaient les ambassadeurs fut capturé, et ceuxci demeurèrent prisonniers*. Il fallut renoncer au voyage pour cette année. On ne perdit pas de vue, cependant, la « nouvelle armée d'Ecosse, » et Ton s'occupa des moyens d'assurer son transport *. il était d'autant plus nécessaire d'arriver h une prompte solution, que le gouvernement anglais ne cessait de travailler à détacher l'Écosee de l'alliance française. On n'avait pas oublié le mot plein d'amertume prononcé par Henri V sur son Ut de mort, quand ses médecins, interpellés par lui, avaient répondu qu'il était atteint du mal saint Fiacre : « Où que « j'aille, avait-il dit, j'aurai donc toujours devant moi des « Écossais, morts ou vifs * ! » Il fallait à tout prix renverser cet obstacle qui avait paralysé l'exécution des desseins du feu roi.

Charles VII, qui ne cessait de donner aux chefs de l'armée d'Ecosse des témoignages de sa gratitude * et avait en eux pleine confiance, chai^ea le' connétable de Buchan de se rendre en Ecosse'. Il désigna pour l'accompagner François Talleyrand, seigneur de Grignols, conseiller et chambellan; Guillaume de QuiefdeviUe, conseiller et maître des requêtes ; Guillaume Le Boucher, écuyer d'écurie, et Nicolas de Voisines, l'un de ses secrétaires °. Les ambassadeurs partirent vers la

1. C'esl CD qui résulle des lettres du Dauphin des 16 septembre et 30 octobre 14Î3,

. conservées en original aux Archives (J 175, w 9S) et publiées en 18T3 dans les Archivei hâtoriguei du Poitou (1. II. p. 391-97). L'argent destiné au transport fut lieureusement sauré, ainsi qu'un fleuron de la couronne qu'on avait emporté et qui devait ^tre mis en gage.

2. Des lettres du * juillet U23 prouvenl que, dès )e mois de janvier do cette année, on s'occupait de recueillir l'aient nécessaire pour le transport des troupes. Foutanieu, 113-iU.

3. > Quocumque p^rreiero, tani vives Scolos quam defUnctos in barbant meam reperio 1 ■ Saint-Fiaci'e était u^^int écossais dont le Roi, dans sa campagne de Brie, et malgré les représentations qu'on lui fil, avait violé tes immunités. Voir SeoHehronieon de J. de PorduQ, t. Il, p. 462.

i. Voir les lettres du i6 mars U!3. oii sont énumérés les services rondos par Jean Stuart et en récompense desquels le Roi lui donna la seigneurie d'Aabigaj.«ur-NeiTe Le P. Anselme, t. V, p. 9!t. Cf. lettres du 18 novembre MU lui attribuaot SOO 1. t. par mois pour l'état de sa personne, et 500 1. 1. pour l'entretien de ses capitaines ; déjà il avait reçu, par lettres du 23 avril 1121, la terre de Concressauten Berry. Le sire de Derneley fut fait prisonnier i Gravant pendant l'ambassade du comte de Buchan.

5. Avant son dépail. 11 reçut du Roi un bacinct du prix de 50 écus. Compte dt Guillaume CltarHtT. Cabinet des titres, 685.

6. Le pouvoir, en date du 17 mai 11!3, a ëté puUié en 1815, dans ta lUvue da

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fin de mai 1423 '. L'entreprise n'était pas sans difficultés, car les Aillais, instruits de ce voyage, faisaient bonne garde sur mer. On eut soin, cette fois, de n'emporter qu'une partie de la somme nécessaire, afin, comme le dit le Roi dans des lettres du 17 mai, de ne point a mettre en si grande aventure une si grosse Gnance comme celle à quo; pourroit monter la dicte armée. » L'objet de la mission fut pleinement atteint. Par lettres du 6 octobre 1423, Walter Stuart, fils aîné du duc d'Albany', jiu-ait d'observer les anciennes alliances avec la France, et promettait, si des troupes françaises débarquaient à Dumbarton, de les accueillir et de leur prêter main-forte '. D'un autre côté , Archibald , comte de Douglas *, fit le même serment par lettres du 26 octobre, et s'engagea à passer en France, en compagnie du comte de Bucban, avant le 6 décembre suivant, pour s'y employer au service du Roi '. Le même jour, les ambassadeurs français traitèrent à Glascow avec le castillan Perruche de la San, maître du baleinier Sainte-Marie, pour le transport de l'armée*. Les auxiliaires d'Ecosse débar-

Soditéi imanta (6* série, 1. U, p. <61), d'après une ranunuiiKatiaii de M. Marchegif, qui anil Irouvé ce docamenl, avec un aub% menliDnné phis loin, duos le Carlulaire d'Orbtttier, aux archives de ta Vendée, n a été reproduit dans les Archives UtloHftiu du PoUott, t. VI, p. 431 . Cf., sur les noms des ambassadeurs, les lettres du Î4 juillet U2t dans Fontanieu, 113-114, éditées par M. Stevenson, I. Il, p. 15. — C'est par erreur que Cousinot de Montrenil nomme (p. iSI) l'archevêque de Reims parmi les ambassadeurs ; il y eut bien un prélat, mus ce fui un prélat écossais qui s'adjoignit aui ambassadeurs : . Jean de Crannacb, élu confcrme (évtquc nommé) de Cailbness. Cousinol a roufondu avec l'ambassade de mai 1491, où Bgure en effet Regnault de Chartres.

1. Htifti la pénurie de ses flnances, et grlcc à un prSI de Guillaume d'Avaugour, le Roi put mettre S,000 écus i la dispo^lion du wonétable pour le vo^ge d'Ecosse. Exlraitt du IS' compte de Hamen Baguicr, dans D, Horice, t. II, eol. 1134. En raai, Tanguy du Chastel se rendit à La Rochelle, < pour le fait el avancement du navire qne le Roy avoit ordonné estre envoyé en la compagnie de Mgr le coKKSlable d'Escosse pour h nouvelle année qui devoit lors venir, t Compte de GuUlauin^ù'^harrier. Cabinet des titres, 685.

î. Et par conséquent neveu du connétable de Buchan.

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