‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 204 sur 367 · Voir pk-vhaut, p^s 89 ci suivantes · texte numérisé non relu

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6. Le n a'vril, le capil^ne de Tours, Alain Haussarl, revenant d'une mission près de la reine de Sicile, rapporta <> que la dicte dame rescripra aux gens de ta dicte ville ce qui sera à faire pour le voîage de Montluel, et se on y envolera au non. > — Le 2G avril, les habitants de Tours décident qu'on ira vers le chancelier pour savoir s'ils peuvent se dispenser d'envoyer un député i Montlud. Registre» des délibéralions , ID, f. 28-29.

7. C'est ce qui résulte des Registres da dilibéraliom de Lyon. Le 15 mai, le conseil de ville décide qu'on ira à Montluel , i pour savoir des nouvelles , ainsi que le Roy l'a mandé, • Le 21 mai, on paie 6 it'. à Aymar de Chaponay, qui a passé six jours i Montluel. BB I, r. 221 et 227 v.

B. Dans son exposé présenté aux habitants de Tours, k la date du 6 juin 1425 (voir plus haut, p. 94), Simon Charles s'exprimait en ces termes, relativement aux n^ociaiions : " El que, pouri icelle paix entendre, nagaires il (te Roi) avoit envolé ses ambassadeurs devers le duc de Savoie; mais pour ce que Ugr le duc de Bourgoigne avait eues grans alianecs de foy et de seremenl, et par obUgaicon, aux Anglols, pour garder son honneur, ne povait pas la dicte paix ^ briefvetnent eslre faicle , el a le dit duc de Savoie aloiigié le temps de y procéder jusque» à la Mi^delaine . et n'est point la Taulte du Roy que ou y procède à la conclure, et est l'entencion du Roy, on le [daisir de Dieu, que briervement elle soit lïtcle. i Registres des délibérations, UI, f. 3e.

9. Abrégé chronologique publié par Godefroy, Hisloi-iens de Charlei VU, p. 332.

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368 HISTOIRE DE CHARLES Vtl. 1425

Le duc de Boui^gae était alors fort absorbé par ses affaires personaelies; il entretenait une active correspondance, soit avec Bedford, soit avec ses propres conseillera '. La guerre se poursuivait en Hainaut. Ghos^ digne de remarque, on avait vu dans cette lutte des capitaines du parti royal s'enrôler sous la bannière du duc de Bourgogne *, et une ville française envoyer des secours au duc de Brabant '. Débarrassé bientôt de tout souci par la conclusion d'une trêve et par le brusque départ de Glocester, qui, sous prétexte d'aller se préparer à son combat singulier, regagna l'Angleterre en compagnie d'une maltresse dont il ne tarda pas à faire sa femme *, Philippe se proposait de se rendre en Hollande pour y recueillir la succession de son oncle, Jean de Bavière, qui venait de mourir en l'instituant son seul béritier*. Il eut à Hesdin, au mois de juillet 1425, une entrevue avec Bedford, qui le supplia de ne point donner suite au projet de duel , lequel d'ailleurs ne tarda pas à être abandonné *. Puis le duc donna rendez-voiis à ses troupes à L'Escluse pour le 12 septembre : dès le 19, il était à Rotterdam.

Après la conclusion du traité de Saumur (7 octobre), qui donnait une sanction définitive aux arrangements faits jusquelà, le duc de Boulogne fut de nouveau averti des bonnes dispositions du Roi. Charles Yll avait déclaré solennellement que, a sur toutes choses mondaines, > il désirait que le duc Philippe et lui fussent o tout à un et bienveillants l'un de

1. Dq mois de fénier an nuis de juin, messiges sur messafes sont eoKjis an rfgent a^Uis. Andiives de la CdlcHTOr, 6 1638. !. 132, 150 ; Arciiites du Noid, B 1931, r. 151, 151 t», 59, et, 66, 68, 69 ï» ; 193î, f. G! t'. Cf. Despiancu». Pryet d'à», tnufnaf, clc., p. 28 note.

