Ruiner, t IV, pui. iv, p
3. Voir les nomiffeai saur-cooduils donnés par le gonremenieDl anglais à des enrayés du roi d'Ecosse, du mois de janvier au mois de novembre 113t,DD 2 m 11 mars, des ambassadeurs écossais séjournèrent i Londres. Rjmer, t. IV, part, iv, p. 172-17i.
l. Life anâ dealh of Jamtt Ihe fini, p. H; Sattûhronieon, ap. Heanie, t. IV, p. 1308elsuiv. ; Liber Ptiacardiaim, p. 378-79; Tytler, l. ni,p. 281-83; BunieB, l. c. p. 108.
5. Voir au Brilish Uusenin les documents réunis dans le Ms. VttpiuUai, P VU , f. 47 i 58 (A Mlaiogut of the mamacripti in Ihe Colonian library, 1812, In fol-, p. 496}. a Rjnw, t. IV, part. iv,p. i79 et suiv.
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ment à cet égard. Il proBta de l'occasioD pour calmer les craintes que le Roi avait pu concevoir relativement k ses négociations avec l'Angleterre : on avait , en effet , cru un moment en France à la conclusion d'un traité de mariage et de paix entre l'Ecosse et l' Angleterre , au préjudice du traité de 1428. Jacques!", dans sa réponse, déclarait que son intention n'avait jamais été de faire un semblable traité , et qu'il était toujours disposé à maintenir loyalement son alliance avec la France; il avait bien été en pourparlers avec les Anglais relativement à là paix, mais sans que cela pût porter atteinte aux conventions faites; 11 ajoutait même que; si des difficultés Qnancières ne le paralysaient, il serait disposé à donner aux Anglais assez à faire cbez eux pour que cela favorisât le relèvement du Roi et du royaume; en donnant au Roi l'assurance qu'il était toujours prêt à remplir ses engagements, Jacques le sollicitait d'en faire autant de son côté , et de lui faire certifier, à bref délai, « à quelle fin et exécution il tendait, » car la longue attente où on l'avait laissé était également préjudiciable au Roi et à lui , et le préjudice était plus grand que le Roi ne pensait.
La lettre où Jacques faisait au {Roi cet exposé porte la date duB janvier 1434'. Elle ne fut remise à destination qu'au mois d'août suivant *. Charles VU n'hésita pas à accéder à la demande du roi d'Ecosse : après avoir pris l'avis de son Conseil , il décida qu'une ambassade partirait aussitôt pour la cour d'Edimbourg. Les personnages désignés pour remplir cette mission furent Regnault Girard, chevalier, seigneur de Bazoges, conseiller et maître d'hôtel du Roi *, et un écuyer écossais, Hue Kennedy, que Charles VII avait nommé écuyer de son écurie.
Regnault Girard fit tout au monde pour être déchaîné de son
1. EOe se trouve en Ule d'une relaliou de rambasude pour te mariage d'ÉMsse, qne Doiis aïoiis tTODTée dans le ms. fr. 17330, a* 9, et qui, à en juger par l'ëcrilure, a été copiée au xti' siècle. Le début de la lettre de Jacques I" manque dans ce manuscrit.
2. Et non en octobre, connue le dit la Relation : car, d'one part, les instnicUons du Roi, dont il sera question plus loin, portent la date du 1 octobre, et d'autre part, les letlns dn Roi relatives à la Tounilture éveuluelle de navires pour le passage de la Dauphioe sont du 13 septembre. 11 est donc évident que ta lettre du roi d'Ecosse dut arriver iims te courant du mois d'aoOt.
3. D était maître dliétel dès le mois de juillet 1433. Arcbives, KK^O, f. 90.
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494 III3T0IBE DE CHARLES Vî(. 1434
ambassade. La saison était contraire, fît-il observer; le Rot se trouvait à la Fois en guerre avec le roi d'Angleterre et avec le duc de Bourg(^ae, et n'avait à attendre du duc de Bretagne ni faveur ni secours : cela rendait l'ambassade « bien dangereuse et périlleuse. » 11 olTrit, " pour escbever (éviter) le danger de la mer, •> de donner quatre cents écua à celui qui le remplacerait, et supplia, le Roi de le tenir pour excusé. Charles ne se rendit point auï instances de son cunseiller : il .enjoignit expressément à Regnaiil t Girard de partir. Celui-ci se soumit , voulant obéir au Roi comme à son maître et souverain seigneur. Le comte de Vendôme, grand maître d'hôtel, et Jean Chastenier, général des finances, se rendirent aussitôt à La Rochelle, pour s'occuper de l'embarquement de l'ambassade et assurer son prompt départ '.
