‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 209 sur 367 · Hitlûirr lit Bourgogne, l. IV, prenva, p. lvtii-ix · texte numérisé non relu

Hitlûirr lit Bourgogne, l. IV, prenva, p. lvtii-ix

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Les « remontrances » du comte de Clermont et du connétable furent aussitôt portées au duc de Bourgogne, qui était alors en Hollande *. Philippe, plus absorbé que jamais par les difficultés qu'il avait rencontrées dans ce pays, venait d'y retourner pour la troisième fois'. Il s'était embarqué à l'Écluse dans les derniers jours de décembre '. Le chancelier de Bretagne et les ambassadeurs de France, arrivés enBn à Tourna le 3 février, attendaient le moment où ils pourraient aller joindre le duc *. Ils ne tardèrent pas à partir pour Dordrecht, en compagnie d'un clerc de l'échevinage, Pierart de Nouveauville. Celui-ci revint à Tournai le 1* mars, et fit son rapport au conseil de ville; mais le secret recommandé par les échevins fut si bien gardé, que nous ne trouvons rien dans les registres sur le résultat de l'ambassade'. Il n'est pas douteux que le député de Tournai n'avait rten de bon à annoncer.

1. Philibert Andrenet fut disigrié le 17 janvier poar se rendre pris du duc. En outre, Te 6 février, partit de Dijon nn religieui mendiant depiché par Courtiamble, Noident et d'autres conseillers du duc i leur maître , < pour lui dire et eiposer de boucbe et secrètement de par eux aucunes grandes charges et matières Iris secrètes touchant mon dit seigneur, lesquelles ils ne savoicnt autrement bonnement tiire savoir, a Archives de la Cfile-d'Or, B 1635, t. 58, et 1631. f. 217 v.

î. Après scn premier voyage (septembre lt35-révrier HiË). il y avait M une nouvelle apparition (joiHet-oclobre UI6). Archives du Nord. B 1933, paiaim.

3. On voit par un fragment d'itinéraire publié par M. Cachard (Collection da voyaga des aouvfraint da Payi-Bai, t. I, p. T1-7ÎI que, du 1"' au U janvier, le duc avait été sur la mer, devant Zevenbeitthe, dont on faisait le si^ ; puis i Zierikzée, du 15 janvier au 2 révrier ; puis sur li mer devant Zierikiée, dn 3 au 7 février, et <]u'il arriva le S à Dordrecht.

t. Les ambassadeurs arrivaient sans argent, après leur long et dispendieux voyage du BeiTj en Piémont et du Piémont en Brabanl. On avait compté, pour tes alimenter, sur la ville de Tonntu. Le chancelier de Bretagne était porteur d'une assignation de 1 ,500 écus d'or sur !a monnaie de celle ville (poor partie de la somme de S,000 écus qui lui avait été allouée par le Roi) ; il fut fiirt désappointé quand 11 apprit que !a monnaie él»t en ehdmage. Tandis que tes ambassadeurs du Roi réclamaient le paiement de 4,000 écuà sur la composition annuelle due par la ville, le chancelier sollicita le versement de ses 1,500 écus. On voit par les Registres et par nn acte du 17 février, déjà cité, que les ambassadeurs eurent i,500 écus et que le chanceher loucha d'ahml 600 écus, puis 900 è son retour. Regitiru dt» commit, I. II, p. 2i5-36, et Archives de Tournai.

5. Le 15 mars, Pierart de Nouveauville se rendit â la halle et pria les consanx de déJéguer les diefe et qnelqoes autres de la loi, en petit nombre, pour ouir ce que les ambassadeurs lui avaient dit, tant au sujet de la paix projetée entre te Roi et le duc de Bouig^e qu'au sujet dn maintien du traité entre le dut et 11 ville. Le SI, on recommandait i ceux qui avaient entendu le rapport de tenir la chose secrète. Le iS, même recommandation aux échevins, auxquels le majeur avait Tait part de fëlat des négociation relatives à la pai:(. Regittreu det fomaux, I. Il, p. !33.