2. Saintrailles, Regnantt de Longuevil el autres élaieol an àtffi de Brame sons les ordres dn comte de Saint-Poi. Uonstrelet, t. IT, p. !Î7 ; cf. SatD^RemJ, t. H, p. 93.

3. Gâchant, édition des Due* de BoitrgoçM de M. de Baranle, I. 1, p. UT.

4. Elle s'appelait ÉléoDore Cohbam.-et était attachée i la personne de Jacqndiiie- Voir Honstrelel, t. lY, p. !31.

5. Il était mort le 6 janvier U!S. VDirArrhlTes du Nord, BI931, f. U9.

6. Sur cette entrevue de Hesdin et sur les prépanlifs du duel laits par le dnc avec un grand ^clat, voir «n particulier Desplanque, Prujel d'auaianat, etc., p. 33 nalc, et Labarde, lu Dtia de Bourgogne, 1. 1, p. 201 et suiv. — Le 3J septembre U35, Bedford rendit, au nom d'un tribunal coastiluiS k cet ctTet, une déclarstion portant qu'il a'j iv»l pas lieu à donner suite au défl écbancé entre les deui princes. IIMoire de Bourgogne, t. lY, preuve», p. m.

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142S LA DIPLOMATIE DE CHARLES Vil DE 1424 A 1428. 369

l'autre '. » Il avait chargé espressément le duc de Breti^ne de travailler à cette réconciliation. Pour témoigner de son bon vouloir et laisser un libre cours aux négociations, il avait fait savoir qu'en ce qui concernait la mort du duc Jean sans peur, il s'en rapportait à' ce que décideraient les ducs de Bretagne et de Savoie. Le duc de Bretî^ne, en envoyant à Philippe ses ambassadeurs pour lui faire connaître l'important résultat obtenu, le priait d'entendre à cette matière, et de lui faire connaître ses intentions, afin qu'il pût s'y conformer. Que le duc de Bourgogne décide sans retard, lui faisait-il dire, car la « demeure pourrait être trop nuisible au royaume, » Puisqu'il n'y a plus autour du Roi aucun de ses a haineux » ni nul « perturbateur de paix, » mais que tous ceux qui y sont veulent son bien, qu'il ait égard à la couronne dont il est le plus grand fleuron, afin qu'elle ne déchoie ; qu'il prenne en considération le bon vouloir du Roi, et son désir H de se mettre vers lui en son devoir » et de s'unir avec lui. Le duc de Bretagne*plaidait ensuite les circonstances atténuantes relativement au meurtre de Montereau : il faisait valoir le jeune âge du Roi, et le « très mauvais conseil » qui le gouvernait alors et lui mettait au cœur de «■ mauvaises suspicions el imaginations, » non seulement contre ses plus proches parents, mais contre sa propre mère. 11 suppliait donc le duc d'entendre à un bon appointement et de se rapprocher de son pays de Bourgogne, où l'on pflurrait se réunir pour arriver à une conclusion. Le duc de Bretagne était disposé à s'y rendre si c'était nécessaire, et il avait fait demander au due de Savoie de s'y trouver, afin qu'avec la grâce de Dieu la chose fût parachevée. Il ajoutait que les princes du sang désiraient de tout leur cœur la réconciliation du Roi et du duc, et qu'en ce qui concernait les Anglais, le Roi voulait se mettre en son devoir à leur égard, étant disposé à les solliciter de conclure la paix, et à leur faire des offres par l'entremise des ducs de Bourgogne , de Bretagne et de Savoie'.

1. Instructions pour SimoD de Lhoye el niilitMrl de Vaudrey. Ilàloire de Bourgogne, l. IV, preuve», p. t,vu. Cf. analyse du traité de Saumur, w-dessus, p. 113-11*. 3. Instructions sans dalc, signées par le dac de Bret^ne, données à Simon de Lhoye

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Le conBélable, la duchesae de Guyenne, le comte de' Gleimont joignirent leurs instances à celles du duc de Bret^ne '.

