Monumenta, 1. II. p. !77 ; cf. p
t. Une letlre, datée de Bile le i décembre [U^IJ el adressée au cardinal des Ursins, fait allusion à celte iatei-venlion. Uansi, l. XXXI, col. 160.
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476 'histoire de chahles vu. 1433
il consentit à ce que les actes du Concile eussent une valeur légale à partir de l'ouverture de ses seasiont); il rétracta l'ordre de traaslatioa; enHn il adhéra au GoncUe, promettant de le soutenir moyennant que ses légats en eussent la présidence '.
Gr&cc aux représentations de l'empereur Sigismond , de Charles VU, des princes électeurs, et aussi du gouvernement anglais, dont les ambassadeurs étaient également favorables aux idées de conciliation *, le Concile n'avait point fulminé contre le Pape; mais si la rupture avait pu être évitée, on n'élAit pas arrivé à un rapprochement. Malgi-é les avances si généreusement faites par Eugène IV, les Pères de B&le se montraient intraitables à son égard, et persistaient à vouloir le .déposer. Dans leur douzième session (13 juillet 1433), Us rendirent deux décrets : par l'un, ils menaçaient le Pape de suspension si, dans un délai de soixante jours, il ne donnait point son adhésion sans conditions au Concile; par l'autre, ils supprimaient la plupart dcd collations de bénéfices faites par te Pape depuis un temps assez long.
Le roi Charles VII , qui venait de compléter sa représentation auprès du concile par l'envoi des archevêques de Bourges et de Tours, des évêques d'Orléans et dé Senlis et de l'abbé de Saint-Nicolas d'Angers', intervint alors personnellement : le 2S août, il adressa au Concile la lettre suivante, datée de Loches.
AU TRiS SAINT STNODE DK BALE , LÉOtTlUBMBNT ASSEMBLA SOUS L'iNSPlhATION DU SAINT-ESPRIT, CHARLES, PAR LA ORACK D8 DIEU, ROI DE FRANCE, ET DE L'ELISE LE DÉVOT FILS.
Pères oribodoxes, c'est la charité de Jésus-Chriat, c'est t'amour filial que nous portons à notre Saint Père le Pape, c'est le jusie honneur que nous lui devons , c'est notre zèle fervent et celui même de voire sainte congrégation pour la paix, qui nous engagent à vous écrire sur ce sujet.
i. Voir mmt, Hiiloire de* ConeOti, t. XI, p. 333-351'.
!. Le 10 loat 1433, Eugène IV ^criviit à H«nri VI pour le rentercier do l'appui que ses inilusudeurs au concile lui aviienl prtU. Amplùtima eolUetio, I. VIH. col. 6i9.
3. Ces ambassadeurs liaient arrivés à BUe en mai tl33. Ils liaient pleins pouïoirs pour Irsiler les quesUons relîfieases, mais non pour s'occuper de la pak du roïaume. J. de Segovie, «p. MonumenU. t. Il, p. 656.
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H3St lA DIPLOMATIE DE CHARLES VII DE 1431 A 1435. 477'
Nous avons appris. Pères très aimés, Pontires 1res dignes de nos respects, que, dans votre deroiëre session, vous avez promulgué un décret contre notre bienbeureux Père le Souverain Pontife de l'Église universelle; et, pour vous dire la vérité, nous en avons été très effrayé, craignant, non sans raison, les scandales qui en résulteraient, le trouble des consciences et la division des royaumes, attendu que les rois et princes chrétiens, si intéressés en une telle affaire, sont en très petit nombre représentés dans cette assemblée, et que ceux qui y biègent sont loin d'avoir adbéré unanimement à ce décret. Pour notre part, nous devons de toutes nos forces prévenir de tels malheurs, et tous nos vœux tendent à ce que la sainte Église catholique en soit préservée. Réfléchissez mûrement. Pères pleins de zèle, et envisagez les conséquences. Nous vous supplions, par les entrailles de la mi^ricorde et de la charité de Jésus-Christ, de ne point tant molester notre Saint Père le Pape, de peur qu'un schisme pestUeatiel et digne d'borreur ne soit engendré. Hélas nous frémissons encore au souvenir de la cni^le division qui a régné si longtemps, et qui n'a été récemment apaisée qu'au prix de tant de peines et de de tant de veilles. Que Dieu et son Christ, époux de l'Église catholique, nous préservent du retour d'un tel Qéaut
Le Roi offrait de s'employer pour la paix; il annonçait l'envoi d'un ambassadeur {Simon Charles), et promettait d'envoyer vers le Pape pour le supplier de céder aux vœux du Concile et aux siens '.