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388 HISTOtfiE DE CHARLES T11. 1427

car sans cela od n'eût pas montré tant de circonspection. Tout ce qui transpire pour l'histoire du voyage de Dordrecht, c'est un acte, rendu dans cette ville le 6 mars, par lequel le duc de Bourgogne , considérant « le haut honneur et les grans biens » de son oncle de Savoie, et connaissant • la bonne amour et affection que sa courtoisie a toujours eu envers lui et pour ses affaires, » lui donnait pleins pouvoirs de prolonger les trêves avec sa « partie adverse, » pour tel temps que bon lui semblerait'. Voilà la seule réponse que fit le duc à l'ambassade du chancelier de Bretagne et aux ■ remontrances » des comtes de Clermont et de Richemont. Loin de te brouiller définitivement avec Bedford, les révélations qui lui furent faites, et sur la valeur desquelles il fut bientôt fixé ', n'atwutirentqu'à un rapprochement qui ne tarda point à s'opérer, et qui eut pour base l'abandon déQnitif de Jacqueline par le gouvernement anglais *.

Pendant que le chancelier de« Bretagne et les ambassadeurs de France échouaient dans leur mission près du duc de Bourgogne, le duc de Savoie, toujours fidèle à ses engagements, et ne voulant point encore désespérer du succès, se disposait k tenir à Genève la conférence fixée au 24 mars. Mais ni le comte de Clermont, ni le connétable, ni aucun ambassadeur français ne vinrent au rendez-vous : les ambassadeurs boui^uignons s'y trouvèrent seuls. Après avoir attendu trois jours, le duc de

I . ( Savoir rtisons que non» , conKidcrans la fanll bonnenr et gnin bietis de soslre dil oncle de SiToy« et cognoissint la bonne unonr et aftttion que sa eourtoiEie t tous dis eu et a envers nous et 1 nos aiTaires, i iceUni nostre oncle, de qui avons, comnw avoir devons, nostre Tenne conflinee, avons seil ini plaisi 1« accepter et s'en entremelire, donné et donnons charge, pouvoir et auctorité, pour nous et pour nosire part, de renouvetler, proroguer et prolongier lesdii tems et abslineoces de pierre, Jt tel lems qu'il lui plaira et bon lui semblera, des pays, scipeuries, terres et lieai, selon les poins, articles et en la forme et manière que elles oot este ei sont , ou les amplier et de nouvel les prendre et faire à tel temps et en la Torme d manière qu'il advisera. > — Par lettres du mtmè jour, semblable procuration Tut donnée par le due pour les terres des comtes de Nevers et de Hcthel, d'une part, et d'autre part pour le duché d'Auveq^ne. VidimNs anx Archives de la Cflieni'Or, B 119Î9 ; Hittoire de Bourgogne, l. IV, prenne», p. ui-lxii.

i. Voir les interrogatoires que Guillaume Benoist subit i Lille les 5 et 10 juin, après avoir été arrêté et mis en procès i Dordrechl. Desplampie, Projet d'tmauinat, p. Ciel 69,

3. Voir HonsCrelet, L IV, p. 258-59 et 392-93 ; Saint-Remy, t. U, p. 133-36. Otronique anonyme, as. fr. 23018, r. 476, 480 v et suiv.

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Savoie prit acte de leur absence '. Les 14 juin et 8 août suivants, il prorogea successivement la trêve jusqu'à Noël *. La « journée » fut remise au 15 août, puis au 10 novembre *. Les ambassadeurs des deux parties s'y rendirent, et elle aboutit à un acte par lequel, rappelant tous les traités antérieurs, le duc de Savoie déclarait prolonger la trêve jusqu'au jour de la Saint-Jean-Baptiste de l'année 1428 *. Enfin, le duc, bornant désormais sa mission à faire régner la paix le plus longtemps possible dans les contrées comprises dans les traités, donna le 22 mai 1428. en présence des ambassadeurs des parties, de nouvelles lettres prorogeant la trêve jusqu'à la Toussaint '.