De son côté, le gouvernement royal ne cessait d'agir près du duc de Savoie. Après l'ambassade envoyée au mois d'avril, et à la tète de laquelle étaient l'archevêque de Toulouse, Denis du Moulin, et ie comte Dauphin d'Auvergne, on fit partir successivement deux autres ambassades, en septembre et en décembre '. Le duc de Savoie reçut aussi au mois de novembre une ambassade du duc de Bourgogne '.

Mais tout ce que put faire Amédée fut de proroger la trêve,

. qui était au moment d'expirer : par lettres données au château

de Thonon le 2 décembre 1425, « voulant toujours persévérer

au bien et bonne pacification des parties, » il étendit le délai

jusqu'à la Chandeleur *.

C'était désormais au duc de Bretagne et au connétable de Richemont qu'appartenait la direction des négociations. Tous les sacrifices exigés du Roi avaient été faits jar lui avec une entière abnégation. Qu'attendait donc le duc de Bourgogne

et Philibert de Vaudrej. Original, Archives de la «Ic-d'Or, B 119ÎI ; Hlêloire de Bourgogne, L IV, preuve», p. lvi-lmi, — Dans le nppoii fait le 15 octobre liîS an GooscÛ de ville de Tours, doDl sous aroos ciié plus liaut un pa&sage (p. tU, note !) on lit, au sujet de l'une des rfsotulions pises à Saumur : • Et que le dit monseigneur le doc s'est chargé et promis que moaseifneur le duc de Boui^igne fera comme lui et tendra c« qu'il Tera ; el pour ce lui rcre assavoir ont esté commis ambassitdeurs de par le Roy el ledit monseigneur de Bretaigne, pour alor devers lui el le fere j'endre et venir ii Dijon, oii te dit duc de Bretaigne brieheuienl so rendra, p Regiitret det dilibirattoiu, 1. 111, t. 55.

t. Le duc de Bretagne prenait son rdle teliement au sirieiu qu'il avait, du consenteiuent des Étals de Bretagne, ordonna la levée de ■ certains taui el amendes i sur c«ui qui avaient enfreint ses règlemenls sur la vente des vivres et denrées, mcllant en avant les grandes chaires qu'il avait, u pour la poursuite du bien de paii du royaume de France, cl pour le bien publique, conservation et dcffense > de son pajs. D. Morice, t. n. col. 1176.

3. Denis du Moulin , le comte Dauphin d'Auvergne et Guillaume de Meulhon f llgureni ; Guérin, sire de Brion, fut aussi envoyé en Savoie au commencement de celle année. Leilres de Ourles Vil du SI novembre, ms. IV. Î0979, t. l'fl ; du 35 novembre U35, ms. b. 30889, p. 67 ; du 18 décembre, PUcn originalet. 530 : BntON. Lellre missive du 10 décembre aui habitants de Tournai, Regittre* de> roniaitx, t. n, p. ig^-gg.

3. Le 28 oclobre 1i35, le sire de Toulongeoc, Jacques du Courliamble et Etienne Armenier parlirenl pour la cour de Savoie, avec mission de s'occuper du • fait dos abslinences de guerre, t, Archives delà Cdle-d'Or, B t63t, f, 120 y». 12Î, 12Î v".

t. Original, aui Archives de la CdIc-d'Or, B 11607 ; llUtoire de Bourgogne, I. IV, preutwi. p. un.

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pour faire uq pas décisif dans ta voie que lui-même avait tracée? Les traités passés à Nantes, à Chambéry, k Monthiel, allaientils rester à Tétat de lettre-morte ? Voilà ce qu'on se demandait au sein du conseil royal, où l'on s'étonnait à bon droit que Charles VII, après avoir tout accordé, confiant dans les promesses qui lui étaient faites, ne reçût rieu en retour.

Un événemeal très regrettable se produisit sur ces entrefaites. Celle qui élait si bien nommée la bonne duchesse, et sur laquelle on avait fondé tant d'espérances pour amener Philippe à une réconciliation avec la France, mourut d'une- fausse couche, le 17 septembre 142S, en revenant du mariage du comte de Glermont avec sa bellc-sœur Â^ès, auquel elle avait présidé *.