Les ambassadeurs étaient porteurs de lettres missives du Roi pour le roi et pour la reine d'Ecosse , et aussi pour la Dauphine, en même temps que d'instructions détaillées. Ces instructions, signées de la main de Charles VU, sont du 4 octobre 1434.
Les ambassadeurs , après les préliminaires accoutumés sur la santé de la famille royale d'Ecosse et sur le « bon état et, prospérité » du Roi, de la Reine et de leurs enfants, avaient charge de faire connaître au roi d'Ecosse la situation du royaume, et d'excuser le Roi de ne lui avoir point envoyé son ambassade dans le délai fixé, pour prendre >< appointement final » sur la venue de la Dauphine. Il en avait été empêché par les « très grandes et comme insupportables charges » qu'il avait eues continuellement, par les « très grandes et somptueuses dépenses » qu'avaient occasionné les nombreuses armées qu'il avait eu à former pour résister à la fois aux Anglais et au duc de Bourgogne leur allié — lesquels, d'ailleurs, avaient plus perdu que gagné , le Roi ayant recouvré plusieurs places ,
1. Tous ces détails sont emprunts i li RetaUOD àlfe. On a des leltivs du 36 novembre 1431, reblires i la mission du comte de Veaddme et Jean Ctiaslenieri elles sont tirées des Archives de la Roclielle : grâce à line obligeante communication de M"* Va)l«t de Viriville, novs les aroDS trouvées dans les j)apiers de M. Vallet de ViriTiDe.d'aprM nne copie envo}ée par t'archivisle, M. Jourdain.
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telles que Chartres, Provins et Moret, — et eaSo par les '< grandes occupations , mises et dépenses » que le Roi avait eues à ce sujet. Un autre obstacle avait été apporté par le manque de personnes ayant l'habitude de la mer ou consentant à s'exposer aux dangers d'un pareil voyage, ce qui empêchait le Roi d'envoyer une ambassade plus nombreuse et plus solennelle. Les ambassadeurs devaient donc prier le roi d'Ecosse, en raison de ces considératioas, eu égard aussi au jeune &ge du Dauphin et de la Dauphine, de ne point s'offenser
' du délai mis à l'envoi de l'ambassade, et de n'avoir a aucune imagination » que ce retard pût être occasionné par
, d'autres motifs, car le Roi n'avait jamais varié dans ses intentions relativement au mariage , et il était persuadé qu'il eu était de môme de la part du roi d'Ecosse.
- Pour mieux faire apparaître les dispositions du Roi, de la Reine et du Dauphin, et leur vif désir d'arriver à la consommation du mariage aussitôt que les parties aitraient l'âge voulu, les ambassadeurs devaient dire au roi d'Ecosse que le Roi les avait chaînés de le prier d'envoyer la Dauphine, soit présentement si cela était possible, soit du moins en la saison prochaine, au port de La Rochelle, où le Roi la ferait honorablement recevoir, ainsi qu'il appartenait à son état.
Si le roi d'Ecosse alléguait que le Roi eût dû envoyer des seigneurs de son sang, avec des navires et une armée, pour ramener la Dauphine et loi faire une escorte digne d'elle, les ambassadeurs avaient chaîne de répondre que, d'une part, les grandes affaires du Roi et le besoin qu'il avait d'avoir continuellement les princes du sang autour de sa personne pour le fait de la guerre et pour d'autres motifs ; d'autre part, la pénurie de navires de guerre qu'on ne pourrait trouver qu'en Espagne
— et qu'on ne pouvait aller chercher sans que les Anglais en eussent connaissance et sans exposer par là même la Dauphine et sa suite à de graves dangers — avaient déterminé le Roi à faire présenter sa requête au roi d'Ecosse par la présente ambassade , en la chargeant d'aviser avec lui aux moyens les plus sûrs d'assurer l'heureuse traversée de la princesse.
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496 HISTOIRE DE CHARLES Vil. 1434
Dans le cas où le roi d'Ëcossc De voudrait pas se chaîner de tous les frais de voyage, les ambassadeursdevaieut lui demander de fournir au moins l'escorte assurant la sécurité de la Dauphine pendant la traversée ; le Boi, de son côté, fournirait une flotte pouvant porter au besoiu jusqu'à deux mille combattants.
