‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 235 sur 367 · Iliitoin de^Boaryogne , t. IV, preuve) . p. Mxiii · texte numérisé non relu

Iliitoin de^Boaryogne , t. IV, preuve) . p. Mxiii

4. Cette lettre est datée de Gaud, le 16 juin. Hàtoire de Bourgogne, L IV, preums, y. cxKiit, Le duc avait ili npfrM dans le nord, près de sa femme, par It perte d'un fils dont la dudiesse était accuuch^ le 1i avril, pt qui triait mort presque aussitdl. Id., t. IV, p. 160.

Le B juin, Hugues du Bois paît pour Auicrre, afin de préparer les It^is pour la journée fixée au 8 juillet. Archives de la CAte d'Or, B IGIS, f. SB.

5. Canal, t. c, p. 337; Collection de Bourgogne, il t. 7!; Archites de la Cdte d'Or, B 1M9, f. 88 et 88 v,

6. Le 99 , les habitants d'Auierre recevaient l'ordre de se rendre au-devant des ambassadeurs et de les conduire à Semur. Collection de Bourgogne, 31 , T. 73.

7. Le S aoai, Claude de Tenaire reçut l'ordre de condinre les ambassadeurs français , venus à Senmr, jusqu'i la fh>ntière des pays du duc. Ai'chives do la CiHe d'Or, B 1619. f, 90 Cf. Hittoire it Bourgogne , l. [V , p. 162.

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la maladie, au moment où il se rendait à Auxerre, arait fini par rejoindre les représentants des deux parties ; mais les ambassadeurs anglais n'étaient point arrivés ^ On tint pourtant, en attendant la réunion officielle, définitivement fixée au 31 octobre, une conférence préliminaire.

Le cardinal , après avoir entendu les députés des parties *, n'hésita pas à déclarer que , si le roi d'Angleterre ou le régeat Bedford ne se faisaient pas représenter à Auxerre, on pouvait et l'on devait même, en l'absence des Anglais, procéder à une paix particulière entre Charles Vli et le duc de Bourgogne. Le chancelier Rolin et les autres ambassadeurs du duc se récrièrent vivement, disant qu'ils n'avaient auctms pouvoirs à cet égard, et qu'ils devaient se borner à transmettre cette opinion au duc pour qu'il donn&l son avis avant la « journée. » Le cardinal reprit qu'il ne proposait pas un « appointement, » mais qu'il lui avait paru utile de faire cette déclaration, et qu'il se proposait même d'en écrire très nettement an roi d'Angleterre et au régent '.

Des entretiens privés eurent lieu à Semur entre les ambassadeurs français et boui^uigaons. Les premiers furent sondés sur les intentions du Roi relativement à la paix générale; ils laissèrent entendre qu'il n'était disposé à faire aux Anglais aucune cession territoriale. Après ces échanges de communications, les représentants du'duc demeurèrent convaincus que le Roi ne désirait pas la paix avec l'Angleterre, et qu'il n'enverrait un sauf-conduit aux ambassadeur^ que par égard pour le duc , dans un vague désir de conciliation , mais sans avoir l'intention d'en venir à des résolutions pratiques. Les ambassadeurs français avaient insisté sur l'impossibilité de faire la paix avec l'Angleterre, disant qu'ils savaient bien que, s'il advenait que Henri VI se fît représenter à la journée d'Auxerre,

1. Le cardinal, daos'une leUrc au duc de Bourgogne, en date du 15 décemtre U3S, dil que les ambassadeurs anglais ne recurent pas les saur-conduils , que d'atUeura ils avalent demandas tardivement. Hiâtoire dt Bourgogne, 1. IV, preuves, p. Cixvn.

!. Le cardinal se loue beaucoup de l'altitude des ambassadeurs bom^ignons : < Qui onmi diligeoUa , studio , industria, eoUicitudine Ikw admirabile negotium proseculi sunl. s

3. Ces détails sont tirés d'un mémoire remis à Jean de Uoisy, publié dans les fremtii i&VHUtotTt de Bourgogne (I. IV, p. eux), qui sera cilé i U page suivante.