Ainsi, ni le connétable de Richemont, ni le duc de Breta^e, ni le duc de Savoie n'avaient pu vaincre les résistances du duc de Bourgogne! Méconnaissant les engagements contractés à l'égard des princes ses beaux-frères , de son oncle de Savoie , du Roi lui-même, Philippe continuait à préférer l'amitié douteuse des Anglais à la réconciliation que Charles VII, dès le mois de janvier 1423 , lui avait fait offrir avec une si noble abnégation et une confiance ai peu justiSée.

Le refus persistant du duc d'entendre à une pacification, n'avait pas seulement pour résultat de prolonger les incertitudes et les périls d'une situation dont souffrait cruellement le royaume; il devait entraîner de graves conséquences politiques. Après l'échec de la mission diplomatique envoyée à Dordrecht, le duc de Bretagne, jugeant l'alliance française trop onéreuse pour lui, rompit le traité de Saumur, et s'unit aux Anglais (8 septembre 1427). D'autre part, rautorité- du connétable, déjà bien compromise par sa politique arbitraire et ses procédés violents, reçut de cet échec un coup irrémédiable. La porte fut ainsi rouverte aux rivalités de Cour, et

1. Leitres du 26 mars 1U7. Arcbiiet de la Ulfr-d'Or, B 1193».

S. Archives de U Cdle-d'Or, B 119ÏS; Archives de Turin, registre cité; GuichenoD, Histoire ><« Savoie, I. I, p. 483.

3. Letlres du dac de Savoie au conseil du duc à Dijon. Archives de la Câle-d'Or, 6 11913 ; Hlttoire de Bourgagnt, t. IV, preuvu, p. LXX.

i. Archives de la Cdle-d'Or, B 11939; Histoire de Bourgogne, L IV, prmvu, p. Lxn.

5. Fonboieu, 115-116. Le Roi doana ses lettres de coaflnoalion le ïi juin, et le duc le U septembre 1186.

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bientôl àdes luttes armées. EnQn, la réconciliation opérée entre le duc de Bourgogne et le duo de Bedford, et la an de la guerre de Hollande, qui, succédant à la guerre de Haiuaut, avait constamment tenu Philippe en haleine, allaient lui permettre de ae mêler de nouveau des affaires du royaume , et d'une façon hosUle à la cause royale.

Que restait-il de ces négociations si infructueusement poursuivies durant trois années î Un seul résultat , dû & l'habile politique — d'ailleurs un peu intéressée — et à la persévérante énergie du duc de Savoie : la trêve dans les provinces confluant à la Bourgogne et aux états d'Amédée VllI. C'était un sérieux bienfait pour ces contrées. Investi des pleins pouvoirs de son neveu, désigné comme conservateur de la trêve, le duc de Savoie sut maintenir son œuvre intacte, jusqu'à l'heure où il lui ' serait permis de reprendre , avec de meilleures chances de succès, l'œuvre de la pacification.

Tant que le connétable de Richement fut au pouvoir, l'action diplomatique fut concentrée dans les négociations avec le duc de Bourgogne : voulant méni^er les susceptibilités de Philippe et lui laisser une initiative complète le jour où il reprendrait sa place dans les conseils de la couronne, Bichemont s'était systématiquement abstenu de rechercher ou d'accepter d'autres alliances , soit au dedans , soit au dehors '. Durant cette période, nous ne rencontrons guère de relations qu'avec la Gastille et avec la cour de Rome, près de laquelle Regnault de Chartres, archevêque de Reims, fut député au mois d'août 1426 pour donner une solution à la question de la collation des bénéfices *.