Si le roi d'Ecosse parlait aux ambassadeurs de l'armée de six mille hommes qu'aux termes du traité de 1428 il devait envoyer avec la Dauphine pour servir le Roi moyennant que celui-ci fournît la flotte nécessaire au transport, les ambassadeurs devaient répondre que le Roi n'était pas en mesure de se procurer cette flotte sans le concours du roi d'Espagne , ce qui entralaeralt de longs délais et de très grands frais ; que les pays et les sujets du R,oi avaient de lourdes charges à supporter pour soutenir plusieurs armées indispensables pour le fait de sa guerre , et qu'il lui serait impossible de pourvoir aux besoins de l'armée d'Ecosse ; que c'était par ce motif que le Roi, ainsi qu'il l'avait écrit au roi d'Ecosse, avait toujours àiSéré, tant pour soulager ses peuples que pour ne pas être trop à charge à son allié , de solliciter l'envoi de cette armée , d'autant que, grâce à Dieu, il avait pu tenir tête à ses eimemis ' ; que , d'ailleurs , il comptait que , s'il en avait besoin, le roi d'Ecosse ne l'abandonaerait pas , et lui donnerait, non seulement une armée de six mille hommes , mais un secours plus considérable ; et que, de son côté, le Roi ne manquerait jamais, s'il en était besoin, de venir en aide au roi d'Ecosse avec toute sa puissance, comme il le devait à son « bon frère et allié. »
i. Le véribbla motif était que, par te traité de UÎ8, on avait, dans un jour de détresse, pour obtenir ce secours, stipulé l'abaDdon du comté de Sainlenge au roi d'Ecosse, et qu'on ae voulait pas se mettre dans le cas d'avoir k remplir une obligalioQ aussi oDéreuw. C'est ce qui résulte d'im acte, d'une date postérieure, qui suit la Relation de Repauli Girard , et où on fit ; < Si au temps advenir , ie Ruj d'Escosse ou ses successeui's demandoieot ledit conté de Sainlonge, l'on leur peult respondre raisounablemeot que quant le Roy envoyera quérir lesdiz sii mil cixnbattans promis de la partie dudit Roy d'Escosse, que lors le Roy tiendra les appointemens fais par son chancelier; et s'ils vouloienl dire que pour la venue de ma dicte dame la Daulpljine ils avoient baillé ksiiz six mil combattaos , ou partie d'iceuli , pour la conduire et amener , et que par ainsi dévoient avoir ledit conlé , l'on leur peut répliquer que pour la venue de ma dide dame la Dinlphlne ledit Roy d'Escossc llst nouveau traiclé et appoinlement avec messire RegoauU Girard et ses compagnons..., etc. »
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Les ambassadeurs avaient enSn mission de dire âu roi d'Ecosse que, s'il entrait "dans ses intentions, conformément aux traités, de faire la guerre aux Anglais, soit sur leurs. frontières, aoit autre part, ce serait pour le Roi un grand allégement, et qu'il lui en saurait grand gré, car cette diversion servirait utilement sacause'.
Aux deux ambassadeurs désignés dans les instructions, on en adjoignit un troisième : c'était Aymeri Martineau , licenciéen-lois, maître des requêtes de l'hôtel du Roi. Un marché fut fait avec un écuyer habitant La Rochelle, Jacques Puver, pour le transport des ambassadeurs en Ecosse et la fourniture éventuelle de la flotte qui devait ramener la Dauphine. Il fut convenu que Jacques Puver accompagnerait les ambassadeurs, et que si le roi d'Ecosse exigeait que les frais du passage fussent supportés par le Roi , il viendrait aussitôt en faire part à celui-ci, et prendre toutes les mesures hécessaires pour retourner avec les navires au port indiqué ».
En envoyant à La Rochelle le comte de Vendôme ' et Jean Chastenier, Charles VU les avait chairs de donner à ses ambassadeurs l'ordre formel de mettre à la voile le <4 novembre. Cet ordre fut ponctuellement exécuté. C'est avec une certaine solennité que s'effectua le départ de l'ambassade qui allait chercher au-delà des mers la future compagne de l'héritier du trône. Le comte de Vendôme et Chastenier accompagnèrent les trois ambassadeurs jusqu'à une lieue de La Rochelle , au point où ils devaient s'embarquer ; tous les « gens d'état » de la ville firent de même, a Et atant, raconte Regnault Girard dans la Relation que nous avons sous les yeux, priasmes à mon dit seigneur de Vendosme qu'il luj pleust nous recommander à la bonne grâce du Roy ; et illec prismes nostre congé pour aller à nostre navire. Et ne fut pas sans deuil et sans