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les disseotiments entre [e Roi et le duc s'accentueraient encore davantage, car il serait question du traité de Troyes et de la mort du duc Jean à Montereau, ce qui amènerait inévitablement les ambassadeurs français à parler de la mort du duc d'Orléans et à dire des choses qui pourraient être désagréables au duc. — Quant aux prétentions du duc de Bourgogne, elles furent formulées discrètement par ses ambassadeurs : il voulait avoir la Champagne. Mais, au premier mot qui fut prononcé relativement à un abandon éventuel de cette province, les ambassadeurs français, déclarèrent qu'il n'y fallait point songer et que les États du royaume n'y consentiraient jamais '■

La tendance du cardinal de Sainte-Croix à conclure au besoin une paix séparée; les dispositions de Cbarles VIT, révélées par ses ambassadeurs , donnèrent à penser aux ambassadeurs bourguignons. Ils venaient de voir un certain nombre de seigneurs du parti de leur maître, et des plus puissants, comme le prince d'Orange, traiter séparément avec le Roi*, et ils craignaient que ce mouvement ne se généralisât. Ils constataient en outre que les frontières bourguignonnes étaient très exposées, et livrées chaque jour, malgré la trêve, « à plus forip guerre; » ils redoutaient enfin une prise d'armes générale, dont le bruit s'était répandu. Bref, « ne sachant que juger et dire , » mais prévoyant plus de mal que de bien du cdté des Français, qui, ta chose leur semblait évidente, voulaient,

I par telles manières et voyes obliques, » contraindre le duc à faire la paix avec eux « à leur plaisir, » les ambassadeurs bourguignons se décidèrent à en référer à leur maître.

Dans un mémoire remis à un serviteur du chancelier Rolin, ib lui exposèrent le résultat des conférences de Semiir et les craintes que leur avaient suggérées les entretiens qu'ils avaient ens, soit avec le cardinal, soit avec les ambassadeurs français,

II n'est point douteux, disaient-ils, que le cardinal veut entraîner le duc à conclure une paix séparée. Or, quoiqu'il soit B un très bon prendhomme et notable seigneur, et de très

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bonne vie; h bien qu'il fasse preuve d'une très grande affection à l'égard du duc, plusieurs pensent qu'il est plus favorable au parti du « Dauphin » qu'à celui du « roi » et du duc. Quant aux ambassadeurs de France, on sait désormais à quoi s'en tenir sur leurs dispositions. Â.usBi, avant d'aller plus loin, il convient que le duc se prononce sur l'attitude qu'il lui plaît que prennent ses envoyés, relativement à la proposition de paix particulière qui sera faite, et qu'il envoie à Auxerre de notables clers et chevaliers de ses pays de Flandre et d'Artois, munis de " bonne et souflisante instruction » quant aux « termes et manières » qu'il veut que l'on tienne en son nom , tant au sujet de la paix particulière et de ce qui en découle que de la paix générale, dn fait des trêves et des autres questions qui pourront être soulevées. Si le duc ne se rend pas à ce vœu , qu'il mande au moins à ses ambassadeurs, a par escripture de sa propre main, » ce qu'ils auront à faire , spécialement en ce qui concerne la Champagne et la mort du duc d'Orléans, si l'on en parle; car sans cela ils seraient obligés de rester dans les termes des instnictions données par lui avant son départ de Bourgogne, et dont ils lui envoyent le double.