1. I Hem, »mi que depuis qu'il l'a la puisiiance, nonoslanl que toutes paris et de granns seigneurs ly oal cnvajri présenter leur service, les aucuns, cl les aulres leurs alliances pour servir le Dolphin en ses narcsMtei, lequel Mgr de RicItemoDl de Iwue du monde ne s'est voulu allier jueques il sceust vosire volonlé. » Mémoire remis à tieelTroï et Philibert. HUloire rfe Bourgogne, t- IV, prrufta, p. Lxiu. On va voir que cette rè0t fut observi^ k l'eit^ricur cenuno à l'int^jicui- du royaume.

2. Celle question fut rdgli<c par une huile du XII des calendes de septembre (21 août U36), à laquelle le Rai donna son approbation le 36 novembre euivanl. Ordoananee», 1. Xlll, p. 133 et 1Î3 note. Il y eut un peu auparavant une autre ambassade, dont faisait partie Jean Manequin, trésorier de l'élise de Laon, secrétaire dn Roi, à laquelle il eMfail alhi'ion dans des teliios du Î9 novembre IJ35. Fr. Î0978, F. I1B7.

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1426 LA DIPLOMATIE DE CHARLES Vil' DE 14'24 A 1428. 391

Ou a TU plus haut que Charles VII, aussitôt après son avéoemeut, avait projeté d'envoyer à Jean II, roi de Caatille, une ambassade, et que cette ambassade n'avait point accompli sa mission. Au mois de décembre 14-25, alors que le comte de Foiz, installé à la cour, était un des conseillers influents, on résolut d'envoyer une ambassade en Gastille, en Aragon et en Navarre. L'évoque de Lodêve et le sire de Lucé furent désignés pour en faire partie S Mais il y a lien de croire que ces ambassadeurs ne partirent pas, car nous avons des Instructions données par le Roi, à Uontlucon, le 23 mars 1426, à d'autres conseillers : l'évêque de Béziers (Guillaume de Uontjoie), le vicomte de Carmaing et Guillaume de Quiefdeville.

Les ambassadeurs, après avoir donné à son « frère et allié » " le roi de Gastille des nouvelles du Roi , de la Reine , du Dauphin , et des seigneurs de son sang.devaientlemetlreaucourantdela situation politique : le Roi avait tant fait que le duc de Bretagne et ses frères s'étaient unis à lui ; le comte de Glermont est à ses côtés, ainsi que le comte de Foix, accompagné du sire d'Albret, des comtes de Comminges et d'Astarac, et d'autres grands seigneurs ; le Roi est disposé à faire la paix avec le duc de Bourgogne, et les ducs de Bretagne et de Savoie s'employent à cette paix; tout le peuple, d'un parti comme de l'autre, y est favorable ; le duc de Boulogne est en guerre ouverte avec le duo de Glocester, et a détroussé en Hollande un grand nombre d'Anglais.

Les ambassadeurs devaient, s'il leur semblait que ce fût à propos, excuser le Roi de n'avoir point envoyé plus tôt vers le roi de Gastille depuis le trépas de son père, absorbé qu'il avait été par la lutte contre les « communs adversaires de France et de Gastille, » les Anglais, qui occupent une grande partie de son royaume ; ils devaient offrir de renouveler les anciennes alliances, en promettant de faire ratifler par le Roi tout ce qui serait conclu.

t. Lellres da 17 décembre UÎS ordoiuaitt le paiemeot m sire i)e Ijict, conseiller el chimbellan du Roi, d'une somme de raille livras pour son voraee en CastiUc, Aragon et Navarre (Piicn oiiginaUs, 1770 ; Lucb). Aulres lettres : 1,300 livres i l'jttquc de Udève (Fr. 2088i, f. 71). Viviane de Lodève était alors Mictol Le U-nil.