Le duc de Bretagne ne tarda pas à revenir à la charge près du duc de Boui^ogne : le 25 décembre t42S, en son château de l'Hermine, il signait des instructions détaillées données au héraut Bretagne. Après avoir répété ce que ses précédents envoyés avaient été chaT^és de dire de sa part, Jean VI ajoutait que le duc de Bedford, informé par lui des dispositions du Roi à l'égard de la paix, avait répondu qu'il ne traiterait jamais qu'à la condition que nia couronne de France demeurerait entière et paisible au Boi d'Angleterre ; » il s'étendait longuement sur l'alliance de Bedford avec les Penthièvre et- sur les craintes d'une rupture avec les Anglais, et demandait à Philippe de le protéger en cas d'attaque ; il le suppliait encore une fois, « pour l'honneur et révérence de Dieu et pour éviter l'effusion du sang humain, » de répondre à son appel et de conclure la paix avec le Roi sans plus de délai ; car si les choses demeuraient davantage en suspens, il pourrait en résulter de gravea préjudices, tant pour le duc de Bourgogne que pour lui-même; enfin il lui déclarait une fois de plus que, s'il restait auprès du Roi

l. I Moût estoit dame de saiaU vie et qui bien sen'olt Dieu et l'Eglise, ei avec ce ne porloit poiol (Testât sur son eliief ciimme antres dames à elle pareilles : et pour ce qu'elle esloil si humble. Turent maut de gens courcbiés de sa mort. El ?i codtendoH fort ï medre la paix entre le Ro; Gharies el le duc Phelipe son mary, •> lierre de Fenin, p. S!6. — La date est donnée par Gacbard, Archtmt de Diion, p. iJ5, qni rectifie D. Sahiard. Le mariage du comte de Qermoat avait d'abord été GΣ i la Saint-Jean ; il eut lien le £> aoBl, k Aatnn , et la duchesse de Bourgogne élail reveDue le 18 i Dijon.

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372 HlffrOIBE DE CHARLES Vil. 142S

quelqu'un qui lui déplût, il n'avait qu'à parler, et qu'il obtiendrait une satisfaction immédiate '.

Quand il dictait la première partie de ces instructions, le duc de Bretagne était encore sans nouvelles de son beau-frère. C'est seulement au moment oi'i le héraut allait partir, qu'il vit arriver Nicole Briffaut, trésorier de la duchesse de Guyenne, lequel lui présenta une lettre du duc Philippe. Sans .avoir reçu pour cela de pouvoir formel, Briffaut exposa verbalement que le duc avait décidé d'envoyer au duc de Bretagne des ambassadeurs, « pour lui dire et declairer plainemeot des volontez et intencions de mon dit seigneur de Bourgogne '. » Jean VI eut beau se dire « très joyeux » de cette communication, une telle réponse, donnée dans une telle forme, dut lui causer une vive déception.

On n'était pas moins perplexe à la Cour, où le connétable se préoccupait du long silence du duc de Bourgogne. On résolut de faire partir un ambassadeur réputé pour être un diplomate consommé, et on lui adjoignit un secrétaire du Roi dont l'éloquence était célèbre. L'un était le aire de la Tréraoille, déjà employé par Richemont dans les négociations secrètes avec le duc'; l'autre, Alain Chartier, que de récentes missions près de l'empereur Sigismond et près du Pape venaient d'illustrer. Richemont lui-même prit le chemin de Montluel, où devait se tenir une nouvelle conférence, sous la présidence du duc de Savoie.

Nous manquons de détails sur cette conférence, où le maréchal de Toulongeon assista comme ambassadeur du duc de Bourgogne. En présence et avec l'assentiment des représentants dçs parties, le duc de Savoie, par lettres du 28 janvier

1. Original, «uc Archives do Is Cdle d'Or, B 119!1 ; HUtoire dr Bourgogtw, I. IV, preuves, p. lui-lv.

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