11 faut que le duc sache bien que le cardinal entend qu'à la conférence d'Auxerre ses ambassadeurs devront être prêts à traiter, soit de la paix générale, soit de la paix particulière. Le cardinal est persuadé qu'ils ont dès à présent pouvoir d'agir ainsi; il a rappelé, à plusieurs reprises, que, lors de - son séjouràDijon, le duc lui avait déclaré que, dans le cas où le « roi « (Henri VI) ne voudrait pas se faire représenter à Auxerre , il y enverrait néanmoins ses gens. Le cardinal compte que ce sera pour travailler dans ce sens. Il importe donc que le duc fasse bien connaître ses intentions à ses ambassadeurs et leur trace en toutes choses la marche à suivre,

11 faut aussi que le duc indique, pour le cas où les « ennemis u ne feraient pas ce qui a été réglé par le cardinal et en particulier ne donneraient pas le sauf-conduit demandé pour les gens du « roi » — rendant par là impossible la tenue de la journée d' Auxerre, — ce qu'il lui plaira qu'on fasse, et quelles

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requêtes on devra préscQter qb son nom au cardinal ; soit pour ue. point abaadoDDer la «matière, >> soit pour la pcniettrc à une autre Jourat^e, k Bàle ou ailleurs, en requérant lettres testimouiales des « diligences et devoirs faits en cette partie » de la part du duc.

Les ambassadeurs iustslaieut ensuite près de leur maître sur la nécessité de pourvoir à la défense de ses pays, ravagés par l'enurmi, malgré les trêves, et « comme abandonnés', » car si le duc se décide à venir lui-même en armes pour châtier ceux qui détruisent ses terres , non-seulement sa présence fera justice des pillards, mais elle ne pourra que favoriser le résultat de la journée d'^uxerre'; et si l'on aboutit à un échec, ou sera prêt du moins à résister aux ennemis qui , en cas de rupture, doivent, dit-on, envahir le pays du duc avec toutes leurs forces,

La réponse que fit le duc à ses ambassadeurs n'était point de nature à rendre leur tâche facile. Le duc pensait que l'on devait tendre à la paix générale « par toutes voies et manières raisonnables, > conformément à ce qui avait été décidé à Dijon en présence des ambassadeurs du « Dauphin » et A ce qui avait été convenu avec le cardinal. On devait •< tenir la main, par toutes voies et manières, » à ce que les « gens du Roy et de monseigneur le Régent » aient sauf-conduit du u Dauphin. » S'il était parlé de la mort du duc d'Orléans, on dirait que ce qui concerne cet événement a été réglé jadis par des traités solennels, et si l'on insistait, ou répondrait, autant qu'on le pourrait, « à l'honneur et décharge de Monseigneur (le duc) et de sa partie. » Si les « ennemis » ne voulaient pas donner de aauf-conduit ni traiter de paix générale, il semblait au duc que l'on ne devait pas « abandonner la matière, » mais la remettre à une autre journée, suit à Bâle, soit ailleurs, au gré du cardinal. Il semblait également au duc qu'il était expédient de prendre du cardinal des lettres testimoniales des diligences faites de sou côté, et du << domené de toute la matière, » autant (|u'oo le pourrait, à son honneuret décharge, u Et par ainsi, concluait le duc, mondit seigneur n'est point délibéré et ne hiy semMi' point faisable de se bouter pour

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le présent en lermes nouveaux de paix particulièpe , mais toujours teair la main à paix générale pour le plus expédient, sans autre délibération'. »

Il n'était point inutile d'analyser ces documents : ils nous font bien connattre les secrètes dispositions de Philippe, et ils expliquent l'insuccès des conférences d'Auxerre.

Le cardinal de Sainte-Croix, qui avait profité de l'intervalle entre la réunion de Semur et celle d'Auxerre pour aller conférer avec le régent Bedford', arriva au jour fixé. Il trouva à Auxerre les ambassadeurs du duc de Bourgogne et ceiix du roi d'Angleterre. Les envoyés du duc de Bretagne arrivèrent à leur tour'. On attendit vainement pendant plusieurs semaines les ambassadeurs de France, qui parurent seulement le 27 novembre, donnant d'ailleurs, paraît-il, de plausibles excuses pour un retard si prolongé*.