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lis avaient missioD d'exposer la « grande volonté » qu'avait le Roi, de s'employer, en la saison nouvelle, au « recouvremeût de la seigneurie et reboutement des communs adversaires, n avec l'aide de ses parents et de ses autres amis et alliés, entre lesquels le roi de Castille tient le premier rang; et, afin que le roi de Gastille participât à l'honneur qu'auraient ceux qui aideraient à repousser les Anglais, ils lui demanderaient de fournir au Roi un contingent ie deux mille hommes d'armes, bien montés et armés, ou tout au moins de cinq à six cents hommes, soldés pour une durée de six mois; ils solliciteraientaussi le concours du roi de Gastille par tous les moyens possibles, soit attr teire, soit sur mer '.

~ Le Roi écrivit en même temps, pour recommander ses ambassadeurs, à Don Fadrique, duc d'Argonne : ce personnage n'était autre que le connétable de Luna, alors au comble de la faveur*.

Mais il y avait une sorte de fatalité qui empêchait toutes les ambassades en Gastille d'aboutir. L'évêque de Béziers et le vicomte de Carmaing tombèrent malades en route, et furent obligés de s'arrêter à Montpellier, où se tenait alors l'Assemblée des États de Languedoc (j"in 1426). Le comte de Foix, l'évêque de Laon et les autres conseillers qui s'y trouvaient décidèrent que Quiefdeville partirait seul , et qu'après avoir présenté les excuses des deux autres ambassadeurs , il exposerait l'objet de son ambassade.

L'envoyé de Charles VII remplit de sou mieux sa mission. Mais le roi de Gastille lui fit répondre qu'il aurait volontiers donné au Roi « comme à son propre frère charnel , » vu les « bonnes œuvres et services » faits par les rois de France aux rois de Gastille, non seulement le secours qu'il demandait, mais un plus grand encore, si la situation de son royaume et les divisions qui y régnaient toujours le lui eussent permis ; qu'il ne pouvait donc secourir le Roi que conformément à la teneur des traités, c'est-à-dire aux dépens de celui-ci; que, d'ailleurs, si la

1. Qriginti signé et cODlresigné BuDÉ, scellé du sce de secret. Hs. lalia 60îi, d* 18. 3. c A noslre Iris chier et amé cousId dom Padric, duc d'OrioDoe. * Lettre du 38 mars. Oripnal signé, ms. latin eO!4, n> U.

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1428 LA DIPLOMATIE DE CHAHLE8 Vil DE 1424 A 1428. 393 -

pacification se faisait en Castille, il s'empresserait de donner au Roi son appui'.'

Dans de telles conditions, étant donnée la pénurie du trésor, l'assistance de la Castille ne pouvait être invoquée.

La situation du royaume ne tarda pas à devenir plus critique. Au mois de juin 1428, à la veille de la prise d'armes des comtes de Clermont et de Pardiac, le Roi résolut d'envoyer une nouvelle ambassade en Castille pour renouveler les anciens traités et solliciter un secours. Cette ambassade se composait de l'évêque de Tulle (Jean de Cluys), de Guillaume Le Tur, conseillier au parlement, et de Guillaume de Quiefdeville \

Les ambassadeurs avaient mission de dire au roi de Castille que les Anglais poursuivaieot la guerre ; qu'au mois de juillet précédent Us avaient essuyé un échec devant llontai^ls, et que le Roi avait alors repris quelques places; que le duc de Bretagne, après être venu vers le Roi et lui avoir fait serment de le servir envers et contre tous , s'était soustrait à son obéissance et avait prêté serment aux Aillais; que le Roi, à cause de cette désobéissance, avait encore fort à faire contre les Anglais, un instaot affaiblis par leur « descoûâture » de Montargis; mais qu'il avait l'intention, avec l'aide de Dieu et de ses alliés, de repousser les Anglais et de remettre eu son obéissance ses vassaux et sujets. Us devaient donc solliciter le renouvellement des traités, et demander confort et aide au roi de Castille R par toutes les voies etmauièresqu'illui semblera être à faire :» publication dans le royaume de Castille de la guerre contre les Anglais, leurs alliés et adhérents, et contre tous rebelles et désobéissants au Roi, de quelque condition qu'ils soient ;