L'empereur , les électeurs de l'empire , la reiae de Sicile , le roi d'Angleterre, le doge de Venise, les ducs de Bourgogne et de Savoie, agirent de leur cùté auprès du Concile pour empêcher la déposition du pape '. Eugène VI , eu écrivant au doge Foscari, pouvait à juste litre constater que tous les rois et princes chrétiens étaient de son parti*. Ceux-là même qui avaient favo-
i. AmpUtima edUclio, L Mil, fol. S33, et (très rauUvemenl) Leilret dtê Aoit. etc., L 11, p. tâS. —Celle lettre arrivi à BUe vers le IB noTembre. (^Iles Cirtier, dojeade Cambni, dans mm Liber de Legationibut . la caradfrise en ces termes dëda^eux: • Cuj ne fecnoditas deerat neque facundia. y Monummta, I. I, p. iSO,
3. AmplUtima collectlo, t. VIIÎ, col. 6S7, 6!8, Bîd, 636, 638', 641.
3. RartiaidK ann, 143a, g 16. — On a la trace d'uae lettre «crile par Charles VII au Pape, e( dans laquelle il prenait rengagement de défendre le Souverain Pontife et la roligiin) « coBire les entreprises des pervers qui abusent du ConcUe de BUe pour les allaquer. > Inventaire des Archives du Vatican, aux Archives aaUouiles, L 378.
riaé la tenue du Concile , à cause des heureux -résultats qu'ils eu attendaient, étaieot unaoîmes à bl&mer les violeoces des Pères et à leur conseiller la modératioo. Sigismond était encore à Rome quand avait été donnée ta bulle du ^" août ; il avait expressément déclaré que le Pape , eo agissant ainsi , faisait plus qu'il ne devait : ■ Si les Pères de B&le , avait-il dît , « n'acceptent pas cette buUo , je ferai merveille contre eux '. » En arrivant à Bâie (Il octobre), l'empereur fit tous ses efTorts pour détourner le concile du scliisme. Le 7 novembre, dans la quatorzième session, un nouveau délai de quatre-vingt-dix jours fut , sur la demande de Sigismond , accordé au Pape pour accepter les conditions formulées par le Concile.
Eugène IV n'attendit, pour prendre une décision, ni le délai que daignait lui accorder le Concile, ni la démarche qui fiit faite collectivement auprès de lui, au nom de l'empereur, du roi Charles VII et du duc de Boulogne ' : par une bulle en date du 15 décembre, qui reproduisait en grande partie les termes de la bulle du 1" août, it donna son approbation au Concile, supprimant les procédures faites contre les Pères et leurs partisans, et révoquant les bulles de dissolution. Dans une lettre à Sigismond en date du 12 janvier 1434 , le Pape déclara « qu'il avait préféré faire des concessions sur son droit, pour le bien des fidèles, que- maintenir intactes la dignité et l'autorité de sa personne et de son siège*. » Il écrivit dans le même sens aux princes-électeurs, à Charles VII el au roi de Pologne*.
De son cdté , le Concile, revenant à de meilleures dispositions et tenant compte au Pape de ses concessions, annula tout ce qu'il avait fait contre Eugène IV, et admit ses légats à la présidence". Le 24 avril 1434, les légats el les nonces furent introduits dans le synode. Deux jours après, fut célébrée, sous
1. 0 Quod si reoisarenl, mirabilia adiersus iUos poUicilus est se esse lïcluruin. • RajiuMC auD. Ii33, g 19.
!. Celle ambassade n'arriva i Floreace que dans le uiuraDl de janvier 143i. Voir la lettre du Pape au duc de Savoie dans GukJwnen, t. H, et FI. Blondd, Hiilor. Homa- «orum dtead. Ira, Kb. V (Éd. de Bile , IS3I , p. 477).