OrigiDal sigm!, Arcbives du Nord, B
3. Lettres de Jean Tuderl, en date du 39 janvier 1430, ani Archives da Nord, B 1484. Cf. Monslretet, i. IV, p. 358.
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faire tenir aucune conveotiOD ou assemblée avec ses ennemis, car s'il le faisait, il serait trompé par eux V
D'un autre cOté, Philippe était plus que jamais en relations intimes avec les Anglais. An mois de décembre i429, une ambassade, dont Hugues de Lannoy était le chef, se trouvait en Angleterre*. Un mémoire, rédigé sous l'inspiration de Lannoy, venait d'être présenté au conseil de Henri VI '; il avait pour but d'indiquer les remèdes à la situation critique où se trouvait le gouvernement anglais, et d'apaiser les » clameurs » qui, de toutes parts, retentissaient en France contre lui. On eng^cait le roi d'Angleterre à se prêter aux négociations qui paraissaient devoir s'ouvrir à Auxerre en vue d'une paix générale. Car, s'il ne le faisait pas, d'une part il donnait linu de croire qu'il n'était point favorable h la paix et voulait être juge dans sa propre querelle ; de l'autre il s'exposait à perdre l'appui du peuple qui, désireux de repos, pourrait se tourner du côté de son adversaire. Il était bon seulement de s'assurer à Rome du concours d'un cardinal médiateur qui ne fût point hostile.' — Tout en acceptant de négocier, il convenait de pourvoir à la situation si grave où était le royaume, et d'y envoyer promptement une bonne armée, commandée par un chef habile et valeureux. Le roi devait se préparer à passer lui-même en France, avant la « journée d' Auxerre, » avec toute sa puissance. Et comme il était à présumer, eu égard aux dispositions orguoilleusea des h'ranç.iis, qui déjà se croyaient maîtres de la situation, que la paix ue se ferait pas, il était nécessaire
1. Ce m^moii-e, resté inédll, a été cependant cunnu de nus jours pu* quelques histuriens : UM. Kervyn de Lettenliuvc et Vallel de Viriville en oui parié, et M. Polvm, dans l'iiUéressant Iravail qu'il a publié réccnimeDt sur GhiUeberl de Lannaj, le menlianoe. en duanaul une nomenclature des pièces cânteuues dans le manuscrit où H se iniuvi: (Fr. 1278, f. 45-16). .Mais aucun de res ërudils ne lui assigne sa vraie date, et U. Potvin se li'unipc en le reparlant (p. 489) à l'année li3S. Postérieur i, la Irpve signée le 98 aoAl 1439, il est anléi'ieur au don de la Champagne au duc de Bourgogne (8 mars U30) et au voyage de Henri VI en France {i'i avril 14y0). A|irès une étude 1res attentive et une comparaison avec les événements contemporains, nous avons cru devoir placer sa rédaction au mois de septembre ou d'octobre UÎ9.
t. Lannoy était encore le 15 décembre 1429 en Angleterre avec Quentin Menarl, préviji de Saial-Omer ; ù celte date des dons Turent faits à ces ambassadeurs. Rymer, I. IV, part, IV, p. 1E3. Au couronnemenl du roi, qui avait eu lieu le 6 novembre, il j avait un ■ chivàler de Savoy, > Voir Byiner, I. e.
3, «s. fi'. 1278, r, 47-48.
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1429 L\ DIPLOMATIE DE CHARLES Vïï DE 1429 A 1431. 417
d'amener le duc de Bourgogne à se lancer plus résolument dans la lutte, en lui donoant, avec une autorité plus grande, une seigneurie notable à tenir en apanage, moyeunant le paiement d'une somme déterminée. En outre, il était à pi solliciter instamment le duc, au nom du « roi, » de se w campagne avant la venue de celui-ci, et de réduire le avoisinant Paris, en lui fournissaut la solde d'au moi hommes d'armes et mille hommes de trait, à partir du vier, et en lui envoyant une bonne partie des tro l'armée d'Angleterre. On devait aussi se rendre favoral des dons, les seigneurs bourguignons les plus inQi convenait de ne point négliger les puissances étrangi s'assurer — par mariage ou autrement — l'alliance di Savoie ; d'envoyer sans retard vers l'empereur, les r< pagne, d'Aragon, de Portugal et de Navarre, le duc d le duc de Lorraine, et autres seigneurs d'Allemagne, ] tenir leur amitié ; de pourvoir au « fait d'Ecosse, » pi sur laquelle les ennemis fondaient de grandes espéri dont ils se n vantaient très fort ; » de ne point néglige de Bretagne, afin de le maintenir dans la fidélité, d'obi concours armé, el d'arriver par son entremise à ram service du « roi, « le comte de Richemont et Richard tagne. Enfin il semblait très nécessaire, pour la dii donner aux affaires de France, d'y envoyer, en altei venue du « roi, » le cardinal d'Angleterre, lequel, sur i sage, pourrrail voir le. duc do Bourgogne et s'enteu' lui.