!. On a .deux telires patentes du SE juin, conlenanl pouvoir pour Iraiter, Tune de renouvetlemest d'ullunces, l'aulie d'un secours avoué, qui u'ont été ni scellées ni etpédiées (Ms. Hr. 60îi, n» i3 et 2S). Ces letlres hirenl fenipbcéts par deux autres lellres palcnles du 38 ju'm, portant pouvoir, Tuoe i IVvJque de Tulle et à Quierdeville, l'autre à Quiefdeville seul (d°' 94 et 37). el qui ne parlent que de l'envoi d'un secours. — li est rail mention du voyage de l'ëvéquc de Tulle dans le GaUia ChrUliana (t. Il, col. 673) et dans Marvaud, lliiiaire du BoM-Llmousin (t. 11, p. 35!). Quand à Quierdeville, nous avons la trace d'un prêt de 300 écus que La Trénoille fit au Roi pour les remettra à son ambassadeur (Rôh du 39 octobre 1438).

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394 HISTOIRE DE CHABLBS Vil. 1428

secours armé donaé par terre, soit en cette aanée, soit en )a suiTaDte, jusqu'à coacurreuce de deux à trois mille nobles et de . cinq à six mille arbalétriers, ayec paiement de la solde pour six mois, moyennant restitution de ce qui aurait été déboursé ',

Des instructions spéciales furent données aux ambassadeurs relativement au duc de Breti^ne. Ils devaient requérir le roi de Caatille d'équiper dans le plus bref délai une flotte de quarante à cinquante navires pour attaquer le duc et le forcer à la soumission. Une armée, commandée par un a. homme de bien, » serait transportée sur cette Hotte, qu'on approvisionnerait è. la Rochelle s'il en était besoin*.

En même temps le Roi écrivit à l'infant don Pedro d'Âra^n, et au duc d'Ai^nne des lettres, signées de sa main, pour accréditer près d'eux ses ambassadeurs *. Nous avons en outre une lettre du 22 août suivant, adressée parGharlesYIIauroi de Castille en faveur de deux de ses conseillers, Jean d'Angennes et Guillaume de Quiefdeville. Tous deux avaient été longuement employés daus les négociations entre les deux couronnes , et le second avait reçu des lettres de naturalisation comme sujet castillan *.

Il ne paraît point que les ambassadeurs français aient réussi dans leur mission. Nous n'avons trace d'aucun secours venu de Castille à ce moment. D'un autre c6té, des négociations ne tardèrent pas à se nouer entre les cours d'Angleterre et de Castille'. Elles se prolongèrent jusque dans le courant de 1430, et aboutirent à la conclusion d'une trêve (8 novembre 1430)*.

i. iDStniclions données i Loches le 28 juîd U!8. Original, âgoé Chuuxs, el contres^ FnES.-(OT, avec le scel de secret. Hs. lalm 60!4, n' 3G. Cf. mÎDule, n° 19.

!. Inslruclions de même date. Or^nal dans les tn^mej conditions. Pra annl, en janvier U38, Sancho Eqnerra, ^uyer du roi de Castitlc, rnenttoaaé ^us haut, était i la cunr de Bretagne, avec Pbibaur{uet, héraut du grand maître de SaintJacqoes de Pampelnne, enrojé par la raine de Navarre. D. Lotuneau, L 1, p. 57i.

3. Î8 juin : lellre à l'in&nt accréditant l'évéque de Tnlle et QoierdeviUe. Original signé, n" !9. — 29 juin : lettre au duc d'Arganne , accréditant OuJaCdeville seul. Ordinal signé, n° 30.

i. Original signé, f A PoiGliers te vui> jour d'aoust. > Hs. latin SOU, o" Si.

