‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 202 sur 367 · Slcrenson, t. c, p. ui · texte numérisé non relu

Slcrenson, t. c, p. ui

i. LeUres de Henri VI da 8 septembre 1423-

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364 HISTOIRE DE CHAULES Vil. 142S

par Olocester '. Les deux beaux-frères se retroi^veiit à Paris au mois de février 1424, puis à imiena au commencement de juin, avec les ambassadeurs du duc de Brabaat. Une sentence arbitrale est rendue à Paris le 19 juin, remettant la décision au Souverain Pontife *. Là, au milieu de joutes, de festins et de divertissements par lesquels les ducs de Bourgogne et de Bedford et le comte de Ricbemont font diversion à un deuil récent ', de nouveaux avantages territoriaux sont accordés à Philippe : il reçoit pour deux ans les comtés de Maçon et d'Auxerre et la chitellenie de Bar-sur-Seine, en paiement des créances qu'il avait sur la couronne '. Puis, satisfait et rassuré tout ensemble, le duc va prendre possession de ses nouvelles seigneuries, et célèbre avec une joie indécente la nouvelle de la victoire de Verneuil.

Le 20 octobre 1424, le duc revient à Paris : avant de se rendre en Nivernais pour son mariage avec la comtesse de Nevers , il veut présider aux noces de son grand mattre d'hôtel, Jean de la Trémoille , seigneur de Jonvelle, qui épouse la demoiselle de Rochebaron, La nouvelle du débarquement de Glocester à Calais, à la tête de cinq mille hommes, éclate comine un coup de foudre. Que signifie un tel éclat? Comment Bedford n'a-t-il pas su empêcher cette expédition? Serait-il de connivence avec son frère? f'aut-il voir, dans l'entreprise de Glocester sur le Hainaut, une menace au signataire du traité d'Amiens, dont on n'ignore pas les relations avec la France , dont on voit d'un mauvais œil le mariage avec une princesse française? De part et d'autres les intrigues s'entrecroisent, et les plus vives récriminations sont échangées. Glocester dénonce à Bedford les « machinations et conspirations secrètes « du duc avec les ennemis'; Bedford, qui cherche à apaiser la fureur de Philippe,

1. L«Ures du duc de Brabani, en date du 8 octobre U33; LelU'es du duc de Glocester, en date du 15 février MU. Gadiard, Archlties de Dijon, p. lïi et 127. — Glocester n'acceptait qu'avec celte résene que la question serait r&oluc avant la Qq do mars, et il consentit seuleuieot à proroger ce délai jusqu'à la Tin de juin.

i. Gaciiard, l. c.,p. 134.

3. La duchesse de Bourgogne, mère de Philippe, et bclle-mèfe de Bedford et de Ricbemont, était morte le 33 janvier précédent.

4. Lettres du 3t juin 1434. Iliiloire de Bourgogne, 1. IV, preuve», |). xli.

5. Voir la lettre et le mémoire du duc de Glocester, |)uUiJs par A. Desplaaque dans

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agît aecrètement en faveur de son frère '. Le duc de Boui^ogne déclare hautement qu'il défendra le duc de Brabant contre l'agressiou dont il est taenacé. Autour de lui on le presse de se rapprocher de la France, et le sire de la Trémoille, venu, muni d'un sauf-conduit, au mariage de son frère, seconde activement le chancelier Bollo et les autres conseillers acquis à l'alliance française. Mais Glocester, que rien n'arrête, occupe le Hainaut, où 11 est reconnu comme souverain ; la lutte s'engage ; des défis sont échangés entre les deux princes, qui sont à la veille de vider leur querelle daas un combat singulier.

Telle est la situation au moment où Richemont prend la direction des affaires, et où le duc de Bourgogne va être mis en demeure de remplir ses engagements.

dur ces entrefaites, et à la demande de Charles VII, le pape intervint de nouveau en faveur de la paii. A la date du 22 mai 1425, il adressa à la fois au duc de Bourgogne et au duc de Bedford des lettres très pressantes '. « Nous avons appris par des gens dignes de foi, écrivait-il à Philippe,- que vos adversaires, inspirés par le Seigneur, sont disposés à conclure une paix raisonnable et honorable, telle que, sans encourir le reproche d'une cruauté coupable , il est impossible de la repousser*. » L'opposition que le duc pouvait rencontrer chez ses alliés ne devait point l'arrêter, car, par ses dispositions pacifiques, il les obligerait à conclure une paix qui serait d'autant meilleure et plus utile qu'elle aurait un caractère universel. Que si d'ailleurs ils s'obstioaient dans cette passion belliqueuse qui faisait la ruine de tant de provinces et la désolation de iaut de peuples, — outre qu'elle était une exécrable offense envers Dieu et la destruction de la république chrétienne — le duc, ne consultant que son honneur et n& con- ■ science, devait considérer ce qu'il lui convenait de faire pour

Eon curieui mémoire intitule : Priget d'astassinat de Philippe le Bon par les AngtaU (BniieUcs, 18G7), p. 57-5S.

1. On a des lettres pv tesqueUes il soUidlait instamment le pape do déclarer vaULie le mariage de Glocester avec Jacqueline- SIevensan, (- 11, p. 388.

î. Regale, (. 1 13 \- et 103. La lettre à Bedrord est dans Rajnajdi, ana. 1435 , g 6, et celle à Philippe dans VHitloIre de Bourgogne, I. IV, preuve), p. L.

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