Ce programme, qui répondait pleinement aux secrèl rations du duc de Bourgogne, paraît avoir été suivi de point Dès le commencement d'octobre, le cardinal ( chester passait le détroit. Le 18 octobre, Henri VI ai son prochain voyage en France. Le 20 décembre, il j une circulaire à ses bonnes villes pour les engager mçurer fidèles, et les avertir de sa venue. Son âme, avait été émue des « grans plaintes et lamentables cIb qui lui venaient presque chaque jour relativement s traitements el à l'oppression dont son peuple était vl
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la part de « Charles de Valois, son adversaire, » et de ses adhérents; il devait venir si puissamment accompagné, qu'il espérait, dès sa première campaguc, mettre la guerre si loin d'eux qu'avant sou retour, il verrait son hon peuple de France « vivre, labourer et marchander en bonne paix et tranquillité '. » Mais en même temps que retentissaient ces promesses et ces bravades ofticielles, le conseil d'Angleterre poursuivait en secret une politique moins fièrc, rendue d'ailleurs nécessaire par les défaites subies récemment : il envoyait un am- ^bassadour au Pape pour l'assurer des intentions favorables à la paix dont le roi était animé, et obtenir qu'on désignit, pour prendre part aux négociations qui devaient s'ouvrir, soit le cardinal d'Angleterre, soit, à son défaut, un cardinal qui ne fût point hostile à Henri VI '.
On observait à l'égard du duc de Bourgogne les plus grands ménagements, l'accablant de prévenances et de faveurs; on ne tarda pas à lui donner la satisfaction qu'il désirait obtenir, en lui attribuant (par lettres du 8 mars 1430) les comtés de Champagne et de Brie. Eu même temps, il reçut une somme de deux mille marcs. On réussit si bien auprès de lui, que tandis qu'en Angleterre le Conseil désirait trouver un moyen de faire la paix, le duc de Bourgogne élail tout entier à la guerre, et ne songeait plus qu'à reprendre les hostilités. Comme l'a très bien dit M. Michelet, ce prince, le plus riche de la chrétienté, n'hésitait plus à mettre de l'argentet des hommes dans une guerre dont il espérait avoir le profit '. Les trêves, fort mal observées d'ailleurs ', devaient tinir à Pâques, et le duc semblait n'attendre que la date du 16 avril 1430 pour prendre les armes. On a tout un plan de campagne,
<. Letlrti det Roii. elc., I. n, p. 410-11.
2. Lettres des liait, clc., 1. Il, p. ilï-li, CcsinslruclionsparaissenUïwréWrëdij^s au moi» de d^t^embre 142!). A la dale du 5 Janvier, l'an Vlil du rè^c (1430), le conseil changea l'envoyé chargé de la mission,
3, Hiiloin de France, 1. V, p. 97.
i. Lettre du Rai aux hatûlants de Reims, en dalc du ë janvier 1130, en réponse an\ plaintes ftjrmulécs par eux (Archiveii de Relnis). Il y a une lettre du maréchal de Toulongpun au dur de Savoie, eu date du 4 février, purianl plainte sur des infractions. Lt duc lui répondit le ir>i il avait transmis le 14 «alettreau Roi (Archives de Turin, Registre eité, r, S M 3).
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rédigé à ce- momeDt, et traçaat la marche à suivre aussitôt que le roi d'Angleterre serait débarqué en France ',
Le duc de Savoie n'avait pourtant pas renoncé S l'espoir de tenir à Auxerre la conférence projetée. Il avait, k la date du 16 janvier, prorogé pour trois ans la trêve, spéciale aux contrées del^st, qui avait cours entre la France et la Bourgogne .depuis le traité du 28 septembre 1424 *, Le IS mars 1430, il écrivait à Charles "VII qu'il s'était informé « le mieux qu'il avait pu » pour savoir si son neveu de Bourgogne viendrait à Auxerre le 1" avril : « Selon ce que j'en ai pu sentir, disait-il, il n'y viendra point; mais il y enverra ses gens. » Le duc ne savait pas encore si les deux cardinaux et Jean de Luxemtwurg y seraient présents ; il avait été informé que le Roi se contenterait d'envoyer des ambassadeurs; il annonçait le départ de ses représentants, et promettait de s'employer aux négociations de tout son pouvoir, comme en la chose du monde qu'il avait le plus à coeur'. Le lendemain, le duc, qui n'oubliait jamais ses propres intérêts, demandait au Roi de profiter de la conférence pour régler la question du Valentinois', Le 21, nouvelle lettre, pour annoncer que Jean de Luxembourg venait de l'aviser que, vu les " novités « qu'on avait faites contre lui cl contre d'autres capitaines du duc de Bourgogne, il ne viendrait point à Auxerre*. Le 27, Amédée écrivait encore que le chancelier de Bourgogne venaitd'arriverprèsdelui.et lui avait fait savoir que le cardinal de Winchester et les autres ambassadeurs d'Angleterre s'étaient excusés, vu la proximité de la date, et avaient demandé que la conférence fût remise au l^juin; il envoyait au Roi copie des lettres du duc de Bourgogne que le chancelier avait apportées, et le prévenait qu'il donnait contre-ordre à ses ambassadeurs, déjà sur la route d' Auxerre '.