5. Ruiner, t. IV, part, iv, p. US, 150 ; Ferreras, //Moire ^Etpagnt, t. VI, p. 351

6. Le 36 février 1130, un don était fait à un docteur en théologie et 1 un ctievalier venus en ambassade de b pari du roi de Castille poor traiter d'alliances avec Henri VI

C'est en toïd que Guillaume de Quiefdeville fut de nouveau envoyé en ambassade vers la fin de 1429 : il mourut dans le cours de sa mission '. D'ailleurs, les iutritnieequi s'agitaient en Gastitle contre le connétable deLuna, la guerre qui ne tarda pas à éclater entre la Castille, d'une part, l'Âragon et la Navarre de l'autre , rendaient illusoire pour le moment l'alliauce avec ta Gastille'.

Si l'a Castille, tout en demeurant l'alliée de la France, ne pouvait l'assister dans sa détresse, l'Ecosse lui restait, et l'on n'avait jamais fait en vain appel au concours de cette puissance. C'est vers elle encore que se tourna Cliarles VIL

Jean Stuart de Demeley, le dernier survivant des chefs de l'armée auxiliaire, était demeuré en France à la tête de ses Écossais , et n'avait cessé de donner des preuves de sa fidélité et de sa vaillance. En récompense de ses services, Charles VII lui avait donné {janvier 1427) le comté d'Évreux, qu'il avait à conquérir sur les Anglais'. Par d'autres lettres en date du 4 février 1428, « en perpétuelle mémoire de tant de signalés et importants services, » il lui accorda, pour lui et ses descendants, le glorieux privilège d'écarteler ses armes de celles de

(Rymer, t. IV, part, ]V,p. 151). Le 8 mars, un sanr-conduU, valaUc jusqu'à ta Toussaint, ^lail délirrf à frère Jean de Carraly et à Femond Manuel de Lande, ambassadeurs dii roi de Casiille, pour retourner près de leur raaitrc et pour revenir en Angleterre avec un ivtque, un baron, deui dievallers et deui docteurs (id., ibid., p. 153). Le mime jour des lettres de protectJon étaient données aui mimei ambassadeurs (td., ibid.). Le 13 juin, le roi de Castille donnait des pouvoirs poui' traiter avec le roi d'Angleterre (fd., ibid., p. 16i). Le leitfl du traite du 8 novembre est dans Rjmw, t. c, p. 166. CT. Ferreras, t. VI. p, 372.

1. Arehives, X** 11 , au l" juin 1430, Voir Didier Neuville, le ParUmtia To^al de pQitien, dans la Revut hitlorlque, t. VI, p. ÎS3.

3. Voir Ferreras, L VI, p. 318, 330, 326 et stùv. D. Uanuel de Bofiinil, dans sa préface de la Guerra entre Casiilla, Aragon y Nevarra, publiée au tome XXXVII de la Coleeàon de iowtmmto» ineditoi del ArclUvo gênerai de ta corona de Aragon, a fort bien Irieé le Ubieau de fEspagne de 1406 à U31.' Kous lui empruntons le passage suivant (p. a) : a Este era ei cuadro que presentaba Caslilla durante los trcinla aflos primeras del sigio XV, pero i tan triste cslado la condujo primero e! de la minoridad y luleta de su sobcrano, que sienipre son estas situaciones peligrosas cuando co fatales en lodo reino, y iuego la confusion de dcrecbos de una l'ama procedente del misuio troncs de Castilla, pero que reinaba en olras nacionès de EspaBa, cugos infantes, recûrdando su procedencia y precuentando la CoHe de aquel reino, no obraron sicmpre en 11 misma coti la cordura ncccïsaria, por efecto tel ve: deser dudosa ô anib^ni^ su nacionalidad , a parle de los deferlos que como hombres les daban i conocer en sus aetos, »

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