On se mit aussitôt à l'œuvre. Mais les difficultés ne tardèrent pas à surgir, et les choses prirent une tournure qui montra combien étaient illusoires les espérances qu'on avait pu concevoir. Comme le remarque judicieusement le héraut Berry , cha-

1. Iliiloht dt Bourgognt, I. IV, Prfttves, p. cmx. — C'est i lort qu'on donne ici k ce document la date du 15 juin 1133, puisqu'il répond à un autre document qui ne peut être antÉrieur aut premiers jours d'aoU. La date de cette réponse est Riée par une lettre de créance donni^e par le duc à Jean de Moisy, et qui est datée de Louvain, le 11 septembre (p. cxxin). — Le reste de 11 réponse est consacré à la défense des pays du duc et i d'autres points particuliers traités par \k ambassadeurs. — Le chancelier ne tarda pas i. envoyer de nouveau h son maître des > lettres et mémoires, * auxquels il' est Tait allusion dans une lettre du duc à son chancelier, en date de Bruges, Il octobre (p. uini), et qui amenèrent une ri<ponsc dont la teneur est donnée dans les Pnuvfs de XHittoire de Bourgogne (p. cxxv).

t. C'est ce qui résulte d'un documeol émané de la chancellerie anglaise el qui nous t)U connaître la répugnance avec laquelle le régenl Bcdrôrd avait accepté le lieu choisi pour tenir la conrérence. Stevenson, t. Il, p. 351-S2.

3. Les plénipotentiaires français étalent : le chaDcetler Regnault de Chartres, Chri^ tophe d'Rarcourt, le doyen de Paris Jean Tudert, et Guillaume BeUler, bailli de Troyes. Les plénipolentlaires bourguignons : le chancelier RoUn, les évéques de Langres et de Nevers, Antoine de Vei'gy, le seigneur de Sat^y, Claude de Beauvoir, seigneur de Chasiellux, Guy de Villamoul, Jean de Blaisy, aUié de Saint-Seine, Richard de Chancey, etc. Les plénipotentiaires anglais : Gilles de Clamecy , |H4vâl de Paris, le sire de Rouvitle, l'évéqne de Paris (Jean du Chastellierj, l'abbé de Fécamp, etc. Les anbassadeors bretons : Thibaut de la Ctartiére, Alain Coaisoon , Jean Codarl et Gilles de Saint- Simon. Berry, p. 381; D Lobineau, t. Il, p. 593; Colleclion de Bourgope, 95, p. lU. Archives de la Cflte d'Or, B 1651 , f. 15, el 1C55, f. 167,

l. • Horali enim fnenuit usque in dieni xxvii novembris. Veneruni postremo excusantes Bioram t^ime, eisque concessum est. > Uttre du cardinal de Sainle-Croii, aux Ariliives delaCdte d'Or, 6 11899; HMatrede Bourgogne, t. Vl.pnuva, p. cxxvri.

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cuae des parlics voulait, à tort ou à raison, avoir lé royaume, rt et UD-^hascuD se vouloit dire Roy de France '. » Sur Tinitiative des ambassadeurs anglais, il fut d'abord question de trêves générales; mais les ambassadeurs de France ne voulurent entamer aucune négociation sur ce terrain, disant qu'un semblable traité serait de nul effet, et que d'ailleurs il leur serait impossible de le faire observer'. Ils demandèrent qu'avant toute chose les princes captifs en Angleterre fussent conduits en France , en un lieu où ils pussent prendre part aux négociations. Les ambassadeurs de Bourgogne et d'Angleterre convinreDt que la demande était assez raisonnable, bien qu'à leur avis elle eût dû être formulée plus tût; mais les derniers déclarèrent n'av6ir aucune instruction à cet égard et se trouver dans l'obligation d'en référer à leur mattre. Cet incident décida le cardiual de Sainte-Croix à proroger la conférence au 21 mars suivant, en un lieu situé entre Corbeil et Meluo, ai les parties y consentaient*.

Pendant le cours de ces négociations, le sire de Gaucouri avait été chargé d'une mission spéciale, en. vue d'assurer l'exécution des trêves. Par lettres du 'i octobre 1432, adressées à certaines villes, et aux seigneurs d'Olfemont, de Noyelle, de Liguy et de Crèvecœur, le duc de Boui^ogne ordonna de prendre jour et lieu pour traiter avec le sire de Gaucourt*.

i. Ces deuils sont extraits de la lettre précitée du cardinaj de Sainle-Cron et it« U réponse liiile à Hugues de Lanno; ea juillet 1133. Les auteurs contemporains ne font que mentionner ta eonféreocc d'Auxerre. Voir Uonstrelet, t. V, p. 45 î Journal d'un bmirgàtit de Parit, p. !89. Berry donne seul quelques détails (p. 3&1).

2. C'est du moins ce qui résulte des détails contenus dans la réponse du Conseil anglais â Lanaoy : • El quant à la traitlie ou abstinence, ils n'en baillerotent point; et s'ils la bailloienl elle seroit de petit effecl, disans aulcuns d'euh que se leur maislre a?oit cent mille C5CUS, si ne la pouveroit-il Taire garder, pour ce qu'il n'esloit serti en sa gunre que d'éirangiers auxquels il a atiandonné le pais et non obéissant k lui en ceste partie. > Sterenson, t. Il, p. 353. ^ Il est évident qoe ce propos, sous U plume de membres du conseil d'Angleterre s'adressant à l'ambassadeur du duc de Bourgcfne, n'est pas d'une authenticité indiscutable.

3. tin arrangemeut M fait à Auxerre,àla date du 11 décembre 113!, entre tes représentants du Roi et ceux du duc, relativement i l'observation des trêves : texte original aui Archives de la Cdte d'Or, B 11899, et dans la Collection de 05, p. 7ti. Le lendemain, le chancelier Rolin envova Jean de Saint-Julien, seignenr Hilly, à Amboise, vers le Hoi, pour soumettre le traita à son approbation. Sqiliii compte de MallUtu Regnautl. Archives de la Cùte d'Or, B 1661, p. 7J.

i Archives du Nord, B 19*5, f. R.'i v.

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i433 LA. DIPLOMATIE DE CHARLES VII DE 1431 A, 1433. 453

Nous n'avons pas de détails circonstanciés sur la mission remplie par Gaucourt'. Nous savons seulement qu'elle aboutit à une conférence, tenue en mars et avril 1433, entre l'envoyé du Roi et les représentants du duc de Bourgogne, au nombre desquels étaient Philippe Maugard et le comte de Ligny. On y discuta la t déformation des abstinences » prises entre le duc et ses adversaires '.

La nouvelle conférence assignée aux députés des parties par le cardinal de Sainte-Croix, se tint, au jour fixé', à Seine- Port, petit village inhabitable, paraît-il, sauf pour des plénipotentiaires*. Là, les ambassadeurs français' déclarèrent- aussitôt qu'ils ne pouvaient procéder plus avant si les princes captifs n'étaient amenés en France, dans les environs de Rouen. A cette déclaration , les ambassadeurs anglais n'opposèrent pas un refus absolu, mais ils demandèrent qu'on choisît pour lieu de réunion la ville de Calais, où le cardinal et les ambassadeurs de France, munis de sauf-conduits, pourraient se rendre et communiquer avec les princes; ils firent même savoir que , dans ce but , on avait déjà fait conduire les princes à Douvres. Les ambassadeurs de France se bornèrent à dire qu'ils en référeraient à leur maître, qui ferait connaître ses intentions à*cet égard. Le cardinal , fort découragé , dut mettre un terme à la conférence. Mais il annonça qu'il allait se rendre près de Charles VII, afin de sortir des inextricables difficultés auxquelles on s'était heurté '. Le duc

1. Le 21 janvier 1U3, un IrompeUe de Jean de Brimcu éUil envoya porter une lettre ji Gaucouit, quelque part qu'il fût, sur le fait de l'abstinence. Archives du Hord, • B 1948, r. 99.

i. Archives du Nord, 6 1M8, r. 76.

3. Au mois de février 1133, É^enne Boui^eois, chevauclieur du duc, parlait de Dijon pour porter aui ambassadeurs de Charles Vil les sauf-condoits nécessaires pour se rendre i lajnum^duil mars. Archives de la Cdted'Or. B 1B5I. f. St. - Le!1 février. Toison d'Or partait de Bmielles avec Jean Luillier, conseiller du duc, pour aller à Corbeil; il vacqua pendant Eoîiante-un jours. Arcliives du Nord, B 19M, t. 69 v°, 7S v* ef 83-

i. I In quodam villagic inhatulabill. • Lettre du prieur des Innocents, secrétaire du cardinal, au chancelier de Boui^i^e, 10 avril 1433. HUloire de Bourgogne, t. IV, preuvet, p. cxxiJi.

5. C'étaient le chancelier Regnaull de Chartres, Christophe d'HarcourI et Jean Rabateau. Bouliot, Hàloire de Troyet. t. II, p. 511.

6. Ces détailssonlempruntésàlalettre précitée du prieur de Saint-Innocent, à une lettre du cardinal au chancelier Rolin, en date du U avril (Archives de la Cdte d'Or, B 11899;

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454 HISTOIRE DK r.HA.RLES VII. 1433

de Bedford, qui paraissait favorable à la paix, vini à Corbeil, pendant la tenue de la conWrciicc, rendre visile an cardinal'.

Le cardinal fit un assez long séjour à la Cour, oàilful accueilli parle Roi avec empressement. 11 finit par obtenir son adhésion à l'arrangemeEl proposé par les Anglais; le Roi consentit en même temps à ce qu'une trêve de quatre mois leurfût offerte '.

Une nouvelle conférence fut tenue à Corbeil. au mois de juillet 1433. Le cardinal présenta au chancelier anglais (Louis de Liixemboui^) le traité préparé par lui, d'accord avec le chancelier de France et les autres conseillers de Charles Vn qui l'accompagnaient. Tout semblait disposé en vue d'im accord, puisque le Roi avait accepté les propositions des Anglais , et l'on s'attendait à voir Luxembourg revêtir l'acte de la signature et du sceau lui donnant force de loi. Mais, on ne sait sous quel prétexte, le chancelier s'y refusa obsUnémeDl'- La conférence fut déûnitivement rompue. Lp chancelier ^i^ gnault de Chartres témoigna vivement son mécontcntemni'r et partit « moult dolent. » Le chancelier anglais retourna a »s expéditions militaires *. Quant au cardinal , renonçant défiortivement à la mission qu'il avait vainement poursuivie ', il ne tarda pas à prendre la route de Baie, où il arriva le 10 septembre '.

Cependant les relations devenaient de plus .en plus tendues entre le duc de Bourgogne et le gouvernement anglais. Dans l'entourage de Henri VI , on avait été profondément froissé de

Hkloirt dr Bourgogne, t. IV, preuves, p. cxxxiii), et i la réponse t»He i Hugu^''^ Laimoy (Stevenson, t. Il, p. 954), Le llxvrii, les habilaols de Trojes returMt "" lettre des smbissadeurs R-in(ais les iarurmanl de l'insuccès des n^s<*<^iaUoiis (Hitleirt ^ Troya, par Duufiol, t. II, p. 511).

1. Letlre de Henri VI au duc de Bourgogne. HUloire de Bourgogne, l. IV, preuett. p. cxxïv.

9. Voir la réponse du conseil anglais à Hugues de Linnoy, L c, p. S5i.

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